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LA PHILOSOPHIE CHEZ LES PERSES ET LES SYRIENS

Perses, les Arméniens, les Syriens, les Arabes et les Juifs est plus complexe et plus mouvementée que celle des doctrines byzantines.

On sait peu de choses des doctrines philosophiques en Arménie. Nous y rencontrons cependant le nom d'un célèbre traducteur d' Aristote, David l'Arménien (vers 500 ap. J.-C), disciple d'Olympiodore (91).

En Perse, la cour hospitalière de Chosroès Nuschirwan recueillit des derniers représentants de la philosophie grecque, le Syrien Damascius, Simplicius, et une foule de néo-platoniciens bannis d'Athènes (90). La présence de ces réfugiés de la science provoqua un mouvement philosophique aux Académies de Nisibis et de Gandisapore. A la cour de Chosroës, Uranius traduisit Aristote et Platon en langue persane. Mais ce courant d'idées se perdit de bonne heure et son aboutissement à la philosophie arabe est douteux.

Les Syriens recueillirent de première main la succession de la philosophie grecque et la transmirent aux Arabes et indirectement aux Juifs. Les expéditions d'Alexandre le Grand avaient ancré en Syrie des traditions grecques si vivaces, que pendant de longs siècles la langue des vainqueurs d'antan régit les œuvres religieuses et profanes de la littérature syrienne. Au Ve s., Théodore de Mopsueste, Théodoret de Cyr, Ibas, Cumas et Probus, de la brillante école Nestorienne d'Édesse, traduisirent du grec en syriaque et commentèrent des œuvres <T Aristote. L'école fut supprimée en 489 par Zenon ; mais au VIe s., les monophysites de l'école de Resaïna et de celle de Chalcis continuèrent l'œuvre de traduction. A Resaïna, Sergius traduisit les catégories d' Aristote, l'Isagoge de Porphyre, les œuvres du pseudo-Denys, en partie celle de Galien, et composa lui-même divers traités où on relève des inspirations néo-platoniciennes. Au viie s. Jacob d'Édesse; divers Nestoriens des VIIe et VIIIe s. entreprirent d'autres traductions. En général, les philosophes syriens n'ont connu d' Aristote que YOrganon /. mais en même temps ils ont toujours accordé aux néo-plato-

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niciens, à Porphyre surtout, de larges préférences : on ne s'en étonnera pas, si l'on songe que Porphyre et Jamblique étaient Syriens d'origine. C'est dans cette circonstance aussi qu'il faut chercher la cause de l'engouement dont fut l'objet plus tard dans la philosophie arabe Ylsagoge de Porphyre, à qui de nombreuses traductions syriaco-arabes procurèrent une popularité exagérée. Les traductions gréco-syriaques, principalement celles de l'école de Resaïna sont fort défectueuses, parce qu'elles s'attachent à la translation littérale sans se préoccuper du sens interne x).

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