‹ Histoire de la philosophie mediévaleChapitre 47 sur 241 · Morale. — Tout être est bon dans la mesure où il est · texte numérisé non relu

Morale. — Tout être est bon dans la mesure où il est

hic in alio corpore, vel alibi... aliquando vixisse : et ea quae interrogata respondet, cum hic non didicerit, in alia vita ante didicisse. (L. XII de Trinit., c. 15). Fieri enim potest, sicut jam in hoc opère supra diximus (c. 4), ut hoc ideo possit, quia natura intelligibilis est, et connectitur non solum intelligibilibus, verum etiam immutabilibus rébus, eo ordine facta, ut cum se ad eas res movet quibus connexa est, vel ad seipsam, inquantum eas videt, intantum de his vera respondeat. » Retract., I, 8. — ') Cf. Oit, Des ht. Augustinus Lehre iiber die Sinneserkenntniss (Philos. Jahrb., 1900, p. 50). — ') « Dès qu'il se met à écrire, saint Augustin enseigne la doctrine de l'innéité ; et il s'y est toujours tenu. » J. Martin, 5. Augustin, p. 51.

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(Platon). Dieu, ou la Bonté suprême, est la fin dernière de l'homme, et l'union de l'âme avec Dieu sera pour elle le suprême bonheur (eudémonisme). La justice de Dieu et les rapports nécessaires des essences sont la base de la distinction absolue du bien et du mal. Les polémiques qu'il engagea contre le manichéisme, le pélagianisme et le semipélagianisme, amenèrent S. Augustin à étudier les problèmes du mal, de la liberté, de la grâce, de la prédestination. Le mal ne se partage pas avec le bien l'empyrée métaphysique (manichéisme), il est une privation du bien, et par conséquent n'affecte que les choses contingentes, douées d'un certain degré de bonté. Quant à la conciliation de la liberté humaine et du gouvernement divin par la grâce et la prédestination, les textes augustiniens qui se rapportent à cette matière ont soulevé des controverses séculaires, d'ordre principalement théologique, et les systèmes les plus divers se sont autorisés du docteur d'Hippone.

S. Augustin exerça une influence prépondérante sur les destinées de la théologie (spéculative et mystique) et de la philosophie scolastique *).

104. Nemesius. — Evêque d'Emèse en Phénicie, Nemesius écrivit à la fin du IVe ou au début du Ve siècle, un traité de vulgarisation mol çuceco; àvQptùitov, utilisé au moyen âge, et qu'on peut considérer comme le premier manuel complet et systématique d'anthropologie. L'auteur tente d'adapter au dogme les théories psychologiques de l'antiquité. Eclectique comme tous les philosophes de son temps, Nemesius emprunte aux néoplatoniciens leurs doctrines sur la nature de l'âme et son union

') Parmi les autres écrivains du iv° siècle, moins directement mêlés à la polémique, mentionnons S. Jérôme (f 420), auteur de la Vuigate, du liber de viris iliustribus, d'une traduction de la chronique d'Eusèbe. Ses lettres firent les délices des clercs du moyen âge, et son histoire littéraire resta pendant de longs siècles le modèle des annalistes et chroniqueurs. Rufin (vers 346-410) qui fut d'abord l'ami de S. Jérôme, plus tard s'aliéna son amitié à cause de ses opinions origénistes, traduisit un grand nombre d'oeuvres grecques en latin,

notamment l'histoire ecclésiastique d'Eusèbe, des homélies, et le t.vÀ àrs/àv

d'Origène. Il écrivit aussi des traités originaux en latin.

avec le corps, à Galien ses nouvelles données physiologiques, aux stoïciens leur système des passions, aux épicuriens leur théorie du plaisir, enfin à Aristote sa conception de la volonté. De ce syncrétisme résultent des obscurités et des contradictions. Bien que Nemesius n'ose pas afficher ouvertement ses sympathies pour le Stagirite, — comme s'il craignait de blesser les opinions de ses contemporains qui réprouvaient le naturalisme expérimental d' Aristote pour s'en tenir au spiritualisme de Platon — , cet hommage rendu au péripatétisme est significatif, et annonce un prochain revirement d'idées *).

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