‹ Histoire de la philosophie [microforme]Chapitre 47 sur 137 · Vie de sainte Monique, p. 497, Paris · texte numérisé non relu

Vie de sainte Monique, p. 497, Paris

tence, il en a conçu le Plan. Chaque être dans le monde est la réalisation d’une idée divine, C’est ce qu'on a appelé la théorie de l'exemplarisme divin. Tous les attributs en Dieu s'identifient avec son essence,

129. Cosmologie augustinienne, — I] y a dans les créatures matière ct forme. Pour saint Augustin, ici et là, dans ses Ouvrages, la matière semble être une masse cahotique créée par Dieu, 1] enseigne aussi que la matière possède des germes latents, que Dieu lui a donnés. Ces germes latents, forces actives, se développent à la faveur des circonstances opportunes et produisent les êtres de ce monde. C'est ce qu’on a appelé la théorie des rai- Sons séminales.

130. Psychologie augustinienne.— Saint Augustin prouve la spiritualité de l’âme par la connaissance qu'elle a d’elle-même, et par la nature des opérations de l'intelligence : a spiritualité le conduit à l'immortalité. Quant à l'origine de l'âme, il est hésitant. C'est la transmission du péché originel qui

l'embarrasse. Tantôt il penche du côté du traducianisme SPirituel, tantôt il accepte le créatianisme. L’unicité de l’âme et sa simplicité ne font pas de doute ; pour ce qui est de son union avec le corps, il semble, durant quelque temps, avoir opté pour l'union accidentelle de Platon. Mais, plus tard, il écrit bel et bien que “l’homme est une substance raisonnable, composée de corps et d'âme: komo est Substantia rationalis constans ex anima ct corpore ”. De Trinitate, L. XV, ch. VII, No. tr.

Contre les académiciens, dont les doctrines l'attirèrent dans sa jeunesse, il défend l'existence de la certitude. Ses arguments sont la conscience du moi et le doute : omnis qui se dubitantem intelligit, verun intelligit, et de hac re quam intelligit certus est. Il admet aussi la certitude des premiers principes. Selon l'évêque d'Hippone, Dieu concourt à la formation de nos connaissances intellectuelles, parce qu'il est le maître intérieur qui instruit l'âme, la lumière dans laquelle nous voyons la vérité. Dans cette doctrine, quelques-uns ont cru trouver les germes de l'ontologisme. Cette interprétation doit être rejetée, parce que saint Augustin refuse formellement toute vision immédiate de Dieu en cette vie. Il est plus exact de dire que, suivant saint Augt:tin, l'intelligence, pour atteindre la vérité, a besoin de la lumière divine, comme la volonté a besoin du concours divin pour pratiquer la vertu. Cette théorie de l'illumination de l'intelligence est basée sur ce principe que notre raison, d'elle-même, dans l’ordre surnaturel, est incapable d'arriver au vrai. Par conséquent, contrairement à ce que prétendent les ontologistes, Dieu n'est pas l'objet direct et immédiat de notre vision intellectuelle, mais bien la cause efficiente de nos idées. Le grand philosophe africain en était arrivé à ces conclusions après avoir admis, partiellement, il est vrai, la théorie de la réminiscence de Platon.

11 fait large la part de la v '-nté dans l'acquisition de la connaissance. En effet, même dans l'ordre purement rationnel, l'intelligence se heurte à des

mystères sans nombre, et donc, il faut que la volonté intervienne pour la faire sortir de son état d'hésitation, * La vision du vrai, écrit-il, est l'apanage de celui qui vit bien, qui prie bien et qui étudie bien, ” Tout en reconnaissant le rôle de la volonté, il ne l'exagère pas. [1 n'est Pas Un partisan du so/onturisme moderne, base de la philosophie de l'action, d'après laquelle ja vérité eMprunterait sa certitude, non à l'évidence d'un jugement, mais à l'assurance d'un acte de volonté. Par ailleurs, l'intellectualisme excessif ne lui sourit pas. [1 se tient dans un juste milieu.

131. Morale augustinienne. — Dieu étant notre souverain bien et notre fin ultime, toute la morale consiste à diriger notre activité libre vers lui, Ea distinction entre le bien et le mai ne vient pas de la volonté divine, mais de l'ordre essentiel des choses, Ainsi, le vol est mal non pas parce que Dieu le défend, mais Dieu le défend parce qu'il est en 2pposition avec cet ordre, Le fondement de l'obligation morale est le souxerain domaine de Dieu sur toutes choses. Le bien n'oblige pas parce qu'il est bien, mais parce que Dieu nous commande de le faire, lui, notre maitre.

132. Quelques autres. — Parmi les Pères latins, on peut citer encore saint Cyprien, évêque de Carthage (200-258) : Arnobe qui, au commencement du IVe siècle, écrivit une Apologie du christianisme; Lactance, disciple d’Arnobe, qui combattit le polythéisme et la philosophie païenne : saint Hilaire, évêque de Poitiers, et saint Ambroise, évêque de

Lo

Milan, qui s'illustrèrent par leurs luttes contre l'arianisme : saint Jérôme, le grand exégète, célèbre aussi par ses attaques contre l’arianisme.

Deuxième Période

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