‹ Histoire de la philosophie mediévaleChapitre 49 sur 241 · PSEUDO-DENYS L'ARÉOPAGITE. IOÇ · texte numérisé non relu

PSEUDO-DENYS L'ARÉOPAGITE. IOÇ

tures. Il est bonté, beauté, force, unité (traité des noms divins). Mais à raison de sa transcendance (traité de la théologie mystique), il est à un certain point ineffable, obscur, non-être (Plotin).

b) Dieu principe des choses. Dieu est avant tout bçmté et amour. Les autres êtres sont des effusions de sa bonté (procèssiones divinœ), comme la lumière est une effusion du soleil (Platon, Plotin) ; ils sont l'objet de sa providence. Entre Thomme et Dieu, se place une hiérarchie d'esprits célestes (traité de la hiérarchie céleste) dont la hiérarchie ecclésiastique est le décalque (traité de la hiérarchie ecclésiastique).

c) Dieu fin des choses. Toutes choses tendent vers Dieu. Le bien, après être descendu dans la créature, remonte à son point de départ. La déification, qui réalise ce retour, s'étend aux êtres inorganiques et organiques. En ce qui concerne l'homme, ce retour vers Dieu se réalise par le ravissement de la connaissance et le délire de l'amour, sous leurs formes variées.

De nombreux parallèles ont montré x) que le pseudo-Denys s'est principalement inspiré de Proclus, non seulement dans une foule de doctrines particulières, mais encore dans sa terminologie et ses formules. De même, sa mystique reproduit la symbolique, les allégories, les états et les voies mystiques des alexandrins, leur théorie de la prière, et du caractère divin de l'extase « où le semblable est connu par le semblable » . Malgré ces emprunts, la philosophie du pseudo-Denys est théiste et non panthéiste, car elle affirme la distinction substantielle de Dieu et de la créature ; sa mystique est chrétienne, car elle est basée sur la grâce. Il n'en est pas moins vrai que les termes obscurs et exaltés dont se sert l'auteur peuvent s'interpréter dans le sens du panthéisme ou de l'individualisme 3). Au moyen âge ils donnent le change, et le mysticisme hétérodoxe, aussi bien que le mysticisme orthodoxe, s'autorise de Denys (v. plus loin le mysticisme médiéval).

Par leur race, leur mode de penser et leur influence, les philosophes postérieurs au Ve s. appartiennent à l'époque médiévale.

') H. Koch, Pseudo-Dîonysius Areopagita in seinen Beziehungen zum Neo-platonismus und Mysleriehwesen (Mainz, 1900). — ') Op. cit., p, 194.

Page 1