‹ Histoire de la philosophie scolastique (volume 3)Chapitre 14 sur 25 · IT'J HISTOIRE · texte numérisé non relu

IT'J HISTOIRE

blâmer les autres. Nous le jugeons téaiéraire ; il l'est moins que le plus grand nombre de ses contemporains. Il l'est beaucoup moins, par exemple, que Robert Greathead, ou Grosse-Téte, évêque de Lincoln.

Nous avons déjà recueilli quelques témoignages de Roger Racon sur ses contemporains. Des citations que nous avons faites on a pu conclure que ce docteur, d'un esprit très original et très indépendant, ne cède pas volontiers aux entraînements de la foule et ne porte pas ses hommages à toutes les renommées. Mais il exprime son admiration pour Robert de Lincoln en des termes qui n'ont vraiment aucune mesure. Qui, ditil, a le mieux connu les langues ? C'est Roëce. Qui a le mieux connu les sciences ? C'est Robert, évêque de Lincoln (1). Il dit encore (il faut reproduire le texte même de cet éloge hyperbolique) : Vulgus 2MI0S0- 'phantium seynper est imper fectwn, et pauci sapientissiûii fuerimt inperfectionephilosophiœ ut Salomon et deinde Aristoteles^ pro tempore suo, et... in diebiis nostris Robertiis, episcopus nuper Lincolniensis (2). Ainsi Roger Bacon a volontiers la même estime pour Salomon et pour Aristote ; mais, connaissant la théorie du progrès et ne craignant pas plus d'en abuser que certains de nos modernes, il place Robert de Lincoln au dessus de Salomon et d' Aristote, comme ayant eu l'avantage de venir après eux. L'hyperbole mise de côté, l'on n'hésitera pas à reconnaître que Robert de Lincoln fat un des hommes les plus savants, les plus distingués de son temps. Né à Strodbrook, village du comté de Suffolk, de très humbles parents, il avait fait

(1) Opu$ tertium, c. xxv,

(2) Ibid., cap. xxii.

ses premières études clans la ville d'Oxford, quand il vint à Paris entendre les maîtres de philosophie et de théologie. A son tour devenu maître, il quitta Paris et devint archidiacre de Leicester, puis, en 1235, évêque de Lincoln. Il mourut en 1253, excommunié par Innocent IV, qu'il avait pubhquement et très vivement censuré. Ayant lu son libelle. Innocent dit : « Quel est ce « vieillard en délire, sourd et absurde, qui juge ce que ((je fais avec tant d'audace et même de témérité ? Par (( Saint Pierre et Saint Paul, si ma douceur naturelle (( ne me retenait, je le précipiterais dans une telle con- (( fusion qu'il serait l'effroi, l'exemple et la fable de « tout l'univers. » Les historiens croient que P\.obert fut moins protégé, dans cette circonstance, par la douceur naturelle du pape que par les prudents conseils des cardinaux. D'une part, il avait des amis puissants et nombreux ; d'autre part, la cause d'Innocent n'était pas bonne. Il valait donc mieux, dans l'intérêt de l'Église, ne pas pousser les choses plus loin (1). Les mêmes historiens racontent que Robert étant sur le point de mourir, manda son ami Jean de Saint-Gilles, avec quelques-uns de ses clercs et leur parla du pape en ces termes : « Le Christ est venu dans le monde pour (( gagner les âmes. Si quelqu'un ne craint pas de perte dre les âmes, ne peut-on pas à bon droit l'appeler PAn- « téchrist. » Rien n'empêche de croire que Robert ait tenu ce discours assurément irrévérencieux. Mais on y joint le récit de prodiges moins dignes de foi. Ainsi l'on dit qu'à l'heure même ou il expira, l'évêque de Londres entendit une voix mélodieuse, comme celle d'une âme ravie de monter tout droit vers le ciel. On

(1) Hist. littér. de la Fr., t. XVUl, p. 4:38.

ajoute enfin qu'un an après, Robert apparut au pape Innocent, lui disant : a Lève toi, misérable ; viens au jugement ; » et que, Tayant frappé de son bâton pastoral, il le tua. Quoi qu'il en soit, il faut avoir été, durant sa vie, un personnage de grande importance, pour devenir après sa mort le héros de ces fictions légendaires (1).

Robert de Lincoln est un de ces écrivains que nous appelons aujourd'hui polygraphes. Les ouvrages qu'ils nous a laissés appartiennent à tous les genres Uttéraires. Ce sont des poëmes latins (2), des poëmes français (3), des traductions du grec en latin (4), des traités d'astronomie, de théologie, de philosophie, de morale, des sermons, des lettres et des commentaires variés. On en trouvera la liste ddiusï Anglia sacra de Wharton et dans VHistoria litteraria de Guillaume Gave. Parmi ceux qui se rapportent à la philosophie, celui que nous regrettons le plus de ne pas posséder est une Somme de philosophie, qui se trouvait, dit-on, à labibliothèque de Cambridge. M. Amable Jourdain ajoute un titre fort important au catalogue de AVharton. La bibliothèque des Jacobins de la rue Saint-Honoré conservait autrefois une traduction et un commentaire de VEthiqne d'Aristote, qui doivent être attribués, suivant M. Jour-

(1) Mathieu Paris, Hist. AnfjL, p. oS3. — H. de Knygtiion, De cventibus Angliœ, lib. II.

