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LE GNOSTICISME

La première période comprend les luttes des trois premiers •siècles, depuis la fondation de l'Eglise jusqu'au concile de Nicée (325) : c'est l'époque de la fixation des dogmes fondamentaux.

La deuxième période embrasse les luttes du IVe au vn° siècle, depuis le concile de Nicée jusqu'au concile in Trullo (692) : <;'est l'époque du développement de la dogmatique chrétienne.

§ 2. — La philosophie patristique pendant les trois premiers siècles.

95. Le Gnosticisme. — Le gnosticisme, qui est la principale hérésie des premiers siècles x), a de nombreuses attaches avec la philosophie grecque décadente et, comme celle-ci, présente un alliage syncrétique des théories existantes. L'origine <lu mal, et du monde où le mal se manifeste, est le problème fondamental de tous les systèmes gnostiques. Pour le résoudre, ils recourent à une science plus haute que la foi révélée, à une connaissance religieuse spécifique, qu'ils appellent la yvâo-iç. Le dualisme essentiel de Dieu, principe de l'être et du bien, et de la matière, principe du mal (Philon) ; l'évolution de l'être divin, produisant par émanation (TrpoSoixi) une série d'Eons de moins en moins parfaits (Plotin) ; l'alliage de l'élément divin et de l'élément matériel donnant naissance au monde : telles sont les idées fondamentales de la métaphysique et de la cosmologie gnostiques. La création, la rédemption chrétienne ne sont dès lors que des phénomènes naturels et nécessaires, des épisodes de la lutte de l'élément divin contre la matière dont il tend à s'affranchir. La rédemption s'achèvera par le retour cosmique de toutes les choses dans leur place propre, aTroxaraoraffi; 7ravr&>v. Pour adapter ces doctrines au texte des Ecritures, les gnostiques interprètent celles-ci dans un sens allégorique (Philon), jusqu'à ce que la lettre se plie de force à leurs conceptions 3).

') Il y avait encore d'autres hérétiques : les manichéens, les ébionites, les elcésaïtes, les monarchiens, les millénaristes, les montanistes. — ') On retrouve les mêmes principes philosophiques à la base du manichéisme, bien que leurs

Le gnosticisme revêtit des formes nombreuses. Au IIIe siècle, il fut vigoureusement combattu par l'école chrétienne d'Alexandrie.

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