‹ Histoire de la philosophie pendant la révolution (1789-1804) [microform]Chapitre 28 sur 35 · ET VILLERS · texte numérisé non relu

ET VILLERS

KINKER

Né, en plein dix-huitième siècle, du scepticisme de Hume et du rationalisme de Rousseau, le kantisme répondait, par son caractère à la fois scientifique, moral et libéral, aux meilleures aspirations du temps et semblait fait pour être la philosophie de la Révolution. C'est ce que parut comprendre, en 1794, l'alsacien Muller, quand il se proposa de propager le kantisme en France, afin d'y répandre comme un souffle de haute moralité et de donner à nos libres institutions un fondement théorique que le matérialisme ne pouvait leur fournir. Mais la mort de ce professeur distingué, survenue en 1795, l'empêcha de mettre son projet à exécution K Néanmoins, le kantisme pénétra peu à peu chez nous. Déjà les Mémoires de l'Académie de Berlin, qui étaient écrits en français, avaient commencé à le faire connaître. La traduction des

* V. la Revue philosophique de Ribot (juillet 1888).

Observations sur le sentiment du beau et du sublime (1796), puis celle à'Un Projet de traité de paix perpétuelle (1798) et celle de la Théorie de la pure religion morale (1800), le mirent plus directement en rapport avec le public philosophique de notre pays ^ Enfin les savants travaux de Gérando (1790-1800), le célèbre ouvrage de Villers (1801), ainsi que la traduction de l'opuscule de Kinker sur la critique de la raison pure (1801), appelèrent encore plus fortement sur lui l'attention des français éclairés.

' L'opuscule de Kinker, traduit du hollandais par Le Fèvre, fut assez bien accueilli par l'Institut et donna lieu à des discussions intéressantes, bien qu'un peu confuses, entre des gens qui ne connaissaient guère mieux l'allemand que la doctrine de Kant. Celui qu'on peut regarder comme le chef de la philosophie française, à cette date, le laborieux Tracy ne dédaigna pas de consacrer à ce livre un long"^ travail qu'il lut à la savante Compagnie, le 7 et le 3o floréal, an X, et qui a été reproduit dans le tome IV de ses Mémoires. C'était le sensualisme français, avec ses habitudes d'observation et d'analyse, qui résistait, non sans vigueur, aux premières attaques de l'idéalisme spéculatif et aventureux de l'Allemagne, et qui opposait à ses vastes synthèses des critiques, qui ne sont pas toujours fondées, mais qui sont toujours empreintes de la précision et de la netteté particulières à l'esprit de notre nation.

1 Revue philosophique (octobre 1888), p. 4»^*

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Tracy établit d'abord un parallèle entre Tétat de la philosophie en Allemagne et son état en FYance. Suivant lui, il y a encore en Allemagne des chefs d'école et de secte, comme il y en avait dans l'antiquité; il y a des leibnitziens et des kantiens, comme il y avait autrefois des platoniciens et des péripatéticiens, et les uns et les autres jurent encore sur la parole du maître. En France, au contraire, les chefs d'école sont inconnus; car Condillac, auquel on donne quelquefois ce titre, a fondé une méthode, non un système, une méthode qui consiste précisément à se borner à l'étude des faits, sans se permettre de les systématiser. Aussi, pendant qu'ailleurs on spécule à la fois sur la métaphysique, la morale et la politique, c'est-à-dire sur l'ensemble des choses, chez nous, on se contente d'observer les faits et d'expérimenter. — Si plausibles que ces considérations puissent paraître, elles prêtent le flanc à plus d'une objection. Se borner, comme le veut Tracy, à étudier les faits, sans jamais les coordonner en système, c'est faire de l'empirisme, non de la science; car la science n'étudie les faits que pour s'élever aux théories et, quand les vraies théories sont impossibles, elle imagine des hypothèses, c'est-à-dire des théories provisoires, plutôt que de s'en tenir à des faits épars et sans lien entre eux. Faire de la politique, sans se préoccuper de la morale, et de la morale, sans se préoccuper de la métaphysique, et reculer constamment devant une conception générale des choses, c'est se condamnera considérer isolément

