‹ Histoire de la philosophie [microform], les problèmes et les écolesChapitre 75 sur 79 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

École condîllacîenne. — Insistons surtout sur la philosophie française de notre siècle, qui nous intéresse particulièrement. Au sortir de la Révolution la philosophie était encore tout entière sous l'influence de l'école de Gondillac, qui se divisait en deux branches : les physiologistes et les idéologues. Le condillacisme phy^iU^ique est représenté par Cabanis ; le condillacisme idéologique par Destutt de Tracy.

Cabanis (1757-1808) est le premier écrivain français qui ait traité philosophiquement et TnéthodiauÊPient .des rapports du physique

1. Ce résume de la philosophie française de notre siècle est emprunté au Manuel de l'histoire de la philosophie d'Ueberweg, qui nous

l'avait demandé et l'a fait traduire en allemand pour l'introduire dans son ouvrage.

et du moral. C'est le sujet du livre qui porte ce titre *. Cet ouvrage se compose de douze mémoires qui traitent successivement de l'histoire physiologique des sensations; de l'influence des âges, des sexes, des tempéraments, des maladies, du régime, des climats; de l'instinct, de la sympathie, du sommeil, de l'influence du moral sur le physique, des tempéraments acquis. C'est une mine très riche de faits intéressants; mais l'esprit de l'ouvrage est tout à fait matérialiste. Le moral n'est autre chose que le physique considéré sous certains points de vue particuliers. L'âme n'est pas un être, mais une faculté; la pensée est une sécrétion du cerveau. Plus tard, dans sa Lettre sur les causes premières adressée à Fauviel (in-8% Paris, 1824), Cabanis modifia profondément ses idées. 11 admet une cause du monde douée d'mtelligence et de volonté, et conclut à une sorte de panthéisme stoïcien. Destutt de Tracy (1754-1836) modifia la doctrine de CondiUac, en essayant d'expliquer la notion d'extériorité que la sensation pure ne pouvait donner. Suivant lui, il n'y a que le mouvement volontaire qui nous apprenne l'existence des objets extérieurs. Action voulue et sentie d'une part, résistance de l'autre : voilà le lien entre le moi et le non-moi, La même vertu sentante ne peut vouloir et se résister à elle-même. Une matière sans résistance ne pourrait être connue. Un être qui ne ferait pas de mouvements ou qui en ferait sans les sentir ne connaîtrait rien hors de lui. Tracy tire cette conséquence qu'un être absolument immatériel ne connaîtrait que lui-même. Les ouvrages de Tracy sont : 1° les Eléments d'idéologie (2 vol. in-8», Paris, 1804) et le Commentaire sur V Esprit des Lois (Paris, 1819).

École théologîque. — L'école sensualiste n'était que la suite de la philosophie du xviu« siècle. Ce qui caractérise au contraire la philosophie du xix« siècle dans sa première période, c'est la réaction contre le sensualisme. Cette réaction est double. Il faut distinguer : 1« Técole théologique; 2« l'école spiritualiste.

Trois noms principaux se font remarquer dans l'école théologique : De Donald ^ l'abbé dé Lamennais, Joseph de Maistre.

1. Les Rapports du physique et du moral sont insérés dans les deux premiers volumes des Mémoires de la cinquième classe de l'Institut (classe d'idéologie) et furent publiés séparément en 1812. (Ueberweg, Grundriss, III,

2" édit.)

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