La philosophie chez les Arméniens, les Perses
et les Syriens. — L'histoire des idées philosophiques chez les Perses, les Arméniens, les Syriens, les Arabes et les Juifs est plus complexe et plus mouvementée que celle des doctrines byzantines.
On sait peu de choses des doctrines philosophiques en Arménie. Nous y rencontrons cependant le nom d'un célèbre traducteur d'Aristote, David l'Arménien (vers 500 ap. J.-C), disciple d'Olympiodore (p. 85).
En Perse, la cour hospitalière de Chosroës Nuschirwan recueillit les derniers représentants de la philosophie grecque, le Syrien Damascius, Simplicius, et une foule de néo-platoniciens bannis d'Athènes (p. 85). La présence de ces réfugiés de la science provoqua un mouvement philosophique aux Académies de Nisibis et de Gandisapore. A la cour de Chosroës, Uranius traduisit Aristote et Platon en langue persane. Mais ce courant d'idées se perdit de bonne heure et son aboutissement à la philosophie arabe est douteux.
Les Syriens recueillirent de première main la succession de la philosophie grecque et la transmirent aux Arabes et indirectement aux Juifs. Les expéditions d'Alexandre le Grand avaient ancré en Syrie des traditions grecques si vivaces, que pendant de longs siècles la langue des vainqueurs d'antan régit les œuvres religieuses et profanes de la littérature syrienne. Au v^ s., Théodore DE MopsuESTE, Thédoret DE Cyr, Ibas, Cumas et Probus, de la brillante école Nestorienne d'Edesse, traduisirent du grec en syriaque et commentèrent des œuvres d'Aristote. L'école fut supprimée en 489 par Zenon ; mais au VF s., les monophysites de l'école de Resaïna et de celle de Chalcis continuèrent l'œuvre de traduction. A Resaïna, Sergius traduisit les catégories d'Aristote, l'Isagoge de Porphyre, les œuvres du pseudo-Den} s, en partie celles de Galien, et composa lui-même divers traités, où on relève des inspirations néo-platoniciennes. Au viP s. Jacob d'Edesse ; divers Nestoriens des viP et viif s. entreprirent d'autres traductions. En général, les philosophes syriens n'ont connu d'Aristote que \ Or ganon ; v^2i\% en même temps ils ont toujours accordé aux néo-platoniciens, à Porphyre surtout, de larges préférences : on ne s'en étonnera pas, si l'on songe que Porphyre et Jamblique étaient Syriens d'origine. C'est dans cette circonstance aussi qu'il faut chercher la cause de l'engouement dont fut l'objet plus tard dans la philosophie arabe VIsagoge de Porphyre, à qui de nombreuses traductions syriaco-arabes procurèrent la popularité.
Les traductions gréco-syriaques, principalement celles de l'école