‹ Histoire de la philosophie [microform], les problèmes et les écolesChapitre 54 sur 79 · HISTOIRE DE LA PPIILOSOPHIE · texte numérisé non relu

HISTOIRE DE LA PPIILOSOPHIE

0 mon cher Socrate, s'écrie dans le Banquet l'étrangère de Mantinée, ce qui peut seul donner du prix à la vie, c'est le spectacle de la beauté éternelle. Quelle ne serait pas la destinée d'un mortel à qui il serait donné de contempler le beau sans mélange, dans sa pureté et simplicité, non pas revêtu de chairsou de couleurs destinées à périr, à qui il serait donné de voir face à face, sous sa forme unique, la beauté divine? {Banquet , 210 sqq.)

Enfin ce Dieu, terme suprême de la dialectique et de l'amour^ est un Dieu vivant ; ce n'est pas une entité logique sans conscience et sans personnalité.

Eh quoi! nous persuadera-t-on facilement, dit Platon dans le Sophiste, que dans la réalité le mouvement, la vie, l'âme, l'intelligence, ne conviennent pas à l'être absolu, que cet être ne vit ni ne pense, et qu'il demeure immobile et immuable sans avoir part à l'auguste et sainte intelligence? {Sophistey 248 E.)

En même temps que Platon s'élève à Dieu spontanément par le* mouvement ascensionnel de la dialectique et de l'amour, il cherche aussi à l'établir par le raisonnement, et c'est à lui que commence l'histoire de ce qu'on appelle les preuves de l'existence de Dieu*.

1° Preuve par la cause efficiente. — « Tout ce qui naît, itav x^ •y£vo[x£vov [Timéej 37 B) procède nécessairement d'une cause. La cause et ce qui produit est la même chose. Ce qui produit précède par nature {^Yi^ziidi xaxà cputjtv), et ce qui est produit vient à la suite. {Phil.y 7.) Ily a donc une puissance (ouva[xt;) capable de faire que les choses deviennent ce qu'elles n'étaient pas auparavant : lOKh

}xr\ -TrpoTEpov ouatv uaxspov -^i^-^z's^'xi {^Sophiste^ 205 b),

2° Ce gui est dans Veffet est idéalement dans la cause.

Ne dirons-nous pas que notre corps a une âme ? — Oui. — D'où l'aurait-il prise, mon cher Protarque, si le corps de l'univers lui-môme n'était pas animé? — Il ne peut y avoir de sagesse et d'intelligence là où il n'y a pas d'âme. Ainsi tu diras qu'il y a dans Jupiter, en qualité de cause, une âme royale, une intelligence royale. {Philèbey 30.)

3° Preuve par la cause motrice. — Platon, avant Aristote, avait déjà prouvé Dieu par le mouvement; c'est l'objet d'une très longue démonstration dans le dixième livre des Lois, Il est vrai que dans ce passage, il s'agit plutôt de l'Ame du monde que de Dieu ; mais cette âme du monde est produite par Dieu.

« 11 y a deux sortes de substances : celles qui peuvent communiquer leur mouvement à d'autres, mais qui n'ont jamais la force de se mouvoir ellesmêmes, et celles qui se meuvent elles-mêmes et aussi d'autres substances. »> La substance qui se meut soi-même est donc la cause du mouvement pour celles qui ne se meuvent pas elles-mêmes. « Tout ce qui appartient à l'âme

Page 1