‹ Histoire de la philosophie [microforme]Chapitre 4 sur 137 · EE · texte numérisé non relu

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stérile. 3 Un Préservatif : l'esprit humain s'est Souvent égaré—l'Histoire de la Philosophie nous en est témoin. Soit Par présomption, soit par préjugé, ou à défaut d’une méthode sûre, il a maintes fois déclaré la guerre à la vérité. Au commencement, certains principes, sous l'étiquette du vrai, ont fait leur chemin. Les conséquences désastreuses, dans l'ordre intellectuel, moral et social, auxquelles ils ont donné lieu, nous en font bien voir toute la fausseté. Ce spectacle qu'offre à nos yeux l'histoire des doctrines philosophiques ne Peut manquer de nous Prémunir contre bien des dangers, 4 Un guide éclairé : les idées mènent le monde. Teïles idées, telles mœurs, Ce sont là des axiomes courants, En d’autres termes, les actions sont les pensées mises en pratique, et selon que l’homme aura de bonnes cu de mauvaises idées, il agira bien ou mal, Cet adage, vrai pour les individus, s'applique à la lettre aux nations. Conséquenment, Potir se rendre compte des événements d'une époque, pour bien apprécier le tournant de l’histoire d’un peuple, l'historien dev -a connaître les théories philosophiques de ce peuple. L'Histoire de la Philosophie est donc un guide éclairé qui nous Conduit avec sûreté dans ce labyrinthe si obscur de l’histoire des nations. Et à ve titre, on l’a appelée le flambeau de l’histoire. Descartes a certainement exagéré en prétendant qu’il n’y a rien à apprendre dans les livres et les récits des philosophes : ; et renoncer, avec lui, au Enr CO ON Se 1. Les Principes.

riche patrimoine légué par nos devanciers, c'est nous condamner à une indigence fatale.

D'autre part, n’allons pas, comme quelques-uns le font, confondre la philosophie avec l'étude de son histoire et en faire une simple science d'érudition. Cette tendance, de plus en plus marquée dans cettains milieux, a le grave défaut de substituer la mémoire à la réflexion, de désintéresser l'esprit de tout effort personnel et sérieux. Elle forme les dilettantes en philosophie et prépare aux plus terribles catastrophes. La pernicieuse erreur du modernisme est due en partie à cette façon de philosopher. On pérore sur tous les systèmes, on disserte sur toutes les questions, mais on n’a pas ce qui est nécessaire pour découvrir l'erreur.

3. Mithode de l'Histoire de la Philosophie. — Nombreuses sont les méthodes suivies pour retracer l'histoire de la philosophie.

La plupart des auteurs exposent la succession des écoles dans leur ordre historique.

Quelquefois, on prend l’un après l’autre, dans leur ordre dogmatique, les grands problèmes de la philosophie ; on en fait l'historique, en en marquant les origines, les phases diverses. Cette méthode a été employée, pour la première fois, par MM. Janet et Séailles dans leur Histoire de la Philosophie : les problèmes et les écoles.

D'autres font l'historique non des problèmes mais des grands systèmes qui se partagent l’histoire de la philosophie.

On peut se contenter d’une simple <hronologie

des faits en notant d'année en anné: les noms «des philosophes et leur effort intellectuel.

Une autre méthode consiste à traiter l'histoire de la philosophie comme l'histoire générale, c'est-à-dire à la partager en trois époques : ancienne, médiévale, et moderne ; puis, d ,; chaque époque, à grou- ‘per les hommes en écoles et les doctrines en Systèmes. C'est la méthode à la fois chronologique et logique. Dans une histoire élémentaire de la Philosophie, cette dernière méthode nous Parait préférable, Chronologique, elle est de beaucoup plus simple pour les élèves d'ores et déjà au courant des grandes divisions de l'histoire ; logique, elle a l'avantage de leur DPréseiter, aux différents âges, les philosophes et les doctrines, unis ensemble comme en un faisceau, et non pas, ici et Jà, jetés pêle-mêle, sans aucune Jiaison entre eux,

4. Divisions de l'Histoire de la Philosophie — Comme l'histoire générale, nous diviserons l'Histoire de la Philosophie en trois grandes époques : l'Antiquité, le: Moyen âge, les Temps Modernes.

I. L'Antiquité ou la Première Epoque : de Thalès (600 av. J.-C.) à Ja Suppression des écoles philosophiques par l’édit de l'empereur Justinien (529 ap. J.-C.).

IT. Le Moyen âge ou la Deuxième Epoque : de l'édit de Justinien à la Renaissance (1500).

IT. Les Temps Modernes ou la Troisième Epoque : de la Renaissance à nos jours.

Chaque époque se subdivise en Périodes et chaque Période en Æroles.

Pas n'est besoin de dire que ces divisions n'ont rien de mathématique,

Au surplus, il importe de déclarer que dans une Histoire de la Philosophie et surtout dans une Histoire élémentaire, on ne peut accorder à tous les philosophes une égale attention. Plusieurs seront nécessairement relégués dans l'ombre. Natre tâche se bornera donc—toujours avec impa .lité — à mettre en relief la pensée des grands maitres et des grandes écoles qui, successivement, ont jeté une lumière plus vive sur les graves problèmes relatifs à l'homme, au monde, à Dieu, et ont plus puissamment contribué aux progrès de la philosophie à travers les siècles.

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