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CHAPITRE PREMIER

NOTIONS GENERALES

') Jacques le Fèvre d'Étaples (Jacobus Faber Stapulensis, 1456-1537)61 connaître les doctrines de N. de Cuse en France, et édita ses ouvrages, en même temps que ceux du Pseudo-Denys. Il y eut un parti de Fabrisies, Un des disciples de J. le Fèvre, Charles Bouillée (Carolus Bovillus, vers 1470-1553). est l'auteur d'une série d'ouvrages où l'on reconnaît nettement, au travers de pensées originales, l'influence de N. de Cuse. Charles Bouillée professe la plus pure théosophie (Est enim intelligentia fidei consummatio, fides vero intelligentiae dispositio sacrumque initium). Bien qu'il méconnaisse la nature des espèces intentionnelles, de l'intellect agent et donne une interprétation arbitraire de plusieurs théories péripatéticiennes, Bouillée appartient à la scolastique plus encore que N. de Cuse, et il a su éviter dans sa philosophie toute teinte de panthéisme.

439. La Renaissance et la Réforme. — On s'accorde à considérer la prise de Constantinople par les Turcs, en 1453, comme la fin du moyen âge, au sens étroit du mot. En réalité, l'effondrement de l'empire Byzantin n'est qu'un épisode de l'ère des bouleversements profonds qui déterminent la ruine de la civilisation médiévale et l'avènement des sociétés modernes. La seconde moitié du xv^ s. et le xvi^ s. sont témoins d'une révolution universelle, non seulement en philosophie, mais dans les arts

et les sciences en général ; non seulement dans la culture intellec-

il'

tuelle, mais en politique, en religion, et dans les conditions mêmes de la vie économique et sociale.

I. Le fait dominant en politique est la constitution des nationalités. A l'unité de l'empire chrétien se substituent une multiplicité d'Etats, poursuivant des politiques diverses. L'intérêt national attise la lutte des rois contre les papes, et met obstacle à une coalition européenne contre les envahissements des Turcs.

En même temps que s'affirment les libertés politiques et individuelles, la féodalité s'effrite et tombe, et les grandes découvertes maritimes déplacent l'axe de l'économie mondiale.

IL Dans l'ordre Uitelleciiœl, un souffle de renouveau se répand sur toute l'Europe. C'est la Renaissance, ou le retour vers l'antiquité. Les papes et les princes se font ses protecteurs. L'Italie est son berceau. Décentralisée en une foule de petites républiques, elle semblait préparée tout exprès pour favoriser la rapide expansion des idées nouvelles et leur étonnante diversité. Mais de l'Italie le mouvement novateur se propage comme une traînée de poudre en France, en Angleterre, en Allemagne, dans les Pays-Bas. Parmi les causes de la Renaissance, figurent au premier rang l'invention de l'imprimerie, qui jeta à profusion sur l'Europe les œuvres nouvelles, et l'exode de savants grecs en Italie, où les attirait une hospitalité princière '). Quand ces émigrés de la science s'en vinrent dans les cités italiennes chanter la grandeur de la civilisation antique, ils trouvèrent un milieu propice. Car les relations scientifiques entre Byzance et l'Italie, dont on peut placer le point de départ au XIIP s., s'étaient multipliées au xiv^ s., à la faveur d'un commerce devenu intense et de tentatives de rapprochement entre l'Église latine et l'Église grecque (concile de Florence, 1438-1445). Un moine latin de la Calabre, Barlaam, apprit le grec à Pétrarque (1304-1374) et lui communiqua son enthousiasme pour l'antiquité classique. Leontius PiLATUS, disciple de Barlaam (t 1348), devint le maître de Boc-

^ •) La plupart des humanistes byzantins se rencontrent en Italie avant 1453, c'est-à-dire avant la prise de Constantinople. Ce n'est donc pas la chute de leur empire, qui a déterminé la première émigration des savants grecs.

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