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CHAPITRE III

LA PHILOSOPHIE SCOLASTIQUE

ART. I. — NOTIOXS GÉNÉRALES

.rit!" ^^'T^'^^ généraux. - Au xiii» s. la philosophie problèmes que se pose une philosophie complète, elle leur donne

des solutions spécifiques, harmonisées dans une imposante synthèse. Tous en acceptent les doctrines organiques. « Que l'accord portât sur les principes fondamentaux et nous autorise à considérer ]a scolastique comme un système, une école philosophique, personne ne l'a sérieusement contesté » ').

En même temps Vindividiialiié des philosophes est frappante. Comme tous les grands siècles de la pensée humaine, le XIIF s. est rempli de personnalités. Multiples et significatives sont les formes de la systématisation scolastique, chacun des grands scolastiques concrétisant la synthèse abstraite suivant son propre génie (p. 115). Ajoutons que le xili" s. est aussi l'âge d'or de la théologie

spéculative.

La scolastique aborde avec une préférence marquée les questions psychologiques et fuétaphysiques et le point de vue métaphysique domine tous les autres. Ici même un élargissement progressif se constate. Les générations contemporaines de Guillaume d'Auvergne (2nie et y décades du xiip s.) s'appliquent surtout aux problèmes de la connaissance, de l'origine et de la durée du monde, de la nature des substances immatérielles et de l'âme humaine '). Avec Albert le Grand apparaissent toutes les doctrines de psychologie; et l'étude adéquate des grands problèmes de métaphysique (comme l'essence et l'existence, le principe d'individuation, la matière et la forme, la cause) entraîne le traitement de toute la philosophie. 242. Division. — Malgré la variété des systèmes qui remplissent la scolastique du XIIP s., on peut les rattacher à divers groupes dont la succession est à la fois historique et logique.

1° Uanciemie scolastique du XIII^ siècle ou les systèmes prithomistes (Art. III). Tout en s'ouvrant aux idées organiques du péripatétisme déposées dans les traductions d'Aristote, les premiers

scolastiques du xiiP s. maintiennent bon nombre de doctrines

léguées par la période précédente, alors même que plusieurs

' d'entre elles sont incompatibles avec le péripatétisme. Les prin-

•) Ehrle, dans Stimmen nus Maria-Laach, 1880, p. 28. - ') Cf. Baumgartner, Die Erkenntnislehre d. Willelm v. Auvergne, p. 10.

cipales sont de provenance augustinienne (p. 141). — De plus, pendant les premiers decenniums du xiii« s. on ne réussit pas à saisir le vrai sens de toutes les théories aristotéliciennes, ni surtout à discerner la valeur propre à chacune d'elles dans le réseau d'influences qui relient les parties d'une synthèse ; — sans compter que les scolastiques accueillent aussi des éléments néo-platoniciens et arabes que les commentateurs d'Espagne présentaient comme l'authentique doctrine d'Aristote : voilà un ensemble de causes qui introduisent dans les premiers systèmes scolastiques des incohérences doctrinales et diminuent leur unité. Cette moindre convergence distingue les premières systématisations du xiiF s. des systématisations ultérieures, à base plus franchement péripatéticienne, et qui, à raison de l'harmonie plus parfaite de toutes les parties, représentent les formes les plus pures du génie scolastique.

Parmi ces éléments qui détonnent sur le fonds péripatéticien des premiers systèmes scolastiques on peut citer : la prééminence de la notion du bien sur celle du vrai, et la primauté analogue de la volonté sur l'intelligence dans Dieu et dans l'homme ; la nécessité d'une action illuminatrice et immédiate de Dieu dans l'accomplissement de certains actes intellectuels ; l'actualité infime mais positive de la matière première, indépendamment de toute information substantielle ; la présence dans la matière des principes ou « raisons séminales » des choses ; la composition hylémorphique des substances spirituelles ; la multiplicité des formes dans les êtres de la nature, principalement dans l'homme ; l'individualité de l'âme indépendamment de son union avec le corps ; l'identité de l'âme et de ses facultés et la production active de ses phénomènes représentatifs ; l'impossibilité de la création du monde ab aetemo.

On a appelé aiigtistinisme l'ensemble de ces doctrines, et fraction aiigtistijxienne de la scolastique (par opposition ?ifractio?î péripatéticienne) le groupe de philosophes qui les admettent. Toutefois cette façon de dire appelle des réserves.

D'abord on ne peut opposer la fraction augustinienne et la fraction péripatéticienne, comme si l'une et l'autre n'accueillaient que

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