les diverses parties de la réalité et à faire abstraction des rapports qui les éclairent et les expliquent. Aussi Condillac lui-même a-t-il eu, quoi qu'en dise notre auteur, son système, en même temps que sa méthode; car il a subordonné toutes ses idées à un seul principe, au principe de la sensation transformée. Bien plus, il a été, lui aussi, un vrai chef d'école, et un chef si autorisé, que la plupart de ses disciples ont accepté, en quelque sorte sur parole, le principe de sa philosophie Ajoutons que, bien loin de s'en tenir à l'observation des faits, Tracy lui-même a tenté de les subordonner à quelques idées maîtresses, et de faire de l'idéologie, de la grammaire, de la logique et des autres parties de la connaissance humaine un seul et même corps, réhabilitant ainsi dans la pratique cet esprit de système qu'il lui avait paru bon de condamner dans la spéculation.

Une fois entré dans Tétude détaillée du système de Kant, Tracy se montre plus exact et plus pénétrant. Il remarque d'abord que ce système nous étant présenté comme une rénovation de l'esprit humain, il doit reposer sur la connaissance de l'esprit humain lui-même, c'est-à-dire sur l'idéologie. Il examine ensuite en quoi l'idéologie de Kant consiste et se demande ce qu'elle vaut. Il prend les vues du philosophe allemand sur la sensibilité, sur l'entendement et sur la raison, les rapproche de ses vues propres, et en fait ressortir les défauts prétendus ou réels. Kant, dit-il, définit la sensibilité la faculté de recevoir des impressions immé-

diates des objets sensibles, et il a raison; mais il a tort d'en faire une faculté purement passive. Quand, en effet, les objets agissent sur la sensibilité, celle-ci réagit sur eux, sans quoi il n'y aurait pas de perception, comme cela arrive dans la syncope, dans le sommeil et dans la simple distraction.

Quant à l'entendement, Kant le définit la faculté que nous avons de réunir les impressions diverses des objets sensibles et d'en former des conceptions auxquelles nous rapportons les perceptions particulières et immédiates, et il le déclare actif. — Tracy fait observer, non sans finesse, que le philosophe allemand réunit ici, sous une même dénomination, la faculté de concraire et celle d'abstraire, la faculté de former l'idée totale d'un individu, en combinant des perceptions partielles, et celle de former l'idée d'un genre ou d'une espèce, en réunissant des perceptions particulières, c'est-à-dire l'imagination, d'une part, et la généralisation, de l'autre. Il remarque aussi que Kant néglige, dans sa classification, une opération capitale, celle de juger, c'est-à-dire d'apprécier les rapports de convenance ou de disconvenance que peuvent avoir entre elles les idées combinées ou réunies, ce qui constitue, dans son idéologie, une lacune importante.

Une théorie de Kant que Tracy attaque non moins vivement que la précédente, c'est celle qui porte sur la distinction des vérités pures et des vérités empiriques. Suivant Kant, il y a deux sources

d'où découlent toutes nos connaissances, les facultés inhérentes à notre être et leur application aux objets. Or, nos connaissances pures découlent de la première et nos connaissances empiriques de la seconde. Ici, Tracy s'arrête et se récrie contre ce qu'il appelle une épouvantable équivoque. Sans doute, dit-il, il y a deux principes de connaissance, les facultés des êtres sentants et les propriétés des êtres sentis; mais nos connaissances dérivent de leur concours : il n'y en a aucune qui provienne de nos facultés seules, abstraction faite de leurs

objets.

Nous ne voulons pas discuter en détail toutes les objections que Tracy élève contre le système de Kant. Nous ferons seulement remarquer que ce dernier, bien loin de méconnaître le jugement, comme le prétend son adversaire, distingue avec profondeur les produits de cette faculté, sous les noms de jugements analytiques et de jugements synthétiques, et que si les connaissances pures dont il parle ne se manifestent pas en nous indépendamment de la connaissance des objets, elles constituent les lois mêmes qui président à cette connaissance.

