I. — GODEFROID DE FONTAINES
332. Vie et œuvres. — Godefroid de Fontaines, né au pays de Liège à Fontaines-lez-Hozémont, apparaît comme magister theologiae de Paris en 1286, et il fut actu regens pendant 13 ans ; il l'était encore en 1292. Chanoine de Liège, de Paris, de Cologne, on le choisit en 1300 comme évèque de Tournai, mais il renonça à ses droits, l'élection ayant été contestée. Godefroid était membre de la Sorbonne, à qui il laissa un legs précieux et considérable de manuscrits, actuellement encore conservés à la Bibliothèque nationale. Il mourut après 1303.
Les XIV Quodlibet de Godefroid sont vraisemblablement sa seule œuvre scientifique ; ils existent en de nombreux manuscrits et ont été l'objet de mainte manipulation scolaire en France, en Angleterre et en Italie. Henri le Teutonique des Ermites de S. Augustin en fît un épitomé, Hervé de Nedellec en abrégea une partie, le sorbonniste Régnier de Cologne (mort avant 1338) les prit pour base d'un compendium de théologie. Bernard d'Auvergne rédigea des reprobationes des Quodlibet. La troisième dispute quodlibétique fut prononcée en 1286, la douzième est postérieure à 1290. On possède également du maître liégeois divers sermons. Il n'est pas certain qu'il écrivit un traité contre les ordres mendiants et une série de questions qui font suite à l'exemplaire d'une Smnma contra Gentiles légué par lui à la Sorbonne.
333- Signification philosophique — Comme tous les maîtres en théologie de ce temps, Godefroid n'est pas un simple théologien. Ses quodlibets révèlent une personnalité scientifique complexe, tour à tour théologien dogmatique, moraliste, juriste, canoniste, philosophe, pamphlétiste et publiciste. Avec une indé-