ÉCOLE ÉPICURIENNE
92. Vie et œuvres d'Epicure. — Le fondateur de l'école épicurienne naquit à Samos, ou, peut-être, à Athènes, vers l'an 341 av. J.-C. Son père était un maitre d'école et sa mère une magicienne, C'est en accompagnant cette dernière dans ses courses auprès des malades, qu'il contracta une haine souveraine pour la superstition. À l’âge de trente-six ans, il enseigna à Athènes. A l'instar des Pythagoriciens, il forma, avec ses disciples, une espèce de Communauté où l'on menait une vie, apparemment du moins, très austère. I] mourut en 270, après avoir beaucoup écrit, Il ne nous reste de ses ouvrages que quelques fragments qui contiennent toute sa doctrine.
93. Caractères généraux de la Philosophie Epi. curienne.—] a philosophie d’Epicure est 1° égoïste: rendre le moi heureux, l’exempter de tout souci, de toute préoccupation ; n'avoir cure ni de la chose publique ni des autres, tel doit être le but de la philosophie, 2° Pessimiste: la fin de la vie humaine, selon Epicure, étant le plaisir, n'est-ce pas poser le principe d’une existence pleine de déceptions amères ? 3 [mpersonnelle : la doctrine épicurienne
manque tout à fait d'originalité. C'est la réédition, sauf quelques modifications, des théories de Démocrite et d'Aristippe de Cyrène. 4° Utilitariste: l’utile est le but et la loi de la philosophie: c'est un axiome d'Epicure.
94. La Canonique Epicurienne.—Dans une première partie de sa philosophie, Epicure trace les lois, les canons auxquels doit se conformer la raison dans ses opérations. Pour arriver au bonheur, en effet, l’homme doit faire un bon usage de cetie faculté, il lui est nécessaire d’avoir des règles qui lui permettent de distinguer le vrai du faux. La canonique n’a donc pas une valeur absolue, elle ne vaut que relativement, en tant qu'elle est ordonnée à la morale, à la science du bonheur. C'est dire tout de suite qu’elle doit être de même nature que le but auquel elle conduit, elle porte l'empreir * du sensualisme.
La canonique contient la théorie de la connaissance. Cette doctrine n’est guère que la reproduction de celle de Démocrite. Suivant Epicure, la connaissance comprend deux éléments : la sensation et l’anticipation.
Qu'est-ce que la sensation? C’est une impression produite dans l’âme par des émanations et des effluves qui s’échappent des objets extérieurs. Ces effluves, ces émanations, pénètrent jusqu’à l’âme au moyen du canal des sens. Les sens ne se trompent jamais, pour la bonne raison que leur rôle consiste à recevoir d’une façon passive les images c'es objets extérieurs. Ils sont comme des miroirs. L'erreur peut
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