DIRECTIONS PHILOSOPHIQUES SECONDAIRES
On peut ramener à trois groupes, les systèmes de philosophie secondaires, qui tout en reprenant un grand nombre de doctrines scolastiques, s'ouvrent à des principes nouveaux ; la mystique allemande de maître Eckehart et de son école ; la théosophie de Raymond de Sabunde; la mystique théosophique de Nicolas de Cuse.
§ I. — Maître Eckehart et la mystique allema?ide.
429. Vie et œuvres. —Le dominicain Maître Eckehart DE HocHHEiM (près de Gotha), né vers 1 260, étudia successivement à Cologne et à Paris, où on le rencontre en 1302 et en 1311. Sa vie appartient à la prédication et à la mystique; dans son couvent de Cologne il avait su grouper autour de lui un grand nombre de disciples, quand, en 1326, l'archevêque de Cologne intenta un procès contre ses doctrines. - L'année suivante, qui fut celle de sa mort, Eckehart en appela au Saint Siège. Mais, en 1329, Jean XXII condamna 2^ articles puisés dans ses écrits latins.
Eckehart a laissé un grand nombre de sermons en allemand, et un important ouvrage latin Opus tripartitum (comprenant les liber hropositioiium y liber questioimm, opus expositionmn),
430. Doctrines philosophiques. — Eckehart souscrit à un mysticisme équivoque qu'il est difficile d'absoudre du reproche de panthéisme. Avant d'esquisser cette mystique, fixons la métaphysique qui lui sert de base et l'enveloppe tout entière.
10 Métaphysique. Eckehart est imprégné des doctrines scolastiques, sauf dans la théorie de l'essence et de l'existence, où apparaît la note caractéristique et fondamentale de sa philosophie. Dieu seul, acte pur, est son être. Dans la créature, au contraire, \ essence ou la quiddité est distincte de \ existence. Cependant, un lien intime attache la créature à Dieu, car Dieu est l'existence même de la créature ; celle-ci na d'autre être (existence) que Dieu en qui elle subsiste (Esse est Deus) ; Dieu constitue donc l'actualité du monde (Deus est primus actus formalis in omni opère artis et naturae), il est à la quiddité contingente ce que l'acte est à la puissance, la forme à la matière, l'unité au nombre. Comme X essence créée est distincte de Dieu (esse rerum extra in rerum natura) et qu'il lui correspond, comme telle, une idée propre dans l'Intelligence créatrice (ovmis creatura habet esse unum in causis suis orlginalibus, scilicet in verbo Dei), on ne peut faire de la métaphysique d'Eckehart un panthéisme émanatif où tout se réduit à des phénomènes de la vie divine. - Cependant, l'identité ^'existence qui enveloppe Dieu et la créature, et dans laquelle Eckehart voit une preuve de l'ubiquité divine et de l'éternité de la création (quod enim est inquantîim hujusmodi, non fit, nec y/m>(?/^5/j, semble compromettre la distinction du fini et de l'infini:
Eckehart côtoie le panthéisme.
Lui-même cependant ne croyait pas que sa théorie conduisit à ces graves conséquences. Cicm dicitur Deum in omnibus nosse et amare solum esse et seipsiun, quod est esse, hoc inquam dicentes non destrimnus esse rerum, sed constituimus "). Il bâtit sur un
•) Denifle, op. cit. (no 438), pp. 494 et suiv. Pour établir sa « scolasticité »,
fonds traditionnel, et emprunte à la scolastique ses idées, sa terminologie, et jusqu'aux défauts de sa méthode. Eckehart n'est pas un renégat, mais un scolastique de tendances et d'éducation, qui n'a pas su se prémunir contre de fâcheuses confusions d'idées.' Ces confusions se répercutent dans sa
2° Psychologie mystique. L'âme humaine est l'être même de Dieu ; en aimant l'homme, Dieu s'aime lui-même ; il ne pourrait se passer de l'homme, pas plus que l'homme ne pourrait se passer de Dieu. Nous devons nous dépouiller de nous-mêmes, nous abîmer en Dieu, et dans cette «déification» se trouve le suprême bonheur.