(2) Dispulatio animœ et corporis, dans le num. 1276 du supplëm. lat. à la Bibliothèque nation. M. Edolestand Du Méril a puLlié co poème très imparfaitement et sans le nom de Tauteur. Co nom nous est fourni par le manuscrit cité.

(3) Archives des Missions, deuxième série, t. V, p. 244.

(4) Outre la traduction du Testament des douze patriarches, voir celle des Lettres de saint Ignace qui se trouve dans le num. 247 des munuscrils de Tours.

dain, à Robert do Lincoln (1). Mais nons avons vainement recherché ce vohime sur les rayons de la Bibliothèqne nationale ; il paraît perdu. Cependant cette recherche n'a pas été pour nous sans aucun profit, puisqu'elle nous a fait découvrir une glose de Robert sur le livre De la consolation^ de Boëce. Elle existe dans le numéro 14,380, provenant de Saint-Victor, et renferme divers passages que nous aurions à citer, si les ouvrages imprimés de notre docteur nous laissaient ignorer quelles furent ses décisions sur les problèmes scolastiques. Ces ouvrages, au nombre de quatre, sont d'abord divers commentaires sur la Théologie mystique du faux Denys l'Aréopagite, sur les deux livres des Seconds analytiques^ un abrégé des huit livres de la Physique et un traité sur Dieu, les anges, l'âme humaine, adressé par l'auteur à certain maître Adam Ru fus qui ne nous est pas d'autre part connu (2).

Nous parlerons d'abord, en peu de mots, de ce dernier écrit. Dieu, dit Robert, est la forme de toutes les choses, étant dans toutes les choses essentiellement. C'est une proposition qui sent l'hérésie ; mais Robert s'efforce de la justifier en l'attribuant à saint Augustin. Il évite d'ailleurs d'en tirer les conséquences. Vient ensuite la dissertation sur l'âme humaine, où Robert s'est évidemment proposé de combattre, sans toutefois les nommer, Alexandre Neckam et Alfred de Sereshel. L'âme, dit-il, n'est essentiellement ni dans le cerveau ni dans le cœur ; n'étant pas corporelle, elle ne siège dans aucun organe : Anima in corioore sine situprœ-

(1) Recherches critiques, nouv. édit., p. o9 et suiv.

(2) Roi). Grosselestc EpistalW; éd. II. Rich. Luaid, p. 1.

SOIS, sine loco iihiquc iota (l).Et c'est ici que se trouve la conclusion de tout le traité : Slcut Beus slmul lotus est ubique in universo, ita anima simiil tota est uhique in corpore anirnato. Toutes les fois que l'on rencontre de telles déclarations, il faut les noter. Cependant, il n'en faut rien déduire. En fait il y eut, au moyen âge, beaucoup moins d'audacieux que d'imprudents.

L'abrégé de la Physique est très sommaire ; c'est un opuscule de vingt pages in-8°. M. Daunou le range au nombre « des productions qui ont perdu « depuis longtemps tout intérêt et toute utilité. » Il ne peut plus, en effet, nous servir à connaitre la Plujsique d'Aristote, puisque nous en avons le texte à notre portée, un texte pur et complet, sans additions et sans lacunes ; mais, au point de vue de l'histoire, il a pour nous beaucoup d'intérêt (2). Les propositions d'Aristote qui sont les plus contraires au dogme chrétien y sont généralement présentées dans les termes les moins choquants. Il y a plus ; quelquesunes de ces propositions sont devenues, sous la plume de l'abréviateur, tout à fait chrétiennes. Les prescriptions de Grégoire IX sont donc fidèlement observées. Il faut remarquer, en outre, que l'abrégé de Robert, fait avec le secours des gloses arabes, contient un certain nombre de sentences, tirées de ces gloses et

(1) Rob. GrossetoslP Epintohr. p. 11.

