GILBERT DE LA PORRÉE
distincts de l'être même '). Certes, ce sont là des erreurs métaphysiques ; mais elles ne se rapportent pas directement au problème des universaux : quelle que soit la distinction établie par Gilbert de la Porrée entre les éléments métaphysiques de l'être, ces éléments sont doués d'une existence non pas universelle, mais propre à chaque individu.
Quand il oppose Id. forme à la fnatière, Gilbert en fait une propriété de l'être, perpétuant ainsi une fausse conception propre à cette période. Rien d'étonnant dès lors, qu'il admette une pluralité des formes. Gilbert condamne le panthéisme ; mais ses doctrines métaphysiques se répercutent sur sa théologie (Art. III). ^ Pas plus qu'Abélard, Gilbert n'est un esprit eiitier ; à côté de doctrines d'un pur scolasticisme, on rencontre des illogismes et des défaillances. Ainsi se vérifie pour les plus célèbres philosophes du milieu du xif s. le défaut de systématisation, qui est un des caractères saillants de la scolastique pendant cette période.
Parmi les disciples de Gilbert, le plus notable ') est l'historien Otto de Freisingen (vers m 5-1 158) dont la Chronique et les Gesta Friderici sont un essai de philosophie de l'histoire. On a relaté plus haut .son rôle de vulgarisateur des nouvelles œuvres logiques d'Aristote 3). Qtto était en contact avec le monde byzantin ; les textes aristotéliciens cités dans sa Chronique sont empruntés à la traduction de Jacques de Venise, qui devint pour ainsi dire la vulgate des scolastiques postérieurs *). Les théories de Gilbert sur les formes natives, ses solutions neuves du problème
')Ibid., 1148. Quod est unum, res est unitati subjecta, cui scilicet vel ipsa unitas inest, ut albo, vel adest ut albedini... Ideoque non unitas ipsa sed quod ei subjectum est, unum est. Cf. Praxtl, p. 221. — *) On peut ciier encore l'auteur anonyme du Liber de vera piiilosopiiia.-') P. 155. *) J. Argyropulos la remania au xv«s. pour Pierre de Médicis; elle est erronément incorporée dans les œuvres de Boèce par ses éditeurs de Bâle et par Migne. Ces points sont établis par ScHMiDLiN, Die Philos. Ottos v. Freising., p. 168 et suiv. Grabmann, op. cit., II, 71, m'attribue l'opinion que les versions répandues par Otto seraient celles de Boèce. Je n'ai pas écrit cela.
des universaux '), ses notions métaphysiques ^) sont incorporées dans les Gesta d'Otto avec une fidélité qui établit nettement sa dépendance vis-à-vis de l'évêque de Poitiers.
183. Les sophistes. - Le milieu du xii» s. assista à une recrudescence de la logique sophistique, qui depuis le siècle précèdent n'avait cessé de se développer dans les écoles comme un mouvement parasitaire (p. 182). La mise en circulation de la logica nova fournit un nouvel aliment aux subtilités. Jean de Salisbury a durement flétri ces nugiloquos ventilatores, chicaneurs de mots ergotant pour ergoter, sans subordonner leur discussion à l'acquisition du savoir, et qui s'imaginaient que dans cette intempérance de verbe consiste la pratique de la dialectique, q,n sapienliam verba putant ■). Son Comificins est du nombre *). On discutait dans son école sur le point de savoir si le porc conduit au marché est tenu par la corde ou par celui qui le conduit % Alexandre Neckam rapporte d'autres spécimens de cette façon d'ergoter «) On cite parmi ces dialecticiens un Adam du Petit-Pont '). dont \ars dialechca ( 1 132) est le triomphe de la sophistique.
) Les textes sont rassemblés nar ^/-uxtit^t i^- a -i O.iHn. VI \ '^''^^'^^^"c^' de personne, d'individu. Dans la formule d'Otto •
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iinean, esse iafini.:: sa. "pTc; S .o.el.r ""TN^'J'rr™' ^' """^■" bridge. Appelé du pJtii P„,Jro ^ristoiehs. » - ) Ne a Balsham près Cam-