Malgré cela, la critique de Tracy n'est pas indigne de ce philosophe. Elle contribua certainement, avec les savants mémoires de Gérando et avec les mémoires un peu diffus et un peu confus de l'honnête Mercier, qui avait cru devoir prendre fait et cause pour le penseur allemand, à répandre parmi nous la connaissance des doctrines kantiennes.

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Quelques mois avant la publication du livre de Kinker, Charles de Villers avait fait paraître le sien, qui remua tout autrement les esprits. Ne, eu 1765, à Boulay, en Lorraine, d'une famille protestante, Villers s'était d'abord enthousiasmé pour la Révolution; mais il ne tarda pas à se tourner contre elle. Il était alors capitaine d'artillerie. Obligé de renoncer à sa carrière et de chercher un refuge en Allemagne (1792), il s'assimila si bien, durant le séjour qu'il y fit, la langue et la littérature germaniques qu'il put être nommé, à un certain moment (181 1), professeur à l'Université de Gœttingue. Il mourut en 181G, laissant plusieurs ouvrages importants : ses Lettres jvestphaliennes sur plusieurs sujets de philosophie, de littérature et d'histoire (1797) ; sa Philosophie de Kant ou Principes fondamentaux de la Philosophie transcendan- /t7/e(i8oi), et son Essai sur l'esprit et l'injluence de la Réforme de Luther, qui fut couronné par l'Institut, en 1804, et qui a eu cinq éditions.

La Philosophie de Kant — le seul ouvrage de Villers dont nous voulons nous occuper — est précédé d'une préface, où l'auteur avertit ses lecteurs de ne pas se laisser rebuter par les formules abstruses du philosophe allemand et par son langage technique. Ce langage et ces formules oflVent, suivant lui, plus d'avantages que d'inconvénients. Chaque science, dit-il, a sa langue propre, qui lui sert à rendre avec plus de précision et de rigueur les idées qui rentrent dans son domaine. On ne voit pas dès lors pourquoi la philosophie n'aurait pas la

sienne et pourquoi elle serait tenue de s'exprimer avec élégance pour se faire accueillir. Il est à peu près aussi essentiel, ajoute-t-il spirituellement, à un métaphysicien d'écrire élégamment qu'à un général d'armée de danser avec grâce.

L'ouvrage de Villers se divise en deux parties. La première contient, sous le titre de notions préliminaires, une sorte d'introduction à l'exposition de la doctrine kantienne ; la seconde renferme cette exposition même.

L'auteur débute par des vues sur la philosophie en général, qui offraient, à leur date, une véritable nouveauté, et qui soutiendraient encore aujourd'hui la comparaison avec celles que nos plus célèbres rationalistes ont émises depuis sur la même matière. Il met à nu, aussi nettement que Cousin Ta fait plus tard, la racine profonde et cachée de la philosophie. Il la trouve dans le besoin désintéressé de connaître et de relier entre elles toutes ses connaissances, qui distingue non seulement l'homme de l'animal, mais encore l'homme réfléchi de l'homme ordinaire, et qui le porte à remonter, de pourquoi en pourquoi, jusqu'à un principe devant lequel tout pourquoi s'arrête et qui a pour caractère d'être inconditionnel et absolu. C'est sous l'impulsion de cet attrait irrésistible vers le grand savoir, que l'homme connaît et apporte dans l'hétérogénéité de ses connaissances l'homogénéité qui en fait un tout vivant et harmonieux.