(2) Hain en désigne plusieurs éditions gothiques, sous le titre suivant : Summa super VIII lihros Physicoriim ; Venise, Simon de Pavie, 1498, in-fol.,et, même ville, Pierre de Bergame, 1500, in-fol. Une édition de Paris, 1538, in-8% de onze feuillets non chiffrés, est intitulée : D. Roberti Lincolniensis in VJII lihros PInjsicorum brève Compendium. Ce bref Compendiinit a été souvent réimprimé, dans le XVP siècle, à la suite du commentaire de saint Thomas sur la Physique.

non du texte, qui seront bientôt l'objet des plus vives controverses. Ainsi nous y voyons que la matière, prise en elle-même et ne possédant aucune forme, doit être le sujet commun de toutes les transformations. Qu'est-ce que cette matière? S'agit-il d'un abstrait? Il parait bien qu'il s'agit d'un concret déterminé, hoc U7ium, non par quelque forme, mais par la privation de toute forme. Cependant comme cette matière était, dit Robert, avant la genèse des choses, ingenita, et semble même devoir leur survivre, incorruptibilis, il est possible qu'elle ne soit un sujet, hoc unurn, que dans l'intelligence divine. En tout cas, le langage de notre docteur manque de clarté. Parlant ensuite de la forme, Robert la définit ce qui donne Têtre aux choses, qiiod dat esse rei. Il ajoute : « Il y a trois sortes de formes. « Premièrement la forme s'offre à nos regards réelle- « ment unie à la matière; elle est ainsi l'objet de la phi- « losophie naturelle. Secondement elle est considérée « par le mathématicien comme séparée du mouvement « et de la matière, abstractivement séparée, non réelle- « ment... Enfin on s'occupe en métaphysique d'une « troisième espèce de forme, qui est bien réellement, « telle qu'elle est pour l'observation, séparée de la « matière et du mouvement ; à cette espèce appartien- « nent les intelligences et les autres substances spi- « rituelles, Dieu, l'âme, etc., etc. » Nous entendrons bientôt Albert le Grand, saint Thomas et Duns-Scot discourir sur ces distinctions et y rattacher une grande diversité de problèmes. Mais Robert de Lincoln n'en traite aucun dans son abrégé de la Physique ; on n'y trouve pas même les explications qu'il aurait pu donner là, tout à fait à propos, sur l'union de la matière et de la forme au sein de la substance aristotér. 1. ^ iz

lique. Si l'on veut connaître son opinion sur ce point de doctrine, il faut la chercher dans le commentaire sur les Seconds analytiques.

Ce commentaire est désigné par M. Daunou comme ayant été publié vers la lin du XV siècle et au commencement du XVP. Nous en connaissons, en effet, plusieurs éditions anciennes, quatre du XV siècle et trois du XVP. Elles sont toutes de Venise, si ce n'est la seconde, celle de 1497, qui est de Padoue (1). Ces volumes contiennent le texte de Seconds anahjtlqi'cs. avec les commentaires de Robert de Lincoln et de Walter Burleig. Citons quelques passages de celui de Robert. Voici comment il s'exprime sur l'universel ante revii : «Les universaux, dit-il. sont les principes

< de notre connaissance. Comme il est possible de ( contempler la lumière première, qui est la première ( des causes, au sein de l'intelligence pure, séparée ( de tous les phénomènes, les universaux nous font

< connaître les raisons des choses, raisons qui existent

< éternelles, incréées, dans la cause première. En effet, ( les notions des choses devant être causées, notions ( qui furent éternellement dans la cause première, ( sont les raisons de ces choses, leurs causes formelles ( exemplaires, causes créatrices à leur tour, que

< Platon nomma les idées, le monde archétype, ( c'est-à-dire, suivant lui, les genres, les espèces, qui

< sont à la fois principes d'être et de connaître... Or. il

< évident que ces universaux sont entièrement

< incorruptibles. En oulre. dans la lumière créée, ( c'est-à-dire dans l'intelligence, est la connaissance,

< le dessin {descnptio) des choses créées qui vien-

(i) Haiiij Repertvrt bibliogr.

nent d'elle, et l'intellect humain, qui n^'a pas été formé assez pur pour recevoir immédiatement la lumière première, reçoit fréquemment, multoties, un rayonnement de la lumière créée, c'est-à-dire de l'intelligence, et dans ces dessins, qui sont l'intelligence même, il connaît les choses subalternes dont ils sont les exemplaires, étant les raisons causales créées (nous ne pouvons traduire autrement les mots ratlones causales creatœ) des choses qui doivent être faites ensuite, et les espèces corporelles étant venues à Têtre par la vertu de la cause première, avec le concours des intelligences. Ces idées sont donc principes de connaître pour Tintellect qu'elles éclairent de leurs rayons ; et il est manifeste que ces universaux-là sont encore incorruptibles. Enfin, dans les vertus, dans les lumières des corps célestes, existent les vertus causales des espèces terrestres dont les individus sont corruptibles, et si rintellect (humain), ne peut contempler en elle-même la lumière incorruptible, soit créée, soit incréée, il peut toutefois s'élever parla spéculation jusqu'à ces raisons causales qui résident dans les corps célestes. Or, ces raisons sont principes de connaître et sont incorruptibles (1) ». Ce langage est très obscur. Il ne nous serait pas, toutefois, difficile de Féclaircir et de faire mieux comprendre comment les notions, les causes, les principes d'être et de connaître s'échelonnent dans le système pour lequel Robert vient de se déclarer ; s'il nous semblait nécessaire d'assigner leur vraie place à chacune de ces fictions métaphysiques, il nous suffirait d'avoir recours soit au Livre des causes^ %oiik V Elévation thêolofjlque de Proclus. Le

