LES SYSTÈMES PRÉCURSEURS DU NÉO-PLATONISME
l'empire de ces tendances, il était naturel que la philosophie se prit d'engoûment pour les doctrines religieuses, et pour les systèmes du passé qui présentaient avec la religion des affinités étroites.
Les circonstances extérieures favorisent singulièrement cette évolution caractéristique de la philosophie grecque. D'une part, le centre philosophique de cette période est Alexandrie, où se donnent rendez-vous les peuples de trois parties du monde, et où la philosophie grecque subit naturellement l'influence des doctrines orientales. D'autre part, au 11e s. ap. J.-C, la décadence de l'empire romain marche d'un pas rapide. Le peuple comme les Césars demandent à des religions exotiques, principalement à des religions orientales, une force morale que le Panthéon dépeuplé ne leur fournit plus; et l'introduction de ces religions dans la vie publique des Romains exerce une influence indirecte sur la philosophie.
79. Division. — Le caractère que nous venons de signaler se révèle dominateur dans le néo-platonisme, la forme la plus intéressante et la plus importante de la philosophie pendant cette période. Le néo-platonisme remplit les trois derniers siècles de la philosophie grecque. Il a su formuler une synthèse puissante, remarquable par l'unité et la convergence de ses théories. C'est son principal signe distinctif d'avec les systèmes similaires qui ont précédé son avènement.
Ces systèmes précurseurs, moins bien coordonnés, apparaissent à la fin du Ier s. av. J.-C. Ils ont déteint sur le néo-platonisme et l'esprit nouveau vit en eux : à ce titre il est préférable de les rattacher à la quatrième période de cette histoire, bien que, par leur chronologie, ils soient contemporains des systèmes éclectiques et sceptiques étudiés plus haut.
De là on peut distinguer dans la quatrième période de la philosophie grecque : i° Les systèmes précurseurs du néo-platonisme (§ 2) ; 20 le néo-platonisme (§ 3).
§ 2. — Les systhnes précurseurs du nio-piatonisme. (de la fin du Ier s. av. J.-C. jusqu'au 111e s. ap. J.-C.)