431. La mystique allemande. — Eckehart n'est pas l'esprit fort et génial qu'on s'est plu à représenter. Si l'histoire accorde une si grande place à son nom, c'est qu'elle reconnaît en lui le promoteur d'une littérature nationale, et d'un mouvement mystique nouveau qu'on appelle la « mystique allemande ». Cette mystique a des allures populaires, elle est contenue dans des sermons, et se distingue à la fois par la langue dont elle se sert et par le fonds d'idées qu'elle met en œuvre. Son grand mérite est d'avoir créé une terminologie allemande, et d'avoir traduit en langue vulgaire le glossaire scolastique. L'étude de l'Être divin dans sa majestueuse tranquillité et son impénétrable mystère, l'effusion contemplative de l'âme en Dieu, les idées divines et k Sainte Trinité, tels sont les thèmes favoris, cueillis, eux aussi, dans le répertoire scolastique, et qui reviennent sans cesse sous la plume des mystiques allemands.
Eckehart n'est pas le fondateur de cette école mystique, mais Il en est le premier grand représentant '). Si ses œuvres latines sont tombées dans l'oubli, même chez ses contemporains, ses sermons allemands ont franchi l'enceinte des cloîtres où ils furent rédigé, et exercé une grande influence.
Eckehart s .umet le mot esse à une foule de distinctions, qui ressemblent parfois a des jeux de mots. - ') Il eut des prédécesseurs dans Mathilde de Mag- DEBOURG (t 1277), et surtout dans Thierry de Fribocirg, . le premier scolal
InelnH ^'"n ^"^ ^"^"'^^d' ^"'^^nt le mode de ce qu'on appelle la mystique allemande ». Denifle, op. ciL, p. 528. Cf. 367. ^
RAYMOND DE SABUNDE.
Celle-ci se fait jour notamment chez le bienheureux Henri Seuse ou Suso (vers 1 300- 1366), chez Tauler (1290-1361) et chez l'auteur de la Théologie allemande. Eckehart est plus brillant que la plupart de ses successeurs, mais plus d'un a mieux défini les rapports de Dieu et de la créature ').
D'autre part, les idées mystiques d'Eckehart furent exploitées et exagérées par des sectes populaires où l'on mettait en pratique les préceptes de la morale panthéiste. Il contribua ainsi indiredementy à préparer les esprits à l'avènement de la Réforme.
§ 2. — Raymond de Sahunde et la Théosophie.
432. Vie et Œuvres. — La théosophie, ce rationalisme propre au moyen âge et né d'une exagération de la foi chrétienne (p. 502), eut un représentant de marque au commencement du xv^s., dans Raymond de Sabunde (t 1432), médecin espagnol, à la fois philosophe et théologien. Professeur à l'Université de Toulouse, Raymond est l'auteur d'une Theologia naturalis s. liber creaturaruniy conçue dans le plus fidèle esprit de Yars ma^na de Lullus ^).
433. Doctrines philosophiques. — L'homme, dit R. de Sabunde, lit la vérité dans deux livres, le livre de la nature et le livre de l'Ecriture sainte. Leur contenu est identique, mais pour déchiffrer le premier, il faut recourir à des raisonnements ; pour posséder le second, il suffit de croire à ses affirmations et à ses préceptes. « Quamvis autem omnia quae probantur per librum creaturarum, sint scripta in libro sacrae scripturae et ibi contineantur, et etiam illa quae ibi contineantur in libro Bibliae, sint in libro creaturarum, tamen aliter et aliter » ^). Certes, la lecture du livre de la nature précède celle du livre inspiré, car pour croire à la parole divine, il faut savoir que Dieu existe ; — certes, il est des vérités, comme le mystère de la S*^ Trinité, que la raison humaine ne pourrait découvrir dans l'étude du monde, si au préalable la
') Denifle, op. cit., p. 531. — ') Cf. Stôckl, op. cit. IF, pp. 1055 et suiv. — ') Theol. natur. (éd. 1852), Tit. 212, p. 314.