(Ij Lib. \, cap. xxxviii.

système de Robert est, en effet, comme beaucoup d'autres, un système d'emprunt. Mais cela même nous dispense de le mieux ordonner. Des déclarations bien ou mal présentées par Robert de Lincoln, retenons seulement qu'il admet au moins deux ou trois séries d'entités au dessus de la substance corruptible, au dessus des choses, avant les choses dont traite le physicien.

Un autre fragment du même commentaire nous semble devoir être encore textuellement reproduit. On suppose déjà que Robert doit faire un très-médiocre état des facultés sensibles et des connaissances qu'elles procurent ; il admet néanmoins que dans ce monde, dans cette région ténébreuse, l'àme est incapable de percevoir sans intermédiaire les rayons de la lumière supérieure et que les sens du corps contribuent, pour une part assez notable, à la formation des idées, même des idées générales. Voici ce qu'il dit à ce sujet : « A mon avis, toute science peut être acquise « sans le concours des sens. En effet, toutes les scien- « ces sont éternellement dansla pensée divine, et non- « seulement se trouve en elle la connaissance certaine (( des universaux, mais encore celle des particuliers, « bien que la pensée divine, connaissant toutes les es- « sences particulières d'une manière abstraite, ne con- (( naisse les ])articuliers que par le moyen des univer- <( saux. Pour notre part, nous ne connaissons la sin- <( gularité de cette humidité ( 1 ), que si nous l'unissons

(1) Singulnritntem hujus humiditatis. C'est ce que porte IVdilion de 15:57. Il nous conviendrait mieux de lire, avec Capreolus (In primum Sentent, disl. !i, qUcTil. \), hujus /La}nanitatis. Ainsi, !(;> accidents de l'humanité siiaienl Platon, Socrate, Cal lias, et le langage de Robert de Lincoln serait celui de Guillaume de Cliampeaux. M. Prandlj admet sans Ueoilcr la lc...u.: i^iLmayàtaiis. Gcsckichtc dcr Lûgik, t. III, p. 83.

à des accidents ; mais Dieu connaît dans sa pureté, hors de tout accident, la singularité de cette essence. Ainsi, les intelligences, recevant l'irradiation de la

< lumière première, voient au sein de cette lumière

< toutes les choses, soit universelles, soit singulières,

< et, en outre, dans ses propres reflets, l'intelligence ( suprême voit au-dessus d'elle les choses qui sont

< après elle, puisqu'elle est la cause des choses (1).

< Il y a donc une science synthétique, complexiva, ( qui est acquise sans le secours des sens, et pareil- ( lement, si la partie supérieure de l'âme humaine ( que l'on appelle inteUigence, qui n'est l'acte d'aucun ( corps, qui ne réclame pour ses opérations particu- ( lières aucun instrument corporel, n'était pas offus-

< quée, embarrassée par la pesante masse du corps,

< elle recevrait la science complète du rayonnement

< de la lumière supérieure, sans rien devoir aux sens. ( Un jour, dépouillée du corps, elle jouira de ce privi- ( lège, que déjà, dit-on, possèdent quelques élus, ( affranchis en ce monde, par l'amour, de tout contact

< avec les fantômes des choses corporelles. Mais la ( pureté du regard de l'àme étant troublée, gênée, ( ohmbilata et aggravata, par ce corps corrompu.., ( la raison ne connaît l'essence de l'universel en acte, ( hoc esse universelle in actu, qu'en la dégageant, par

< le moyen de l'abstraction, de la multitude des indi- ( vidus, et elle se trouve alors en présence de l'un et ( du même, recueilli, suivant son jugement, d'un

grand nombre de singuliers. C'est ainsi que par le

^l) Ce passage est obscur. Voici le latin : « Similiter intelligentife.. recipienles irradialionem a lumine primo, in ipso lumine primo vicient omnes res scibiles universales et singulares, et etiam in reflexione ipsius intelligentia supra se cognoscit ipsas res qua3 sunt post ipsam per hoc quod ipsa est causa earum. »

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(( moyen des sens on recherche, on dépiste, venatur, « Tuniversel dégage de ses particuliers (1). »

