SILVESTRE DE FERRARE ET CAJETAN
Aristot. et S. Thoinae, in ocio l. physic. Arist., in j l. de anima, sans compter un traité contre Luther, pur de langue et nerveux de style.
Thomas de Vio, dit Cajetan, naquit à Gaète en 1469, entra chez les dominicains et fit ses études à l'université de Padoue où il apprit à connaître le mouvement humaniste et averroïste. De Padoue il alla à l'université de Pavie, puis à l'université romaine. A partir de 1507 il fut appelé aux hautes charges de l'ordre, devint cardinal en 15 17, et évéque de Gaète en 15 19, puis légat en Hongrie. Ses dernières années sont consacrées à l'étude jusqu'à sa mort en 1534. A côté de nombreuses œuvres théologiques et exégétiques, il laissa des œuvres philosophiques importantes : des commentaires sur le de ente et essentia de S. Thomas, sur les prédicaments, les dern. analyt., le de anima d'Aristote, des traités de analogia nominiim, de sensu agente et sensibilibus, et divers opuscules de moindre importance. Les Commentarii sur la somme théologique de S. Thomas (de 1507 à 1522) sont son œuvre capitale.
On peut rapprocher les commentaires sur les deuxsommes,entrepris par S. de Ferrare et Cajetan, de l'œuvre exégétique de Capreolus. Mais, tandis que celui-ci butine à travers les œuvres de S.Thomas et fait entrer sa doctrine dans les cadres des Sentences de P. Lombard, ceux-là commentent méthodiquement, en suivant le texte du maître, l'un la Somme Théologiqîte, l'autre la. Somme contre les Gentils. Ces commentaires sont remarquables de clarté et de pénétration. Aujourd'hui encore les exégètes du thomisme les consultent avec fruit, et on les juge dignes de réimpression.
Le plus parfait de ces deux commentaires est celui de Cajetan. On y rencontre, outre une exposition des doctrines thomistes, diverses polémiques contre les scotistes et les averroïstes, que Cajetan avait rencontrés à Padoue. Sur la question de l'immortalité de l'âme, bruyamment agitée par Pomponatius, Cajetan se sépare de S. Thomas. Il tient qu'Aristote a émis la théorie que lui attribue Averroès, et il conçoit lui-même des doutes sur le pouvoir de la raison dans sa démonstration de l'immortalité de
l'âme. Ce qui explique qu'un de ses confrères, qui fut pour lui un adversaire violent, Barthélémy Spina de Pise, confondit dans une commune réfutation Pomponatius et Cajetan : Propugnaculum Aristotelis de immort, animae coiitra Thomam Cajetajiiun ; Tntela veritatis de immort, animae contra P. Pomponatium ; Flagellum in très libros apologiae ejusdem. Cajetan exerça une grande influence sur Vittoria, le fondateur de l'école de Salamanque, et ainsi se trouve établi un lien entre l'école thomiste et la scolastique espagnole du xvi^ et du xvii^ s.
Antoine Cloche (i 628-1720) provoqua un renouveau de thomisme dans l'ordre Dominicain. Il publia les commentaires inachevés de Didaco Nuno Cabezudo (f i 6 14) sur la IIP P. de la Somme théologiqtœ, rappela l'obligation de suivre S. Thomas, et dans les premières années du xviii® s. organisa à Rome diverses institutions de caractère tl'omiste fondées par les libéralités du cardinal Cas anate (i 620-1 700), notamment une double chaire d'exégèse de S. Thomas.
473. Bibliographie. — De J. Versor, les Ouaest. s. veterevi artem existent en incunables de Venise (1497) et de Cologne (i486, 1497, i5t>3). ces 3 dern. édit. contiennent les comment. 5. omnes libros novae logicae et sur le de ente et essentia ; Comment, sur P. Hispanus ont reçu nombr. édit. — De même le Clipeus tJiomist, de Nigri, notamment à Venise 1504. — De G. de Monte, le comm. de ente et esseîitia et V Apologetica, à Cologne vers 1492 ; le comment, seul en 1489 — Comment, de L. de Monte, Cologne 1493. 1488, 1505, 151 1 ; de G. Harderwijk, Cologne, 1494 ; de A. de Luyde, Cologne 1507, 1496, 1500. De P. Soncinas : s. artem vcterem, Venise 1499, ^S'^1- Ed.traités de J. a Lapide à Bâle ; defallaciis de Taegius, Pavie 151 1 ; traités de M. Saravetius, Rome 1516 ; de D. de Flandre, Venise 1514, 1587, Cologne 1621 ; de Manzolus à Venise, 1523. Suinmiilarum artis dialecticae interpretatio deP.de Bruxelles, Paris, 1508; QuodlibetàQC. Kôllin à Munich, 1523.
Sur tous ces personnages, v. Prantl, op. cit., IV, pp. 220 et suiv. 273 et suiv. à qui nous empruntons un grand nombre de renseignements bibliographiques. Sur H. de Campo, Dominique de Flandre et P. Bruxelles, Cf. notre Hist.phil, en Belgique, p. 175 et suiv..
Les comment, de la 5. contra gcntes de S. Ferrare ont reçu nombr. édit., la prem. à Venise en 1 524 du vivant de l'auteur, la dernière et la meilleure à Paris de en 1660. Ed. nouv. de Sestili, Rome 1898-1902,4 vol. Les autres comment. S. de Ferrare ont été édit. à Venise 1517, 1577, 1619 et à Rome. — Les opuscules de