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Origine de la philosophie chez les Arabes

Même avant l'hégire (622) et la conquête musulmane, qui soumit les Perses et les Syriens aux Arabes, ceux-ci étaient entrés en contact avec la civilisation chrétienne « de qui ils allaient recevoir le dépôt de la science, pour le lui rendre ensuite après l'avoir fait fructifier plusieurs siècles » a). La culture des sciences d'observation et les discussions religieuses avaient provoqué un mouvement philosophique autonome ; mais la philosophie arabe ne devait prendre son essor définitif qu'au contact des idées grecques. En effet, quand en 750 les Abassides remplacèrent les Ommaïades, ils invitèrent à la cour de Bagdad les savants de la Syrie et, grâce à leur concours, imprimèrent une forte impulsion à la culture intellectuelle. Ce furent des Syriens qui initièrent les Arabes aux grandes œuvres de la philosophie grecque, en les traduisant du syriaque en arabe. Ce mouvement de traduction commença sous le Khalifat de El-Mansour (753-774)1 et fut plus vigoureusement poursuivi par El-Mamoun. Celui-ci fonda à Bagdad, vers 832, un bureau de traduction à la tète duquel on trouve Honaïn ben Isaac (le Johannitius des scolastiques t 873), contemporain de Jean Scot Eriugène à la cour Palatine, et de Photius à Byzance. Ce travail fut continué au Xe siècle par des chrétiens syriaques, au nombre desquels nous citerons Costa ben Luca. On traduisit non seulement des ouvrages de philosophie

') Pollak, Entwickl. d. arab. u. judischen Philos, im Mittelalter, p. 206. — ") Carra de Vaux, Avicenne, p. 49 (Paris, 1900).

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