Ces fragments sont très-significatifs, et il n'est pas besoin de les commenter pour faire comprendre que Robert de Lincoln appartient à la phalange la plus téméraire du parti réaUste. On discute, en philosophie, les prémisses de leur système, maisonnelessuitpas audelà; au-delà ce ne sont que visions. L'imagination peut se représenter tout ce qu'elle veut dans les sphères où la raison ne pénètre jamais ; elle est assurée d'y échapper à tout contrôle. Nous ferons une simple remarque sur les passages que nous venons de citer. Robert de Lincoln prétend avoir trouvé la matière de sa doctrine dans les Seconds analytiques^ et c'est précisément dans les Seconds analytiques qu'Aristote s'est prononcé contre ce système dans les termes les plus énergiques et les plus clairs. Voilà comment on interprète Aristote au XlIP siècle. A propos de tout et même à propos de rien, on développe des systèmes préconçus, qu'ensuite on place, pour le besoin de la cause, sous la responsabilité du Maître, et, suivant le tempérament du lecteur qui occupe la chaire, le même Aristote est prôné tour à tour, d'après les mêmes livres, comme le plus intraitable des nominalistes, le plus résolu des réalistes, ou quelquefois encore le plus extravagant des mystiques. Il faut en prendre son parti.

L'église de Lincoln paraît avoir été, du temps de Robert, un vrai centre d'études. Le chancelier de cette église, Guillaume Schirwood, était, comme son évêque, un grand savant. Né dans la ville de Durham, Guil-

(1) Ibid, c. Lxxxi.

DE LA PHILOSOPHIE SdOLASTIQUE 183

laume Schirwood avait achevé ses études à Paris. Baie et Pits désignent parmi ses écrits un commentaire sur les Sentences^ des Dlsthictions théologiques et des Sermons, Cette liste serait bien augmentée si, comme le prétend Casimir Oudin, on devait attribuer au même docteur tous les ouvrages qui, dans les manuscrit d'Angleterre, portent le nom latin de Guillelmus de Montihiis (1). Quoi qu'il en soit, nous possédons, sous le propre nom de Guillaume Schirwood, deux traités, également inconnus à Casimir Oudin, qui sont l'un et l'autre d'un logicien très exercé. De ces deux traités l'un et l'autre contenus dans le numéro 16,G17 de la BibUothèque nationale, le premier a pour titre Introditctiones in logicam et commence par ces mots : C/um duo sunt tantum rerum principia, scilicet natura et anima^ duo erunt rerumi gênera ; le deuxième, intitulé Syncategoreumata^ commence par : Quoniam ad cognitlonem alicujiis oportet cognoscere suas 'partes. M. Garl Prandtl en a publié de longs extraits dans son Histoire de la logique (2).

Roger Bacon faisait le plus grand cas de Guillaume Schirwood ; il le plaçait bien au-dessus d'Albert le Grand : Longe sapientior Alberto, nani in philosophia comnmni nidlus major est eo (3). La question est ici de savoir ce que Roger Bacon entendait par cette « phi- « losophie commune » ou banale. Si c'est la logique, de l'école, il n'y a pas lieu de le contredire. Guillaume Schirwood a commenté d'une manière tout-à-fait remarquable les diverses parties de l'Or^a^^on qui traitent du langage et du raisonnement. Mais quelle fut sa

(1) Oudin, Comment, de script, eccl., t. IH, col. 116.

(2) Gescliichte der Lngih, t. HI, p. ll-2i.

(3) Ibid., p. 11.

doctrine sur los problèmes remis à Tordre du jour par l'étude de la Physique et de la Métaphysique ? S'il avait suivi la méthode ordinaire, il aurait dû nous l'apprendre, même en logique. C'est pourtant ce qu'il n'a pas fait, ayant réduit sa logique àl'étude des règles et des artifices oratoires. A proprement parler, Guillaume Schir^vood est moins un philosophe qu'un grammairien continuant les leçons de Pierre Hélie. Comme il les a continuées avec beaucoup de succès, et nous a laissé des écrits où nous avons la preuve qu'il était doué d'un esprit très judicieux, nous avons à regretter qu'il ne se soit pas expliqué sur les questions de Porphyre. Il semble, en effet, qu'un bon logicien, dont toutes les conclusions sont si nettes et si claires, devait avoir peu de confiance dans les fictions réalistes. Mais, étant chancelier de l'église de Lincoln, il a peut-être craint de se prononcer contre le parti de son évêque (1).

On connaît encore cet autre ami de Robert, que nous avons déjà nommé, l'Anglais Jean de Saint-Gilles. Confondu, tant par Du Boulay que par M. Daunou (2), avec le français Jean de Barastre, doyen de Saint- Quentin (3), Jean de Saint-Gilles fut un savant médecin, un théologien estimé, et, dit-on, un philosophe de quelque valeur. Baie et Pits désignent parmi ses ouvrages inédits divers commentaires sur Pierre le Lombard,

(1) Les auteurs de VHist. Uit. de la France font mourir Guillaume Scllirwood en Tannée 1249. C'est une erreur déjà corrigée par M. Em. Charles [Boffcr Bacon, p. 326). Dans son Opus tertium, rédigé au cours de l'annexe 1267, Roger Bacon cite Guillaume Schirwood comme vivant encore; Roger. Bacon. Opéra liact. médita, p. 14.

