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LA RENAISSANCE ET LA REFORME

cace (vers 1360), traduisit Homère, et occupa à Florence la première chaire de littérature grecque. Un élève de Pétrarque, Jean Malpighi, enseigna le latin à Padoue et à Florence ; le bvzantin Manuel Chrysoloras (f 1415) ouvrit des cours de

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langue et littérature grecques et fut le maître du célèbre humaniste Leonardus Aretinus (L. Bruni, f i444), etc. Au xv« s., l'engoûment pour la littérature classique est universel.

La Renaissance revêt àesfonnes multiples. Sa première manifestation se traduit par un retour vers l'art et la littérature de l'antiquité latine et grecque. Puis, imitant le style des auteurs anciens, on se pénètre de leurs idées. Le paganisme s'infiltre dans l'éducation et dans les mœurs, et \?i philosophie remet en honneur les systèmes anciens dans leur pureté archaïque. A côté de la renaissance artistique^ apparaît une XQXVà\^%2iX\Q,Q philosophique . On peut dire aussi qu'il 3^ eut une renaissance scientifique. La découverte de l'Amérique élargit l'horizon du monde géographique^ comme plus tard la découverte du télescope recula à l'infini les limites de l'univers créé. On s'habitua à voir large et grand, et on puisa dans l'amour de la nature une passion féconde pour les sciences d'observation.

IIL Presque contemporaine de la grande révolution intelbctuelle de la Renaissance, apparaît la grande révolution religieuse qu'on a appelée la Réforme. A l'organisation ecclésiastique de l'Église universelle, le protestantisme n'oppose pas seulement une hiérarchie nouvelle, propre à chaque église nationale, mais il modifie le dogme catholique dans plusieurs de ses thèses essentielles. Les échos de la dogmatique protestante vont se répercuter par ce moyen dans le domaine de philosophie.

440. Division. — Les faits nouveaux qu'on vient de relever sont gros de l'avenir ; mais à un autre point de vue ils sont la continuation du passé. Cette observation se vérifie surtout pour la philosophie. Les idées ne disparaissent pas brusquement, quand de nouvelles systématisations se lèvent ; mais la période finissante compénètre parfois, sur un long temps, la période commençante. Ainsi en est-il des systèmes de transition de la seconde moitié

du xv^ S. et du XVP s. : mis en rapport avec ce gui suit, ils préparent la philosophie moderne ; mis en rapport avec ce qui précède, ils prolongent la philosophie médiévale.

Le second point de vue inspirera l'étude qui suivra des philosophies de la Renaissance. On verra d'une part que toutes les philosophies nouvelles déclarent à la scolastique une guerre implacable, bien que d'autre part elles lui empruntent plus d'une doctrine ').

La coalition des forces antiscolastiques finira par l'emporter : eu égard à ce résultat final, on étudiera les systèmes antiscolastiques (chap. II), avant d'exposer les philosophies scolastiques (chap. III).

LES PHILOSOPHIES NON SCOLASTIQUES

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