J. DE MIRECOURT
roïsme) '), et toutes les activités sont dues à l'action immédiate de la cause première (Bradwardine) ""). Les applications de ces principes aux actes humains et au péché intéressent la théologie plus que la philosophie ^).
426. J. de Mirecourt. — Plus accentuée est l'influence de Thomas Bradwardine sur un autre bachelier en théologie, le cistercien Jean de Mirecourt, condamné en 1347. Son livre sur les Se?ite7ices poursuit les répercussions du déterminisme théologique dans la vie morale et conclut au fatalisme le plus absolu. Il n'y a pas de libre arbitre, puisque ce n'est pas nous qui voulons, mais Dieu qui veut en nous '^). Le péché même est son œuvre, et on ne pourrait mal faire en le commettant. «Quod Deus est causa peccati ut peccatum est» ^). Jean de Mirecourt formule la conséquence logique du système de Bradwardine.
427. Le panthéisme de Guido. — La suppression de l'activité des causes secondes mène logiquement au panthéisme. Il n'est pas étonnant que, parmi les adhérents de Th. Bradwardine, d'aucuns formulèrent cette autre conséquence de ses idées. Tel un certain GuiDO, que les auteurs du Chariularium identifient avec Aegidius de Medonta. Dans l'acte de révocation de ses erreurs (1354), nous voyons qu'après avoir nié la liberté morale ^), il énonçait sans détours le principe du panthéisme ^).
428. Bibliographie. — Le C^ima Dci de BraAwardine a été édité à Londres en 1618 par Savile, de Merton Collège, avec une biographie. Les traités de mathématique (de proportionihiis velocilatum, de arithmetica speculativa^ de geome-
') Chart., II, p. 581 (39). - ') Chart., p. 577 (14). — ') Tbid.. p. 584 (58) et (59). — *) Ciari., II, p. 612, no 35. «Quod roluntas creata qualitercunque causât aliquid seu aliqualiter agit, illud agit seu taliter agit virtute prime cause moventis et sic causantis». N» 9 : « Quod qualitercunque sit, Deus vult efficaciter sic esse, et quod voluntas divina cujuslibet rei ad extra, qualitercunque ipsa sit vel fiât ab aliquo, est efficiens prima causa ». — =) V. n«8 9-18. 27-34, etc. On possède une notice de J. de Mirecourt sur la théorie du principe de causalité de Nicolas d'Autrecourt, Lappe, op. cit., p. 4. — *) « Dixi quod bonum meritum est a Deo, ita quod nichil est a voluntate ». Chart., III, p. 22, n» 5. Cfr. n» 6. — 0 « Dixi et scripsi quod nulla creatura rationalis specialiter est in se, nisi quia Deus est sibi inesse. Ex hoc intuli in eodem scripto, quod in omni eo quod non est Deus, essentialius est non-esse, quam ipsum esse ». IbU., nP 8.
trica spectilativa) sont éd. à Venise en 1502 (?) et 1505. D^ S. Hahn, Thomas Bradwardinusiind seine Lehrev. d. menschlicheii WUIensfreiheit {Beiiv Gesch Philos. Mittelalt. V, 2, 1905). Bon. Werxer a étudié Bradwardine ds Der Augusiin. d. spateren Mitlel. pp. 234 et suiv., mais M. Hahn observe justement (p. 12) que Werner n'est pas facilement intelligible. La réponse de Gilles à N. d'Autrecourt est publiée par Hauréau, Notices et extr. de ms lat de Ilihl nation., t. XXXIV, 2- P., p. 332 (,895). Or Hastings Rashdall, Nicolas de Ullricuria. A medieva/ Hume (Proceedings of Aristot. Society, 1907); J. Lappf- Nico/aus V. Autrecourt. Sein Leben, seine Philosophie, seine Schri/ten (Beitr Gesch. Philos. Mitt., Munster, 1908). Étude. Publie les lettres de Nicolas \ Bernard de Gilles à xMcolas, extr. de la lettre de Nicolas à Gilles, la cêdule du procès et le texte de condamnation. Lappe eût dû mentionner notre étude sur N. d'A. avant d'écrire : « Zu einer systematischen Darstellung ist dièses Material bisher noch nicht verwendet worden », p. 7.
MAITRE ECKEHART.