(2) Hist. littér. de la France, t. XVIII, p. 444.

(3) Voir Quelques Lettres d'Honorins ///, dans les Not. etextr. des Man., t. XXI, deuxième partie.

sur Aristote et un traité qu'ils intitulent De Vêtre et de V essence. Ce titre est de grande promesse. Malheureusement tous les ouvrages ici mentionnés semblent perdus. Échard lui-même n'en a pu découvrir un seul exemplaire (1).

Michel Scot, Alexandre de Halès, Edmond Rich, Robert de Lincoln, Guillaume Schirwood, Jean de Saint-Gilles, voilà toute une série d'Anglais instruits à Paris. Ils avaient eu pour condisciples, dans la même école, beaucoup de leurs compatriotes dont l'histoire n'a pas recueilli les noms. Ce pèlerinage scientifique avait commencé vers le milieu du XIF siècle. Très mal notés sous le rapport des mœurs, souvent dénoncés comme les écoliers les plus turbulents et les plus déréglés, les Anglais se faisaient encore remarquer comme les plus avides de tout apprendre et les plus prompts à tirer des principes admis des conséquences nouvelles. C'est pourquoi les maîtres de cette nation furent, en général, de très subtils logiciens ou desphysiciens très ardents à poursuivre les secrets de la nature. Cela semble contradictoire et ne l'est pas. Ce qui les a menés si loin en physique, en logique, c'est la confiance et l'audace propres aux gens de leur nation. Nous nous félicitons d'avoir plus de mesure. Il est certain que nous avons rarement donné dans les grands écarts. On raconte que le plus illustre de nos philosophes, pressé d'avouer une des conséquences hétérodoxes de sa doctrine, répondit : « Je veux rester tou- « jours fidèle au Dieu de ma nourrice et de mon roi.» Cette réponse vraiment française est assurément très prudente; mais n'est-elle pas sceptique au même degré?

(1) Script. 07(1. Prœdicat., t. l, p. lOL

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Si donc nous tirons quelque vanité de notre prudence, sachons reconnaître qu'elle ne va pas toute seule. Quoi qu'il en soit, durant cette période du moyen âge dont nous écrivons présentement l'histoire, en ce temps de jeunesse où toutes les passions avaient tant de violence, les maîtres les plus écoutés, les plus applaudis, ne devaient pas être les plus prudents, les plus sceptiques. Ce n'étaient donc pas les français ; c'étaient les anglais.

Parmi les maîtres français qui ont marqué dans l'école de Paris depuis la reprise des études philosophiques, nous n'avons pu citer encore que Guillaume d'Auvergne. On a coutume de nommer après lui Vincent de Beauvais. Le principal mérite de Vincent de Beauvais est d'avoir composé cette immense compilation que nous connaissons sous le titre de Spéculum majus. Saint Louis avait fait réunir à la Sainte-Chapelle environ 1200 volumes. Attaché au service du roi, Vincent de Beauvais eut le droit d'entrer lihredans cette riche hihliothèque, et, pour associer les autres au profit de ses lectures assidues, il transcrivit et rangea, dans un ordre à peu près méthodique, les fragments des ouvrages anciens et modernes qu'il estima les plus instructifs ou les plus intéressants. L'ouvrage entier forme quatre parties ; mais on a prouvé que Vincent de Beauvais n'est pas l'auteur de la quatrième, qui a pour titre particulier Spéculum morale. C'est une addition du XIV siècle. ïennemann tire de la troisième un passage de quelque étendue sur la question des universaux, où, croit-il, Vincent ne répète pas, comme à son ordinaire, les dires d'autrui. L'auteur quelconque de cette digression commence par reproduire la thèse de

hV: LA PHILOSOPHIE SCOLASTIyUK 187

Porphyre et l'interprète assez mal ; il démontre ensuite que les universaux existent non seulement dans l'intellect, mais encore dans les choses, les individus de Tespèce humaine se partageant, dit-il, cette nature commune, l'humanité (1) ; enfin il les place, avant les choses, en Dieu, la pensée de Dieu contenant l'image de l'universel réel, de même que la pensée de l'architecte contient celle du mur qu'il doit construire (2). Gela dit, Vincent rappelle comment ces problèmes ont été résolus par Platon, Aristote, Boëce et l'auteur du livre sur les Six princiiieî^, et, s'efforçantde mettre d'accord ces illustres maîtres, il distingue ce qui doit être confondu, confond ce qui doit être distingn.é, et ne se fait plus comprendre, ne se comprenant plus lui même. Ce qu'il déclare très nettement, c'est qu'il n'est pas nominaliste, c'est qu'il admet, outre l'universel conceptuel, luium extramulta, l'universel réel, unmn in multis ; mais si l'on veut ensuite apprendre de lui quelle est la manière d'être de cette réalité, la question le trouble et les réponses qu'il fait sont équivoques ; il se tire enfin d'embarras en citant une phrase de Guihaume d'Auvergne qu'il obscurcit en l'abrégeant. La conjecture de Tennemann est-elle fondée ? Cette digression peu satisfaisante est-elle du moins originale ? Quoi qu'il en soit, nous ne saurions compter Vincent de Beauvais au nombre des philosophes. Cependant nous n'aurions pu