Parmi les philosophes, les uns ont demandé l'explication totale et suprême des choses aux sens et

à rexpérience ; les autres, à la raison et à la spéculation. La doctrine des premiers est, suivant Villers, une doctrine commode, mais puérile, qui marque partout Tenfance des individus et des sociétés. Elle est fort proche parente de cette physique, qui voit dans la lune un disque d'argent et dans le soleil un globe d'un pied de diamètre. La doctrine des seconds est plus abstruse, mais beaucoup plus satisfaisante: car elle s'appuie sur des principes d'une solidité incontestable, et qui ont pour caractères Tuniversalité et la nécessité. L'expérience, en effet, ne nous donne qu'une certitude analogique et approximative, tandis que la raison nous procure une certitude apodictique et absolue. La certitude du retour alternatif du jour et de la nuit, dans l'espace de 24 heures, avait été tenue longtemps pour absolue, sur la foi de l'expérience : elle a été détruite par la découverte des régions polaires. Mais il ne saurait en être de même de celle des vérités rationnelles : nulle découverte n'ébranlera jamais la certitude que tout ce qui arrive a une cause et que deux quantités égales à une troisième sont égales entre elles. Non seulement de tels axiomes sont vrais toujours et partout, mais leur contraire est absurde et implique contradiction : « Sent-on, s'écrie Villers, la puissance irrésistible de conviction avec laquelle ces axiomes se présentent et se font adopter ; l'autorité despotique avec laquelle ils forcentàconvenirde leur universalité et de leur nécessité? Sent-on l'absolu et l'inconditionnel, qui est

caché en eux? Aperçoit-on la lumière qui éclate, dès qu'ils se montrent ^ ? »

Non content de défendre le rationalisme en luimême, Villers montre qu'il a toujours constitué l'essence de la philosophie, tandis que l'empirisme n'y a jamais été qu'un accident. Il apparaît, en effet, dès l'âge d'or de la pensée grecque, dans cet ensemble de règles universelles et nécessaires, qui constituent la logique formelle et qui sont comme la législation éternelle des intelligences ; dans les spéculations métaphysiques relatives à Dieu, à l'àme et au monde — qu'elles aient du reste un caractère positif ou un caractère négatif— et aussi dans les principes fondamentaux qui doivent régir les hommes en société et qui ont pour essence le devoir. Quant à l'empirisme, il n'a joué qu'un rôle secondaire dans l'histoire de la philosophie. Il domine, il est vrai, en France, à l'heure qu'il est, mais c'est là un fait qui ne tire pas à conséquence. Dans un pays aussi anti-métaphysique, dit Villers, qui n'est pas précisément tendre pour ses compatriotes, devait triompher une philosophie aussi peu métaphysique que possible, celle de Locke, devenue moins métaphysique encore entre les mains de Condillac, une philosophie qui cherche l'explication des choses, non dans les principes, mais dans les faits; non dans les faits les plus supra-sensibles, mais dans un fait sensible entre tous, dans la sensation.

1 Villers, Philosophie de Kant, p. 21 5, 21G.

Cest, en effet, par la sensation transforme'e que rempirisme français rend compte de tout, sans se demander en vertu de quelles lois et par l'action de quelle force elle se transforme et comment le principe de contradiction, celui de raison suffisante, celui de causalité, avec leurs caractères d'universalité et de nécessité, peuvent dériver de la sensation particulière et contingente. Ajoutons, dit très bien Villers, que tout rapporter aux sens en métaphysique, c'est se condamner à tout rapporter au plaisir ou à l'intérêt en morale. Admettre le fait seul, dans la spéculation, conduit à admettre le fait seul, dans la pratique. La morale cesse dès lors d'être législatrice, pour devenir simplement observatrice et historienne. Comment, en effet, en partant de la doctrine du fait, c'est-à-dire de l'expérience, s'élèverait-on aux concepts universels et nécessaires du devoir et du bien, qui sont le fond de la raison pratique ?

