CHAPITRE IX
Robert de Lincoln, GuillauiTie Schirvood, Vincent de Beau vais, Lambert d'Auxerre.
On vient de le dire, les conclusions de Guillaume d'Auvergne sont résolument réalistes, et Ton ne peut douter que la lecture habituelle des gloses arabes ne l'ait engagé dans la voie qu'il a cru librement choisir. Use défend néanmoins de jurer sur la parole de ses maîtres. Ils sont payons, il est chrétien, et sur tous les points où leur langage semble contredire la foi chrétienne, il n'hésite pas à les condamner. Roger Bacon nous le montre aux prises, en pleine école, avec de plus Mêles disciples d'Avicenne et d'Al-Farabi(l). De même nous le voyons, dans ses livres, constamment reprocher à d'autres maîtres, qu'il ne nomme pas, leur confiance aveugle dans toutes les thèses des interprètes arabes : « Beaucoup de gens, dit-il, dévorent « ces thèses comme elles s'offrent ; les ayant reçues « sans aucune discussion, sans aucun examen, sur le « champ ils les admettent et les tiennent pour très « vraies (2).» En fait, Guillaume peut se permettre de
(1) Opus tertium, cap. xxui,
(2) De anima, part. 111, cap. vu.