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IV. — philosophie théorique, physique

46. Objet de la physique. - La physique, dans le sens. lar.e que ce terme désigne che. Aristote, comporte 1 étude des êtres corporels en tant qu'ils sont sujets au mouvement. Apres avoir indiqué les principes généraux relatifs à 1'./.. corporel (physique générale), nous examinerons avec quelques détails les classes d'êtres corporels (physique spéciale), à savoir les corps célestes ; les corps terrestres ; et parmi ces derniers, 1 homme La psychologie, dans la classification d'Aristote, est une partie de la physique. -

47 Principes généraux du mouvement corporel.

-vSes espèces. La métaphysique étudie le mouvement en gênerai; la physique s'occupe du mouvement corporel et de ses espèces. Celles-ci sont au nombre de quatre : la naissance et la disparition des composés substantiels (Tévemç) et (<peopâ). le changement qualitatif (âXXoiuxTiç), le changement quantitatif de croissance et de décroissance (aûEn<T.ç et cpeimç) et enfin le mouvement local

((popà) ou le mouvement par excellence, que les trois autres

espèces de mouvement présupposent.

20 La théorie de la matière et de la forme appartient en propre

à la physique, car elle est l'interprétation péripatéticienne de

l'évolution cosmique et du devenir incessant des choses sensibles.

A rencontre de l'atomisme de Démocrite qui explique la diversité

') Cf. Boutroux, op. cit., p. U^-

40 INTRODUCTION HISTORIQUE. — PHILOSOPHIE GRECQUE. î|

Tout se meut, parce que tout tend vers Dieu. Or, la fin attire par l'amour, et l'attrait que Dieu inspire ne le touche et ne le change en rien. La causalité finale respecte l'intangibilité de Dieu, tandis que la causalité motrice, proprement dite, la compromet.

Cet irrésistible et éternel attrait exercé par l'acte immuable et parfait donne au cosmos une signification optimiste, et exclut toute évolution du bien au meilleur ').

Puissant essai de théisme, la théodicée d'Aristote présente en des questions fondamentales des lacunes que le génie scolastique saura combler. Un doute plane sur la personnalité de Dieu ; celle-ci d'ailleurs est forcément mutilée, puisque tout vouloir est jugé incompatible avec l'immobilité de l'acte pur. Dieu est avant tout un rouage nécessaire à l'explication du mouvement, mais ses rapports avec le monde sont mal définis : Dieu ignore le monde ; dès lors il n'est pas Providence. Une action motrice proprement dite est incompatible avec la nature de Dieu. D'autre part, la finalité exercée par le moteur est difficile à saisir, et entraîne Aristote à une théorie de la nature (47) peu conciliable avec certaines doctrines de sa métaphysique. Enfin l'existence même d'êtres en dehors de Dieu demeure une énigme.

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