Les principes de la raison une fois établis, on a vu avec quelle vigueur, à l'encontre de l'empirisme, Villers cherche à les expliquer , en se plaçant au point de vue, non plus du rationalisme en général, mais d'un rationalisme particulier, qui est le rationalisme critique. Platon, dit-il, rendait compte des vérités rationnelles par la réminiscence ; Descartes, par l'action perpétuelle de Dieu; Leibniz, par certaines prédispositions de l'esprit, auxquelles il donnait le nom assez mal choisi d'idées innées, mais qui n'en sont pas moins réelles ; car l'esprit a incontestablement sa nature, comme le corps. Or,

PENDANT LA RÉVOLUTION. SoQ

cette nature étant donnée , elle doit évidemment exercer son action sur le fait de la connaissance, c'est-à-dire que celui-ci doit résulter à la fois de la nature du sujet pensant et de celle de l'objet pensé. C'est déjà la distinction fondamentale du subjectif et de l'objectif, du transcendantal et de l'empirique, qui tient tant de place dans le système de Kant. Villers admet avec empressement cette distinction. Bien plus, à Texemple de Kant et à la différence de Leibniz, il en fait sortir une sorte de doute qui frappe d'incertitude les principes fondamentaux de nos connaissances. Nous sommes, dit-il, constitués de manière à concevoir, à propos des objets de nos perceptions, le temps, l'espace, l'unité et la multiplicité. Or, c'est une question que celle de savoir si ces conceptions répondent à des choses réelles ou si elles résultent de la constitution de notre esprit, qui juge les choses étendues ou durables, unes ou multiples, parce qu'il est ainsi fait, de même qu'une chambre obscure, munie d'un verre rouge à son ouverture, jugerait rouges — si elle pouvait juger — tous les objets extérieurs.

Non seulement Villers admet , comme Kant , la légitimité d'un pareil doute, mais il n'y soustrait, comme lui , qu'une seule conception, celle du devoir, sur laquelle il rétablit ensuite la certitude de toutes les autres. Il l'y soustrait, en se fondant sur ce que le devoir est la loi et la forme même du moi, le seul noumène que l'homme connaisse véritablement, vu qu'il le connaît directement par la conscience et sans l'intermédiaire des formes de la

3ra HISTOIRE de la philosophie

sensibilité et de Tentendement. Or, le devoir une fois posé, la liberté s'ensuit et avec elle la responsabilité et la dignité. Par cela seul, en effet, que l'homme est moral , il est digne. Digne de quoi ? Digne du bonheur; car une loi d'airain attache le bonheur à la vertu et le malheur au vice. Or, cette loi n'étant pas pleinement réalisée dans cette vie, elle le sera dans une autre ; et, comme elle ne peut l'être que par un être surnaturel, cet être surnaturel existe.

Nous ne discuterons pas la doctrine de Villers; nous dirons seulement que, malgré quelques inexactitudes de détail et quelques-uns de ces excès de plume, qui sont inséparables de toute réaction et qui ne doivent pas plus nous choquer chez un adversaire du sensualisme, comme Villers, que chez M. Taine ou chez tout autre adversaire du rationalisme, l'œuvre de l'auteur lorrain est une oeuvre importante, plus personnelle, plus animée et plus vivante que beaucoup de celles qui l'ont suivie. Aussi, elle contribua puissamment à répandre parmi nous la connaissance du kantisme et ne fut pas étrangère à l'idée que M'"" de Staël conçut d'en tenter une nouvelle exposition. Néanmoins l'Institut ne daigna pas s'en occuper : il est vrai que Villers ne l'avait guère ménagé, dans son livre. Par contre, la Décade^, où écrivaient plusieurs de ses membres, essaya de le réfuter ; mais cette réfutation ne fait pas grand honneur à cette estimable Revue.

Décide philosophique (3o fructidor, an IX).

PENDANT LA RîH^OLDTION.

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Ginguené — ou celui quel qui soit de ses rédacteurs qui tint la plume, — trouva plus commode de tourner en ridicule un ouvrage sérieux et, somme toute, digne de considération, que d'en discuter solidement la doctrine. On cherche, dans cette réfutation, des réflexions judicieuses, des raisonnements serrés, et on n'y rencontre que des plaisanteries d'un goût équivoque. C'est de la littérature et de la littérature d'assez mauvais aloi : ce n'est pas de la philosophie. Villers avait reproché à la critique française sa manie de faire de l'esprit, au lieu de faire de la science, et de substituer le persiflage et les airs suffisants à la discussion : l'écrivain de la Décade semble avoir pris à tâche de justifier un tel reproche.

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