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CHAPITRE TROISIÈME

163. Résumé. — Paris est le théâtre des joutes mouvementées du xne s., — Paris, dont les trois grandes écoles conquièrent rapidement le monopole de la science, et par leur extension constante annoncent la création du studium générale à la fin du siècle.

Dans le camp scolastique (Art. I), le réalisme outré (§ i), est

sanctum esse incarnatum ; et très deos vere posse dici si usus admitteret. Lettre de S. Anselme à Foulques. — ') Contra PiCAVET,Roscelin etc., p. 25. — *) Cfr. notre art. Les récents trav. sur Chist. de laphil. méd. (R. Néo-Scol., 1898, p. 74).

LE RÉALISME OUTRÉ AU XIIe SIÈCLE. 189

battu en brèche par un critique d'une trempe peu commune, Pierre Abélard (§ 2). En même temps, on s'essaie à des travaux d'ensemble, à l'unification des doctrines acquises. En théologie, c'est l'œuvre des « Sententiaires » et des « Summistes » (§ 3) ; en philosophie, celle de deux esprits coordonnateurs qui résument les travaux de la première période, Jean de Salisbury et Alain de Lille (§ 4). Parallèlement se développe à St- Victor le premier courant intense de mysticisme orthodoxe (§5).

L'antiscolastique (Art. II) est principalement représentée par des sectes de panthéistes, qui se rattachent en droite ligne à J. Scot Eriugène. L'épicurisme matérialiste lève aussi la tête et prend corps dans les hérésies des Cathares et des Albigeois.

ART. I. — LA SCOLASTIQUB.

§ 1 . — Le rèalistne outré (1™ moitié du XII* s.J.

164. Division. — On assiste pendant la première moitié du XIIe s. à un regain de ce réalisme outré, naïvement inconséquent, qui attribue une entité universelle à nos concepts spécifiques et génériques, sans néanmoins souscrire à l'unité panthéiste des choses. Les théories réalistes du XIIe s. peuvent se répartir en divers groupes : i° Les thèses de Guillaume de Champeaux ; 20 Les indifférentistes ; 30 Le réalisme Chartrain.

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