‹ Histoire de la philosophie médiévale [microform]Chapitre 61 sur 223 · CHAPITRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME

165. Résumé. — Le xir s. confère à la civilisation médiévale sa physionomie définitive ; il fixe la conception religieuse, sociale et artistique de l'occident; il marque les traits ethniques des peuples appelés à un rôle prépondérant dans la politique.

Les écoles de Chartres et de Paris sont le théâtre des joutes les plus mouvementées. Chartres constitue, pendant la première moitié du xiP s., le plus intense foyer de culture. Puis son éclat baisse devant le renom des écoles de Paris dont l'extension, à la fin du xii^ s., amène la création de la première université du moyen âge.

Une extraordinaire tension se manifeste dans les idées philosophiques, et engendre des mouvements complexes et disparates. La scolastique (Art. I) reprend de plus belle le problème des universaux, et la révélation des nouvelles œuvres logiques d'Aristote attise le feu des discussions. Le réalisme outré (§1) suscite de toutes parts des contradicteurs qui, sous les formes les plus variées (§ 2), essaient de concilier l'individualité de l'être réel et la généralité de l'être conçu.

Abélard apparaît comme un jouteur de marque dans la mêlée des systèmes, mais sa réputation est surfaite, et son contemporain Gilbert de la Porrée a fait, plus que lui, pour la solution définitive (§ 3). En même temps, les méthodes didactiques se perfectionnent, la terminologie se précise, et d'importantes doctrines se constituent. Bien qu'on ne rencontre pas chez les scolastiques du XIP s. le caractère pleinement harmonieux des grandes systéma-

Page 1