‹ Histoire de la philosophie médiévale [microform]Chapitre 89 sur 223 · Caractères généraux du mysticisme. — Ces · texte numérisé non relu

Caractères généraux du mysticisme. — Ces

notions sur la mystique expliquent certains caractères généraux qui se retrouvent, plus ou moins dominateurs, dans toute science

mystique :

10 Les hautes sphères de la contemplation mystique étant voilées d'un vague mystérieux, se prêtent aisément aux descriptions poétiques et aux mirages de l'imagination. De là l'emploi favori des allégories, des personnifications, des rapprochements ; de là aussi la faveur dont jouit la méthode symbolique,

2° L'union de l'âme avec Dieu étant le but de la vie pour les mystiques, ceux d'entre eux qui en même temps s'occupent de

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philosophie, s'attachent de préférence aux problèmes de psychologie et de morale. De plus, on retrouve dans leur philosophie l'orientation générale de l'esprit mystique. C'est ainsi que, suivant le conseil de S. Augustin, ils concentrent toute leur attention sur Vhomme ijitérieur ; ils accentuent volonriers le dualisme de l'âme et du corps, et la lutte que l'âme doit soutenir pour se dégager des entraves de la sensibité.

3° Les mystiques les plus exaltés [professent un mépris hautain à l'endroit de la philosophie et des philosophes. Ils considèrent ceux-ci comme des égarés qui se méprennent sur le sens et la valeur de la science humaine. A la place de la raison spoliée, les mystiques mettent la foi affective.

209. Double forme du mysticisme médiéval. — Le moyen âge, époque de foi vigoureuse, est l'âge d'or du mvsticisme : les mystiques pratiques se cloîtrent dans la vie dévote, les spéculatifs écrivent des livres. Nous rencontrons le mysticisme sous la double forme individualiste et panthéiste.

Le mysticisme /'«////îm/é' apparaît avec J.ScotÉriugène, s'éclipse un instant, pour reparaître au xir s. (p. 247).

A côté de ce mysticisme hétérodoxe, se développe, parallèlement au courant scolastique ou dogmatique, un courant de mysticisme orthodoxe, mysticisme théologique, basant l'ascension de rame vers Dieu et vers la perfection sur une grâce d'ordre surnaturel, octroyée dès cette vie.

Sous peine d'être illogiques, les scolasliques ne pouvaient adviettre un mysticisme naturel ou philosophique. En effet, d'après leur idéologie, la raison humaine ne peut connaître, et dès lors la volonté ne peut aimer Dieu qu'en partant de l'expérience sensible. Or cette connaissance indirecte de l'Infini n'établit pas la communication directe, phénomène central de la vie mystique. Voilà pourquoi les « voies mystiques », les ravissements et les extases qui unissent l'âme à Dieu, et qu'un Hugues de S. Victor ou un Bonaventure décrivent avec une ardeur si enthousiaste, se distinguent essentiellement de la connaissance philosophique de Dieu,

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