RELATION
Catégoriques.
Hypothétiques.
Disjonctifs.
ProWématiques.
Assertoriques.
Apodictiques.
{Critique de la Raison pure, trad. Barni, t. I^r, p. 129.)
Dans tous les jugements où l'on conçoit le rapport d'un aujet à un prédicat, ce rapport est ou anahjtique ou synthétique. Les jugements sont dits analytiques lorsque l'attribut, étant déjà contenu dans le sujet (mais d'une manière cachée), peut en être extrait par une analyse. Exemple : les corps sont étendus : qui dit corps, dit étendue. Ces jugements peuvent être appelés aussi explicatifs {erlauterungsurtheile), parce qu'ils développent simplement le contenu du sujet. Les jugements sont dits synthétiques lorsque Tattribut, n'étant pas contenu dans le sujet, y est ajouté par une addition, par une synthèse. Exemple : les corps sont pesants. Ces jugements sont aussi appele's extensifs [erweiterungsurtheile), parce que seuls ils ajoutent vraiment quelque chose à notre connaissance. Les jugements analytiques sont tous a priori; en effet, je n'ai pas besoin de recourir à l'expérience pour affirmer d'un sujet l'attribut qui y est contenu. Le principe rationnel d'identité est la condition nécessaire et suffisante des jugements analytiques. « Les jugements d'expérience sont tous, comme tels, synthétiques. En effet, il serait absurde de fonder un jugement analytique sur l'expérience, puisque pour former un jugement de cette sorte je n'ai pas besoin de sortir de mon concept, et par conséquent de recourir au témoignage de l'expérience. » {Crit. de la raison pure, Introd., § 4.) Quand je dis : les corps sont pesants, j'ajoute au concept du sujet un prédicat qu'aucune analyse n'aurait pu en faire sortir, c'est sur l'expérience seule que se fonde la synthèse du prédicat de pesanteur avec le concept de corps; seulement les jugements d'expérience sont des jugements synthétiques fl'/?o5/mon. Maintenant,
LA THÉORIE DU JUGEMENT 5,5
y a-t-il des jugements synthétiques a priori? et comment sont-ils possibles ? G est la question même que Kant cherche à résoudre dans la Critique,
Victor Cousin : tout jugement n'établit pas un rapport entre deux Idées. - La plupart des logiciens nous 1 avons vu, définissent le jugement l'affîmaUcn d'un rapport de convenance ou de disconvenance entre deux idées. Dans son
SurceUe dÎT'' t ^"'-^ ^'''- ^"" '' ^^'')' ^'•=*- CouZ en que cette déflniUon, dont à vrai dire le philosophe anglais n'a
m le mente m la responsabilité. Sans doute la définition des id ciens convient aux jugements abstraits et réfléchis, tels que ceuxi ■ deux et trois font cinq, - Dieu est bon. - la terre^est ron^^: dans tous ces cas, en effet, le jugement suppose : 1» deux idées préexistantes; 2» une comparaison entre ces deux idées; 3» la nerception du rapport. Mais n'y a-t-il que des jugements réfléchis? Hamener tout jugement, toute connaissance à l'établissement d'un rapjjort entre deux idées antérieurement conçues et comparées, c est admettre que lesprit humain débute parl'abstrait. Qui voudrait soutenir cette thèse psychologique? Avant les jugemente réfléchis, il faut donc admettre comme début de la connfissrce des jugements ;>r.m.7iA, spontanés, qui ne font qu'exprimer une perception concrète. Dans ces jugements spontanés l'esprit ne lie pas une idée avec une autre idée, il les aperçoit ensemble, il connaît simultanément le sujet et l'attribut. L'enfent ne dit pas d'abord • « ce mur est blanc », après avoir comparé les idées du mur et de la blancheur ; il a une perception simultanée, concrète, du mur et de la blancheur, du sujet et de l'attribut : ce n'est que peu à peu qu'il isolera les deux termes impliqués dans sa perception, qu'il extraira de ses jugements spontanés des idées abstraites et générales et qu il pourra formuler le jugement logique et réfléchi : ce mur est blanc. Non seulement la théorie des logiciens est incomplète, mais elle rend impossible tous les jugements qui affirment l'existence, comme : j existe, les corps existent. Si ces jugements, en effet, sont le résultat d'une comparaison, avant de dire : j'existe, je dois avoir deux idées : celle du moi et celle de l'existence, les comparer allirmer enfin qu'elles se conviennent. Mais de ce que les idées de moi et de l'existence se conviennent, il ne résulte pas que le moi existe, mais seulement que les idées du moi et de l'existence n« sont pas en contradiction. Je dirai donc : je puis exister, je ne dirai jamais : j existe. Le même raisonnement serait applicable au juge-