‹ Histoire de la philosophie scolastiqueChapitre 6 sur 32 · AVERTISSEMENT. VII · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT. VII

l'éclat de la lumière céleste, et tous les efforts qu'ils font ensuite pour se rejoindre sont des efforts superflus.

Pourquoi l'objet principal de la philosophie ne serait-il pas de contenir la pensée de l'homme dans les limites qu'elle ne peut franchir sans péril? L'imagination ne perdrait aucun de ses privilèges ; mais quand la philosophie aurait exactement déterminé l'un et l'autre territoire , celui de l'imagination , celui de la raison, qui aurait encore la témérité de tenir pour certaine une conséquence tirée d'une opinion plus ou moins probable? La cause la plus fréquente de nos erreurs, la voilà. On raisonne sans fin sur des idées que la raison n'a pu confirmer, et l'on éprouve une si grande satisfaction à construire cet édifice de raisonnements corrects et symétriques, qu'on veut oublier, ou que, sans le vouloir, on oublie sur quelle base on l'a fondé. Or, puisque la plus grande sagesse consiste à se tromper le moins qu'il est possible, l'objet principal de la philosophie est donc bien de discerner ce qui peut être connu de ce qui ne peut l'être. Telle est notre conclusion. Elle n'est aucunement sceptique. Elle le serait, nous en convenons, si la forme nécessaire du dogmatisme était la crédulité. Mais cela ne sera jamais dit par un philosophe.

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