révélation n'avait ûxé la conclusion où mèneront ses syllogismes : ces faits démontrent que l'homme reçoit ses connaissances par deux canaux distincts, qui parallèlement déversent la vérité dans Fàme. L'homme est le trait d'union entre la nature sensible et la divinité. La Theologia naturalis cherche dans cette constitution naturelle et morale de l'humanité l'explication des mystères providentiels du christianisme. Inutile de suivre en détail la doctrine de R. de Sabunde : le principe seul importe. La philosophie de R. de Sabunde est une forme maladive de la scolastique. Renouvelée d'une conception du XIIP s. (379), elle apparaît, à l'époque critique qui l'a vue naître, comme un suprême mais inutile effort du génie catholique contre les invasions de pensées nouvelles.
§ 3. — Nicolas de Ctise.
434- Signification philosophique. — Dans quel parti faut-il ranger Nicolas de Cuse, dont la philosophie bizarre se meut suivant les directions les plus diverses ? On y pressent l'engouement pour les classiques païens, et on y entend retentir les premiers échos du cri de guerre de la Renaissance : <. A bas la secte aristotélicienne î » Mais les colères de N. de Cuse sont dirigées surtout contre les dialecticiens qui en veulent à sa théorie mystique de la coincideiitia oppositorum '). Bien que les idées de N. de Cuse soient symptomatiques des bouleversements qui se préparent, elles constituent avant tout un syncrétisme du passé, et forment un alliage de mysticisme, de théosophie et de quasi-panthéisme. N. de Cuse est un scolastique dissident, mais il est imbu de l'esprit de l'école : nous le rangeons dans la troisième période de l'histoire de la philosophie médiévale, au seuil même de la Renaissance.
435- Vie et Œuvres. — Nicolas Chrypffs, né à Cuse (de là le nom de Cusanus) en 1401, reçut sa première initiation à
') « Unde, cum nunc Aristotelica secta praevaleat, quae heresim putat esse oppositorum co.ncidentiam, in cujus admissione est initium ascensus in mysti- ^m Theolog.am..., Apoiogia doctae ignoran^iae, p. 6^ des 0/>era omma, édit.
NICOLAS DE CUSE.
la mystique de la bouche de Gérard Groot à Deventer, étudia le droit à Padoue (1424), et s'adonna avec prédilection aux mathématiques. Entré dans [les ordres, il prit position dans la controverse sur les droits du pape vis-à-vis du concile. Plus tard, le pape Euoène IV le chargea de missions importantes, et Nicolas V le créa cardinal (1448). Evêque de Brixen en 1450, il eut des démêlés avec l'archiduc Sigismond d'Autriche, et mourut à Todi en 1464.
Les absorbantes fonctions que revêtit N. de Cuse, ne l'empêchèrent pas de se vouer aux sciences et à la philosophie. Il a laissé de remarquables travaux sur les mathématiques et l'astronomie. Ses principaux ouvrages philosophiques sont : de docta ignorantia, apoiogia doctae ignoraniiae, de conjecturis.
436. Doctrines philosophiques. — Les trois livres de l'ouvrage capital, de docta ignoyaiitia, étudient respectivement Dieu ou l'Infini, l'univers et l'homme ou le fini, le Dieu rédempteur ou l'union du fini et de l'Infini.
1° Théosophie. L'influence du néo-platonisme sur les conceptions de Nicolas de Cuse est profonde, et l'auteur est bien plus rapproché de Plotin et de Proclus que ne le furent au xiir s. Witelo et Thierry de Fri bourg.
