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La renaissance platonicienne en Italie

L'Italie, de 1450 à 1550, s'éprit pour Platon. Elle fut initiée à ses œuvres originales par des savants de Byzance, où depuis Michel Psellus on n'avait cessé de magnifier Platon à l'égal d'Aristote. Dans les dialogues platoniciens, pénétrés de poésie, la Renaissance italienne trouva un aliment pour ses études de la beauté antique. On comprend sans peine que des esprits, en quête d'esthétique plus que de vérité, fussent dégoûtés des discussions abstraites de la scolastique et de l'aristotélisme. Ajoutez-y que l'Aristote de la scolastique avait vu surgir à côté de lui un Aristote antiscolastique, protagoniste d'un matérialisme caractérisé : on en conclut que ce n'étaient pas les livres d' Aristote, mais ceux de Platon, qui contenaient le dépôt de la vérité.

446. Principaux platoniciens. — Barlaam fit connaître â Pétrarque quelques dialogues platoniciens *). Aurispa et Traversari, en 1438, apportèrent de Byzance le premier manuscrit complet de Platon. Leonardi Bruni traduisit en latin les plus beaux dialogues du philosophe.

Mais le promoteur véritable du mouvement platoniste fut Georgios Gemis- Tos, appelé plus tard Pléthox (i355-U5o)- C'était un savant Byzantin, délégué par l'empereur Jean VIII Paléologue aux conciles de Ferrare et de Florence, où la papauté avait invité les schismatiques grecs, pour tenter un suprême effort de ralliement et d'union. Gemistos Pléthon révéla devant les Florentins éblouis le grand rival d' Aristote, et sut décider la cour des Médicis à fonder une Académie platonicienne. Son acerbe diatribe contre Xnsioie, de platontcae atgue

") Voir notre Htst. de la philosophie scoL, etc., p. 341. •) Sur E. Digby et W. Temple, voir les articles de Freudenthal dans Arch.f. Gesch. d. Phil, IV, 3 et 4. — ') Cf. Huit. Le Platonisme pendant la Renaissance (Ann. phil. chrétienne, 1895 à 1898). — ') F. Lo Parco, Petrarca e Barlaam. Reggio-Calabria, 1905.

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