‹ Histoire de la philosophie médiévale [microform]Chapitre 32 sur 223 · DU NÉO-PLATONISME · texte numérisé non relu

DU NÉO-PLATONISME

(depuis le iiF s. ap. .I.-C, ou bien depuis la fin du i^^^s. av. J.C.)

jusqu'au vi^' s. ap. J.C.)

73. Caractère général. — La f>hilosof)hie devient théur' giqiie et religieuse. La prédominance des études morales avait engendré, durant la période qui vient de iimr, une défiance extrême de tout savoir spéculatif. Désespérant de trouver, par la voie ordinaire, la certitude et le bonheur, la philosophie les chercha dans un commerce divin. D'une part, elle situa Dieu dans des sommets inaccessibles à la raison. D'autre part, elle admit la covimunication directe de ce Dieu impénétrable avec l'âme humaine. Cette communication nécessita l'introduction, dans l'ordre subjectif, de nouveaux processus de connaissance, les intuitions extatiques et mystiques ; et la création, dans l'ordre objectif, d'une échelle d'êtres intermédiaires dont les degrés descendent du dieu inaccessible jusqu'à l'homme. Sous l'empire de ces tendances, la philosophie se prît d'engoûment pour les doctrines religieuses, et pour les systèmes du passé qui présentaient avec la religion des affinités étroites.

Les circonstances extérieures favorisent singulièrement cette évolution caractéristique de la philosophie grecque. D'une part, le centre philosophique de cette période est Alexandrie, où se donnent rendez-vous les peuples de trois parties du monde, et où la philosophie grecque subit naturellement l'influence des doctrines orientales. D'autre part, au 11^ s. ap. J.-C, la décadence de l'empire romain marche d'un pas rapide. Le peuple comme les Césars demandent à des religions exotiques, principalement à des religions orientales, une force morale* que le Panthéon dépeuplé ne leur fournit plus ; et l'introduction de ces

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