La façon théosophique dont le cardinal philosophe établit les rapports de la philosophie et de la théologie s'harmonise aussi avec ses sympathies néo-platoniciennes et s'inspire de la théosophie de Lullus (379). D'une part, la lumière de la foi est indispensable à la connaissance de la vérité (spiritiis veritatis et virttis illuminativa caeci nati qui per fidem visiim acquirit), elle devient xmnatîtrae debitum, et sans elle l'esprit humain ressemble à un aveugle-né. D'autre part, l'intelligence n'est que l'épanouissement de la foi, et peut arriver à la connaissance démonstrative des mystères.
Pour posséder la pensée intégrale de N. de Cuse, il faut mettre en regard de cette théorie théosophique, la théorie mystique de la docta ignorantia.
2° Dieu. On ne peut appeler vérité, ni la connaissance sensible (sensus), ni la connaissance rationnelle (ratio) et abstraite qui
ki
repose sur elle, car l'une et l'autre sont mobiles et fragmentaires. Seul \ intellectus , soutenu par le secours stirnaturel de la grâce peut nous élever à la Vérité une et immuable qui est Dieu. Or, nous comprenons alors que l'Infini est impénétrable et inconnaissable pour nous. Cette conscience de notre ignorance constitue la vraie sagesse, la docta igiioraiitia ; elle doit servir de base à une théologie nouvelle, la théologie négative, appelée à remplacer les fausses spéculations de la théologie positive (Cf. le pseudo-Denys). Tandis que la ratio arrive à des conclusions divergentes ou opposées, l'intellectus s'élève à l'intuition de Yunité divine. Prendre conscience de notre incurable ignorance et des limites de la raison est le moyen de s'élever à la vision de l'absolue vérité, 011 toutes les contradictions s'évanouissent (coincideiitia oppositorum) et où tout est unité. Usant volontiers d'images empruntées aux mathématiques, Nicolas compare cette coïncidence des contradictoires à la ligne courbe qui se confond avec la ligne droite, quand on diminue la courbe à l'infini, à l'hypoténuse qui se confond avec les deux autres côtés du triangle, quand on élargit l'angle à l'infini. Dieu, dit N. de Cuse, est Tinfiniment grand, et dès lors (!), comme il ne saurait être moindre qu'il est, il est à la fois l'infiniment petit. Excluant de son sein tout être opposé à lui, il est le seul être, la complicatio omnium : en lui se réduisent à l'unité la multitude des êtres de l'univers '). L'homme ne peut connaître positivement aucune essence, parce qu'il ne peut obtenir de Dieu, qui les contient toutes, aucune connaissance positive. Coîisequens est omnem humanam veri positionem esse conjecturant.
Nous touchons du doigt la théorie capitale et l'erreur fondamentale de N. de Cuse. A l'instar des mystiques allemands, qui exercent sur lui une incontestable influence, il semble faire de Dieu le fonds consubstantiel où l'univers plonge ses racines. L'univers contient explicite, ce que Dieu contient implicite, ou, pour
•) Duhem montre, par une comparaison de textes, que la théorie unitaire de A. de Cuse, fondée sur la considération de l'unité, de l'égalité et du lien de lune à l'autre, est empruntée au de opère sex dierum de Thierry de Chartres V. n» 169.
NICOLAS DE CUSE.
reprendre une expression heureuse et séculaire, les choses sont des théophanies divines. Le cardinal catholique est-il donc panthéiste, comme J. Scot Eriugène dont il tient sa terminologie, et dont il recommande les œuvres avec celles de David de Dinant ? Il s'en défend vivement dans son Apologia doctae i g7î or aii t i ae cowive Je.'^N Wenck de Herrenberg, professeur de théologie à Heidelberg, qui dans un écrit de ignota Litteratura, lui reproche de ruiner toute science par le rejet du principe de contradiction, et l'accuse de panthéisme et d'hérésie. Le réquisitoire de Wenck, quoique violent, interprète mal la théorie de son adversaire '), mais il nous semble que la logique doive conduire N. de Cuse jusqu'au panthéisme. On peut dire de lui comme d'Eckehart : il fait fléchir la logique au profit de son orthodoxie, et retient de force les conséquences de ses prémisses.
