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L'averroïsme en Italie, — A partir du -milieu du

xiv'' s. — et jusqu'au xvii^ s., — le nord de l'Italie et principalement l'Université de Padoue devinrent des foyers intenses d'averroïsme. On peut dire que l'Université de Padoue est tributaire des idées de Jean de Jandun, dont elle se reconnut d'ailleurs Tobligée reconnaissante. L'école averroïste y fut fondée par le médecin Petri d' Abano (11316), illustrée par le servite Urbain DE Bologne (t 1405), Nicoletto Vernias (vers 1500), l'ermite Paul de Venise (f 1429) et Gaétan de Thiene (Cajetanus Thienaeus). Les Summulae Logicae de Paul de Venise furent adoptées comme manuel classique à Padoue, par décret de 1496.

Mais de moins en moins on prend souci de sauver ce semblant d'accord entre la philosophie et la théologie. La Renaissance donne à l'averroïsme une signification indépendante et l'affranchit de tout rapport avee le dogme chrétien.

421. Bibliographie. — Édit. des Comment, de Jean de Jandun à Venise 1552. Sur ce philos. V. Werner, Der Averroismus in d. christ l. peripatet. Psycliol. d. spàteren Mittclalters (Wien, 1881). Les particularités de l'averroïsme

') Physique, f. 96, c. 4 ; 97, c. 2.— ') Un des docteurs les plus considérés des Carmes, Jean BACOXTHORP{Johannes Baco, mort 1346), auteur de Comment, sur les Sentences(Venise,i527)etrintimeamideThomasBradwardine,estregardécomme suspect d'averroïsme. Tout en admettant la pluralité des formes dans l'homme, l'inlormaiion du corps par l'âme intellectuelle tout entière, il croit que S. Thomas n'a pas réfuté péremptoirement la thèse averroïste de l'unité de l'intellect agent (Werner, Dcr Averroismus in d. christ, peripat. Psych., etc., p. 231), et il semble disposé à y souscrire. Sa philosophie n'est pas assez connue. Nous soupçonnons que son averroïsme a été exagéré, — par Renan notamment qui donne le nom d'averroïsme à «la scolastique épuisée», et met sur le même pied Baconthorp, et Gabriel Biel, (op. cit., p. 320).

de J. de Jandun nous ont été communiquées par M. Pelzer. — Sur l'averroïsme italien : Werner, Der Endausgang d. mittclalt. Scholastik, I, Abschnitt 3 ; Santé Ferrari, I tempi, la vita, le dottrine di Pietro d'Abano (Atti délia R. Università di Genova, vol. 14), Gênes 1900.

§ 2. — Le mysticisme hétérodoxe.

422. Caractères généraux. — Bon nombre des grandes associations mystiques qui s'étaient multipliées au xiv® et au xv^ s. ne tardèrent pas à s'inspirer d'un esprit hostile au catholicisme ; elles mirent en avant des doctrines hétérodoxes et préparèrent ainsi la voie à la Réforme. L'effusion panthéiste de l'âme et de Dieu était leur thème favori. C'est ainsi que Marguerite PoRRETTE édita un livre condamné par les théologiens de Paris, et dans lequel elle enseignait « quod anima annihilata in amore conditoris sine reprehensione conscientiae vel remorsu potest et débet dare naturae quidquid appétit vel desiderat » '). On retrouve les mêmes doctrines chez Blommardine.

Le mysticisme hétérodoxe s'adressait davantage à des hommes de vie pratique qu'à des savants : il nous a suffi de signaler ses tendances "").

§ 3. — Autres formes de philosophie antiscolastique.

423. Leur origine. — Le système de G. d'Occam demeure scolastique. Mais à peine disparaît-il de la scène universitaire que des artistes et des théologiens, formés à l'enseignement nouveau, renchérissent sur ses affirmations, au point de dénaturer ses conclusions. C'est ainsi que la théorie du signe et du lerminisme sert de prétexte, chez quelques esprits exagérés, au subjectivisme le plus radical : nous connaissons de façon directe le signe mental, mais non la chose signifiée. — On abuse plus encore de la méthode logico-grammaticale de G. d'Occam ; en appliquant aux matières philosophiques et théologiques les

') Chart. Il, 143. — ') Cf. Delacroix, Essai sur le mysticisme spéculatif en Allemagne au XIV° s., Cliap. III et IV.

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