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DANTE

en sciences historiques, naturelles et doctrinales (speculmn historiale, naturale, doctrinale), et dans son spéculum naturale, c'est aux doctrines al bertino- thomistes qu'il se reporte de préférence. Quant à Dante, le poète philosophe, ses vers immortels ont revêtu d'un symbolisme captivant les plus abstruses spéculations d'Albert le Grand et de S. Thomas. Conduit par Béatrice, qui incarne la sagesse suprême ou la théologie, Dante entre dans le séjour de la félicité et aborde, chemin faisant, les grands problèmes posés par la philosophie de son siècle. En effet, au cours du long pèlerinage qui suivit son bannissement de Florence '), Dante eut l'occasion de fréquenter à Paris les leçons des grands scolastiques. Ce n'est pas seulement la Divine Comédiey mais aussi et surtout le de Monarchia qui est imprégné de thomisme. Renchérissant sur la politique thomiste, à qui il emprunte ses prémisses, Dante construit un état idéal, la monarchie universelle "").

§ 3. — Les éclectiques

331. Résumé. — A côté des adversaires quand même et des partisans de toutes pièces, une place à part revient à un oroupe intermédiaire, qui remplit assez exactement les decenniums distançant la mort de S. Thomas des débuts académiques de Duns Scot. Ce groupe comprend des personnalités éclectiques, continuateurs du passé en certains points, thomistes en d'autres, professant sur mainte doctrine des solutions originales. Contemporains ou collègues de la même faculté, ces hommes se ren-

') Né à Florence en 1265, Dame était du parti des Guelfes blancs, et quand, en 1301, Charles d'Anjou entra en maître dans sa Jville natale, il fut exilé à cause de ses opinions politiques. Dès ce moment il courut le monde, et mourut à Ravenne en Ï321. Après son exil il pencha vers le parti Gibelin, sans s'inféoder au parti impérial. — ') Nous signalons ici, ne sachant à quel groupe il convient de le rattacher, Jacques de Douai, auteur peu connu du xiij« s., dont Hauréau signale un commentaire « de anima ». Hist. Littér. France^ t. XXI, p. 157. D'après les extraits que communique Hauréau, J. de Douai est réaliste modéré ; mais les analyses de Hauréau sont insuffisantes et ne se rapportent qu'au problème des universaux. Cf. notre Hist. Philos, scolast. ds Pays-Bas, etc., p. 28ï.

LA PHILOSOPHIE MEDIEVALE AU XIIF SIECLE.

contrent dans les mêmes joutes, et se visent réciproquement dans leurs controverses. Les principaux sont Godefroid de Fontaines, Gilles de Rome, Jacques de Viterbe et Henri de Gand. Le plus voisin du thomisme est Godefroid de Fontaines, le pki^ apparenté à Duns Scot est Henri de Gand.

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