3° L'univers. Dieu crée la matière, ou l'être en puissance, mais la matière ne peut exister comme telle, elle exige une information substantielle. Et après que N. de Cuse a appelé Dieu la forme de tout, actus omniinn, il affirme, pour éviter le panthéisme, que Dieu n'est dans la créature que le prototype de sa réalité, sans se confondre avec elle.
L'homme est le centre de la création, et l'image la plus parfaite de Dieu, car il résume en lui l'univers par la représentation qu'il s'en forme, comme Dieu résume en lui la réahté des autres êtres. Sur les grandes théories de la psychologie, Nicolas parle en scolastique : l'âme, forme substantielle du corps, est spirituelle et immortelle. Nos connaissances abstraites ont une origine sensible, mais au-dessus de la ratio, l'intellectus nous met en contact avec la Vérité suprême. Dans cette vision suréminente où toutes les contradictions de la science humaine sont résolues, l'âme est rivée si étroitement à Dieu que cette union ressemble à une déification. 437. Influence de N. de Cuse. — Les idées de Nicolas
') « L'esprit, telle est la pensée un peu obscure de Wenck, se porte du connu vers l'inconnu ; Cusa part de ce qu'il connaît pour illuminer son ignorance, je pars moi de la littérature, de la sienne en particulier, pour aboutir a l'ignorer ». Vansteenberghe, op. cit., p. 8.
de Cuse le rattachent au passé par leur origine, à l'avenir par l'influence qu'elles devaient exercer. A l'époque où écrit le cardinal allemand, la philosophie est à un tournant de son histoire, et les idées bouillonnent trop fiévreusement dans les têtes, pour qu'il puisse surgir une école Cusienne dans le sens strict du mol, comme jadis avaient surgi une école thomiste et une école scotiste'j. Par contre, nombreux sont les écrivains de la Renaissance, qui, tout en cherchant des orientations personnelles, subissent l'ascendant de N. de Cuse.
438. Bibliographie pour le Chap. IW .—Vf'EIYKR, Deutsche Mystiker d. 14^"^ Jahrhimdcrt. Leipzig, 2 vol. 1845 et 1857, publie no sermons, 18 traités, 68 versets de Eckehart(enalleniand),SiEVERsatrouvé26autressermons(Zeitschriftf.deutchcs Altertum, 1872). En 1880, Denifle a trouve et publié avec une étude des fragments de r « opus tripanitum », Mcister Eckeharts lateinische Schriften (Arcli. Litt. Kirchengesch. Mitt., 1886). Denifle veut montrer que Eckehart n'a pas étc jusqu'au panthéisme. Au contraire selon Delacroix, op. cit,^ (p. 265) pp. 135- 262, qui s'appuie surtout sur les sermons allemands, Eckehart est panthéiste. et « prétend expliquer tout l'Etre par l'Etre seul, assister à son développement, suivre le mouvement par lequel la divinité sort de soi-même, se fait Dieu et s'achève dans l'univers » (p. 286). Denifle, Die Heimath Meister Eckehart^ {ibid., 1889). Sur Eckehart et sur le mysticisme populaire au xiV s., v. Delacroix. — Deutsche Mystiker des xiv Jahrh. I. Hermann von Fritslar, Nicolaus von Strasburg^ David v. Augsburg ziim erstm. hrgg. Neudrtick der 184$. Aug., de Z. Pfeiller, Gôttingen, 1907. — Denifle, Die Schriften d. Seligen Hcinrich Suse, Munich, 1876. Edit. définitive par K. Bihlmeyer, Deutsche schriften v. H. Seuse, Stuttgart, 1907 — F. Vetter, Die Predigten Faulers (Deutsche Texte d. Mittelalters. Bd. XI), Berlin, 19 10. — Cf. Chronique de mystique