{{) « Quamdam inter se naturam communom participant, quîc est liunianitas, per quam iinumquodque dicitiir liomo, et illa a quolibet eorum participa la dicitur univorsalc, et est similitudo speciaUs ipsorum. » Specul. doctrin. lib. III, c. ix. — Tenncmann, GeschicJite der Phil., t VIII, p. 480.

f2) « Pbto vero non loquebaliir do univcrsali secundum id quod est, sed de similitudinc iiniversalis quœ erat in monte divina ab feterno, sicut née paries est in mente artificis antequam fiat, sed similitudo parietis. » Spec. doctr. ibid. — Tennemann, ibid.

roublier sans injustice. Pen de philosoplies ont, au moyen-aae, rendu de plus crrands services à la philosophie. Son gros livre est le trésor de toutes les connaissances acquises au XIIP siècle, le recueil de toutes les opinions recommandées par l'autorité de quelque «rand nom. S'il ne nous enseigne plus rien, gardonsnous bien, toutefois, de le mépriser, puisqu'il a tant contribué à Tinstruction de nos maîtres !

Au même temps appartient, comme il semble, Lambert d'Auxerre, désigné, dans les registres des Prêcheurs d'Auxerre, comme un des plus anciens religieux de leur maison (1). Échard cite sous son nom une Somme de logique dont il ne connaissait, dit-il, aucun manuscrit (2). ]\1. Daunou a reproduit dans Y Histoire littéraire (8) cette simple mention d'un nom propre, sans faire d'autres recherches. Cependant il pouvait trouver, à la Bibliothèque nationale, deux exemplaires de la Somme de Lambert: l'un dans le numéro 1,797 de la Sorbonne, aujourd'hui 16,617, l'autre dans le numéro 7,392 de rancien fonds du roi. E\\\o\c\ Yiticipit : Utnovi auditores artimn plenius inteUigant ea qiiœ in summnUs edocentur. valde utilis est cognitio dicendorum : et elle finit par ces mots : cl hœc. svfficiant. Explicit Summa Lamberli. Deo gratins ! L'auteur commence par une division des sciences qu'il appelle méthodique et qui l'est en effet (i). Il donne ensuite une analyse raison-

(1) Lobœuf, Mémoire'! (VAnxerre, t. II, p. 493, 49i.

(2) QiK'lif et Échard, ScrqU. nrd. Prœdic. t. I, p. 906.

(3) Hist. litiér. de la Fr., t. XIX, p. 410.

[i) Voici colle division des sciences : « Ut novi arlium auditores plenius intelligant ea quaj in sumraulis edocentur, valde utilis est cognitio dicendorum. In primis qu.Tritur quare artista dicitur audire de artibus et non

née de Vlntroduction ; puis il passe à Vlnterprèiallon, diWX Analytiques, rux A}'gii}tie?its, 2iux Tojriq nés ei unit '^Rr les Catégories, Ce qui recommande surtout ce travail fait évidemment pour l'usage des écoles, c'est la grande clarté des distinctions. M. le docteur Prandtlen a reproduit un certain nombre (1) où Ton remarque beaucoup de prudence et beaucoup de

do arto. Ad hoc dicendum est qiiod seplein suril ailes libérales, quaruin 1res vocantur irivinm. qiue snnt grammatica, logica, rhetorica. El dieunlur trivium quasi très viie in unum, scilicet in sermoneni. Omncs enim triviales sunt de sernione, sed differenter, quia grammatica circa scrmonem considérât congrunm et incongruum, ut congruum eligai et incongruni fugiat ; logica vero circa sermoneni considérai verum et falsum, ut veruni eligat et falsum fugiat : sed riietorica circa sermoncm considérât ornatum et inornaium, ut ornatum eligat et inornalum fugiat. Aliie quatuor vocantur quadruvium, et Iko sunt mathematictr, quœ sunt geonietria, arismctica (arilhvieticaj, astrologia et musica. Dicuntur autem quadruvium quod quatuor vic'c sunt in unum, scilicet in quantitato fquaniitateiuj. Omnes quadruvia- Ics sunt de quantilate, sed ditïerunt. Est enim duplex quantitas, scilicet continua et discrela. Quantitas aulcm continua duplex, est, mobilis et iminobilis. De quanlilatc continua immobili est geomelria, quia est de commensuratione terra? ; de quanlilalo continua mobili est astrologia, quia est de molu corpornm suporco'lestium, scilicet de molu stellarum qua» sunt corpora mobilia ad siluni, non ad formani ; moventur enim de loco ad locum, el ideo mobilia sunt ad situm ; perpétua autem sunt, ncc corrumpuntur, et ideo non sunt mobilia ad formam. Quaiitilas autem discreta est numerus. Numerus autem potcst accipi dupliciter, in se et absolule, vel in relationc ad sonum. De numéro in se absolule sumpto est arismelicr. ; de numéro relato ad sonum est musica. Alio modo possunt dici triviales trivium, quasi 1res viie in unum scilicet in eloquentiam,quia reddunt bominem eloquenlem ; quadruviales dicuntur quadruvium. quia quatuor viic in unum, scilicet in sapientiam, quia reddunt liomiiicm sapienlem. » Man. de Sorbonne, aujourd'hui sous le numéro 16,G17.

