AVERTISSEMENT, V
plus générale , tels que l'ouvrage sur le perfcctionnement moral ou l'éducation cle soi-même , le traité de l'éducation des sourds-muets de naissance^ le cours normal des instituteurs primaires , le traité de la bienfaisance publique, etc. Mais, dès le mois de juillet 1827, mon père avait repris et continué son Histoire de la philosophie, et, suivant une constante habitude de sa vie, il avait consacré, par une méditation, la reprise de ce travail, comme il l'avait fait en 1808, lorsqu'il entreprit celui doat il avait été chargé par la troisième classe de l'Institut. Ces méditations se sont trouvées dans ses manuscrits, et je ne crois pouvoir mieux initier les lecteurs de son ouvrage à la véritable pensée qui l'a inspiré, qu'en leur offrant un fragment de la méditation qui en a précédé la rédaction et qui porte la date des 8 et 9 juillet 1827.
« Ce travail se lie au but de ma vie : il entre essentiellement dans la recherche de la propagation du vrai et du bon, et de leur alliance.
» La science de la sagesse ne préside-t-elle pas à cette grande alliance ? N'est-elle pas la législatrice de la raison humaine ? Et quel est le premier fondement de cette science, si ce n'est l'étude de nos propres facultés?
VI AVERTISSIÎMENT.
» Peut-on répandre sur ses principes une plus grande et plus sure lumière qu'en offrant le tableau de la marche de l'esprit humain? Assister aux recherches , aux efforts , aux méditations de tant de génies élevés qui se sont consacrés à la science de la sagesse, recueillir les vérités qu'ils ont découvertes, en observer l'influence, reconnaître aussi leurs erreurs, les causes et les suites de ces erreurs, y a-t-il rien de plus digne de nos études, de plus capable de donner de bonnes directions à notre pensée?
» Par quelle voie, si ce n'est par celle-là, la vraie et saine philosophie peut-elle être remise en lumière et en honneur? Du moins, y a-t-il rien de plus utile pour préparer convenablement une si haute restauration ?
» N'est-ce pas l'entreprise socratique, telle que l'invoquent les besoins de notre siècle et l'état actuel de la société ?
» C'est en présence de Dieu , dans un recueillement religieux , que je reprends cet immense travail.
» Dieu m'est témoin qu'aucune idée personnelle, d'amour-propre ou autre, n'entre dans mes motifs ; qu'en essuyant d'élever ce monument, je