ROGER MARSTON
et des formes, du sommeil et de la veille, de l'imagination, du sen^ commun, etc. Les activités supérieures, le connaître et le vouloir, la nature spirituelle de l'âme, son union avec le corps, sont longuement traitées. La logique est représentée par des dissertations sur le développement dialectique de la pensée ; la physique (au sens ancien du mot), par des études sur le temps et le mouvement et la divisibilité de la matière ; la métaphysique, par une théorie des notions transcendantales. Quelques chapitres sont relatifs à l'histoire naturelle ; d'autres, plus nombreux, s'occupent de phénomènes météorologiques et astronomiques et ramènent l'auteur à ses premiers travaux. Sur plus d'une question Henri Bâte cite Albert le Grand et discute les interprétations de textes de Thomas d'Aquin (expositor Thomas). Une étude doctrinale de cet important traité pourra seule marquer le rang que son auteur occupe dans les écoles du xiiP s.
375- Roger Marston. — Roger Marston est une des personnalités marquantes dans le groupe des franciscains anglais. Vers 1270, il étudia la théologie à Paris, et plus tard enseigna successivement à Oxford et à Cambridge. Mort après 1298, il a laissé deux Quodlibeta et. deux collections de Quaestiones^ dont une surtout intéresse la philosophie. Son idéologie se rapproche fort de celle de Roger Bacon, et quelques-unes de ses déclarations sont typiques '). Je sais bien, dit-il, que mes contradicteurs, enivrés par le nectar philosophique (philosophico nectare inebriati), ne voient dans l'illumination divine qu'une simple similitude de nos intelligences créées avec la lumière incréée, à la façon dont la copie est l'imitation de son modèle. Mais c'est là fausser la pensée de S. Augustin (pervertiint). S'il n'avait rien entendu dire de plus, ses raisonnements tomberaient à faux ^). L'intellect agent n'est pas un himen creatum distinct, bien que dérivé, de la
) D'après une Ouaestio disputata Fr. Rogeri Angtici, dans de humanae cognit. /'rt/. etc., appartenant à la série de Ouaestiones philosoph. — ') « Adversarius dicit hanc conclusionem sic intelligendam [quod omnia videmus in lumine quod est supra mentem], quia videlicet in lumine derivaia a lumine quod est supra mentem... Si non intenderet Augustinus plus quam isti dicunt, falleret et deficeret ejus argument um. » Ibid., pp. 203 et suiv.
LA PHILOSOPHIE MEDIEVALE AU X[ir SIECLE.