(1) Gomme, par exemple, dans ce passage sur la détinition du genre : c< QuîT-ritur de difïinitionc gencris qualis sit. Genus est quod pnedicatur de pluribus differentibus et cet. Sed quod ista diflinitio niilla sit ^idetur, quia pars integralis non potest pra^dicari de suo toto. Quod patet. Nihil essct diclu : Domus est paries. Gum ergo animal sit pars integralis bominis, quod patet, A^iimal est ratlonalc, moriale, et perlicitur ex istis partibus, ergo est dicendum quod Animal prœdicatur de homine hoc idem videtur... Gum animal sit materia bominis, non poteiit de ipso pnedicari. Quod sit materia hominis videtur, quia Iiomo sic dilïinitur : Homo est animal ratiO' nale, mortalèi Aîiimal ibi ponilur tunquam materia ; moriale, rationale

19i> HISTOIRE

sagacité. Mais ce sont la des distinctions purement logiques, dont l'objet est de déterminer la propriété des termes. Rien, suivant Lambert d'Auxerre, n'importe plus; sans une langue bien faite, dont tous les mots aient un sens précis, le même sens pour le maître et les écoliers, l'enseignement d'aucune science n'est possible. On ne s'étonne pas de voir Lambert insister sur cette proposition d'ailleurs incontestable. Le XIP siècle avait cru comprendre Aristote dans les traductions de Boëce ; on ne retrouvait plus maintenant le même sens aux mêmes textes dans les versions arabes-latines. Que de mots nouveaux et barbares ! Combien il était urgent de décider comment il fallait les entendre ! Lambert d'Auxerre doit être compté parmi les maîtres qui s'employèrent avec le plus de zèle à cet éclaircissement du langage scolastiqne. Mais il ne faut pas l'interroger sur autre chose que sur les règles

lamiuam forma. Ergo dicimus quod duplicitcr est pars. Quœdam est quidquid vere est pars, quicdam autem pcr modiini partis. Primo modo non pars priodicalur de suo loto ciijus est p?rs, et propter hoc, cum paries sit v«re pars domus, non polest pra?dicari de illa. Sed animal non est vere pars hominis, sed pars per moduni partis, et talis pars polest prfcdicari de eo cujus est pars... Prœterea qiueritur de specie, quœ sic diffinitur : Spccies est qua^ pra?dicatiir et cot....Videlur quod genus et specics idem sint et quod nuUa ditïerentia sit inter ipsn, quia genus pra^dicatur de pluribus et cet. Quod patet. Gonvenit enim dicerc : Sacrâtes est animal ; Plalo est animal. Cum hoc genus animal prsndicetur de Socralc et Platone, qm^ sunt diflerenlia numéro, nulla cri t dilTerentia inlev genus et speciem. Secundo dicimus quod genus et specics pra'dicantur do pluribus ditt'erentibus numéro ; sed hoc patet esse diccndum scilicel médiate vcl immédiate. Species pra.'dicatur immédiate, quia nuilum mcdiuin est inter Socraiem et aominem. Genus prîedicatur médiate, cum species sit médium inter individua et genus. Pr.X'lerea qua?rilur de dilïerentia, quje sic difnnitur: Differcnlia est qua a se differunt singula. Sed ista diflerenlia est ab accidente, quare difïinilio nulla, cum differcnlia non sit inter accidens secundum diffinitioneu). Secundo dicimus quod diflerenlia et accidens convcniunl in hoc quod accidens déterminât differentiam prout est in subjeclo... » Num. 7392, fol. 2, verso.

de la diction et les formes du raisonnement. Quand le Maître donne à résoudre une question d'un autre ordre, Lambert l'écarté. Il ne la traitera pas, ne voulant pas la traiter ; il est logicien, il n'est pas plîilosoplie.

Le vrai philosophe, en ce temps là, c'est Jean de La Rochelle.

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