‹ Histoire de la philosophie mediévaleChapitre 74 sur 241 · GILBERT DE LA PORRÉE · texte numérisé non relu

GILBERT DE LA PORRÉE

ses lignes maîtresses par un écrit anonyme de la première moitié du XIIe s. : le liber de gêner ibus et speciebus. Mais dans les dernières années du XIIe s. le réalisme modéré marche à un triomphe rapide et définitif. On le devine dans les écrits de Simon de Tournai (entre 1196 et H92)à qui on a fait un injuste renom de rationalisme et d'averroïsme *), et dans un traité de intellectibus 2) qui expose avec une grande netteté la doctrine aristotélicienne de l'origine sensible des idées, du processus abstractif et de sa valeur réelle. Enfin le réalisme modéré apparaît pleinement dans les écrits de J. de Salisbury.

179. Conclusions. — Deux conclusions principales se dégagent de cette étude historique du problème des universaux :

i° Ni le nominalisme ni le conceptualisme, tels qu'on a défini ces systèmes dans la suite, n'ont existé avant le XIIIe s.

20 Tous les systèmes antiréalistes antérieurs au xme s. ne sortt que des formes plus ou moins imparfaites du réalisme mitigé, des phases que parcourt une même idée dans son évolution organique.

180. Sources et Bibliographie. — A l'édition d'ensemble des travaux d'Abélard en 161 6, les recherches de Durand, Pez, Cousin, Stôlzle ont ajouté de nouveaux ouvrages. Stôlzle a découvert et publié : Abaelards 1121 zu Soissons ver urthei lier Tractatus de uni taie et Trinitate divina, 1 891 ; la Theologia Christiana est publiée par Martène en 1717 (Thésaurus novus anecdot. V, 1139) ; VIntrod. ad theol. par Amboise en 1616 ; VEpitome et le Dialogus par Reinwald en 1835 ; Sic et non par Henke (1851), Migne ; les gloses et Dialectica dans Cousin, Ouvr. inédits d'Abêlard pour servir à Chist.de la philos, scolast. en France, 1836. Avec une introd. de Cousin. Cf. Migne, t. 178. — De Rémusat, Abélard, sa vie, sa philosophie et sa théologie, 2 vol., 1855. — Deutsch, Peter Abélard, 1883. — Portalié, Abélard (Dict. Theol. Cath., t. I). — Picavet, Abélard et Alexandre de Halès, créateurs de la tnéthode scolastique (Bibl. Ec. Hautes Études. Sciences religieuses, t. VII). Bon. — Endres, Ueber den Ursprungu. die Entwickelung der Scolast. Lehrmethode. (Phil. Jahrb. II, 1). Bon.

Migne a édité de Gilbert le de sex principiis, t. 184, le comment, sur Boèce, t. 64. — A. Berthaud, Gilbert de la Porrée et sa philosophie, 1892.

') Auteur d'un commentaire sur le symbole de S. Athanase et d'une Sumtna theologica où il cite souvent J. S. Eriugène, mais qui ne contient rien d'antiscolastique. Un des premiers, Simon connaît la Physique d'Aristote. Cf. notre Hiêt. philos, scol. P.-Bas, p. 39. — *) Le liber de generibus et speciebus et le de intellectibus ont été faussement attribués à Abélard par V. Cousin, et imprimés par

celui-ci "dans les Om*r. inédits d'Abêlard.

210 LA PHILOSOPHIE MÉDIÉVALE JUSQU'A LA FIN DU XIIe S.

§ 3. — Le mouvement théologique au X//° s.

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