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LE NÉO-PLATONISME. PORPHYRE

dante de l'activité intellectuelle est une forme inconsciente ; c'est \ extase (ëKaiacriç) par laquelle l'âme ravie s'abîme en Dieu.

On comprend dès lors pourquoi Plotin cherche dans la religion un moyen de faciliter l'union extatique et pourquoi chez lui philosophie et religion se confondent. L'une et l'autre tendent au même but : toute philosophie est religieuse. Malgré ses tendances vers le monisme théiste, Plotin souscrit au polythéisme et à la magie, car il divinise plusieurs des énergies de l'Être premier. Par leur intermédiaire, l'homme s'élève plus facilement à V Un absolu — une pensée dont les successeurs de Plotin feront la base du culte polythéiste.

79. Porphyre. — Entre les disciples immédiats de Plotin, Porphyre de Tyr (232 3 — 304) est le plus remarquable. C'est lui qui vulgarisa les doctrines du maître, en les codifiant dans un traité 'Acpopjuai irpôç Ta vonrd. En métaphysique et en physique Porphyre n'ajoute rien à Plotin, mais il développe la portée religieuse et ascétique du néo-platonisme. Il cherche à édifier la doctrine de l'union mystique sur le culte des divinités, sur la mortification du corps, auquel il impose des privations purificatoires pour détacher l'âme de la sensibilité. A ce double point de vue. Porphyre sert de transition entre Plotin et Jamblique.

Porph3Te ouvre aussi la lignée des commentateurs néo-platoniciens d'Aristote. Le néo-platonisme, en effet, considérait l'étude de VOrganon d'Aristote comme une introduction à la philosophie de Platon. C'est principalement à la logique formelle que Porphyre se consacre, et il doit au contact du Stagirite la clarté et la précision que la postérité a admirées dans ses commentaires. Son EîaaTUiTn eiç Tàç 'ApKTTOiéXouç Kainropiaç, nommé aussi TT€pi TÛ)V TTévie qpiuvûùv, fut appelé à un énorme succès. Ce traité ne fut pas seulement commenté par les néo-platoniciens des siècles suivants, il alimenta les discussions de plusieurs générations médiévales. Porphyre fit deux commentaires des Catégories, qu'il défendit contre Plotin, et probablement aussi un commentaire des Premiers Analytiques.

80. Phase religieuse du néo-platonisme. — Les successeurs de Porphyre ne retiennent du néo-platonisme qu'un l;)esoin mystique de surnaturel. La religiosité est l'unique préoccupation du syrien Jamblique (mort vers 330), qui bâtit sur les fondements du néo-platonisme un Panthéon international, où il case toutes les divinités dont le nom lui est connu. La longue liste des philosophes qui se rattachent à l'école théurgique de Jamblique s'étend jusqu'au v^ s. ap. J.-C, c'est-à-dire à la fin même de la philosophie grecque. Mais avant de disparaître, le néo-platonisme se ressaisit un instant, et ce dernier reflux de vie donne lieu à une troisième phase de son histoire, la phase encyclopédique.

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