‹ Histoire de la physique et de la chimie depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos joursChapitre 86 sur 197 · Enci/vlopcdia méthodique (Physique), t. 11, p. GOd · texte numérisé non relu

Enci/vlopcdia méthodique (Physique), t. 11, p. GOd

de verre l’une contre l’autre, Ilooke produisait les mêmes séries d’anneaux colorés que dans le mica; l’interposition d’une mince couche d’air entre les deux lames faisait changer les couleurs. Les mêmes changements se produisaient en substituant à l’air divers fluides : ils étaient d’autant plus vifs que le pouvoir réfringent de ces fluides différait davantage de celui des lames de verre. Quand la couche de fluide interposé était beaucoup plus épaisse au milieu que vers les bords, de manière à figurer une lentille convexe, les couleurs se manifestaient dans l’ordre suivant : rouge, jaune, vert, bleu, etc. Lorsque la couche interposée était, au contraire, beaucoup plus mince au milieu qu’aux bords, de manière à figurer une lentille concave, l’ordre des couleurs était renversé. Ces phénomènes cessaient dès que les lames de verre ou les couches de fluides interposées avaient une certaine épaisseur. Hooke observa encore, observation facile à répéter, qu’en clivant avec une aiguille une lame de mica, on arrive à une lamelle d’une couleur uniforme; que chacune des lamelles d’une épaisseur inférieure à celle-ci présente une couleur différente; que la superposition de plusieurs de ces lamelles donne les teintes les plus inattendues; que, par exemple, une lamelle jaune ajoutée à une lamelle bleue donne du pourpre foncé. Enfin il constata que les mêmes phénomènes de coloration se manifestent : 1° dans des globes de matières translucides, tels que verre, résine, colophane, térébenthine, solutions de gomme, eau de savon, etc. ; 2° sur l’acier graduellement trempé, sur le laiton, le cuivre, l’or, l’argent, l’étain et principalement sur le plomb; 30 sur des substances organiques, telle que coquilles, perles, tendons etc. ; U° par l’action de toute matière glulineuse, étendue à la surface d’un verre ou d’un métal poli.

L’étude de ces phénomènes conduisit Ilooke à imaginer la théorie des ondulations do la lumière» D après cette théoiie, dont le lond est emprunté à Descartes, la lumière est produite par de petits mouvements vibratoires, « d’un milieu subtil, homogène (éther), mouvements transmis dans tous les sens comme les rayons partant du centre d’une sphère. » L’auteur suppose ensuite que les phénomènes de réflexion et de réfraction ont lieu aux confins des milieux matériels transparents, dans lesquels « la substance ondulatoire , l’éther, » aurait des densités différentes. Appliquant cette théorie à la production des couleurs dans des lames minces, il admet que la réflexion des deux faces opposées (supérieure et inférieure) est la principale cause de ces couleurs. « Supposez, dit-il,

MOUVEMENT

u’un faisceau lumineux tombe obliquement sur june lame mince : ne partie se réfléchira sur la première lace, et comme la lame est transparente, une autre partie sera réfractée; celle-ci se réfléchi* a la seconde surface pour être de nouveau réfractée à la première mrfece, de telle sorte qu’après deux réfractions et une réflexion, le usceau lumineux s’affaibit et son impulsion vient se placer en arère de celle qu’avait déterminée le rayon qui s’était d’abord rééclii, et comme les deux surfaces de la lame sont tellement raprtrochées que l’œil n’y distingue aucune séparation, la confusion de ’2s deux impulsions, dont la plus forte précède la plus faible, promit sur la rétine la sensation de la couleur jaune. Si les deux surces sont écartées davantage l’une de l'autre, l’impulsion la plus ible sera tellement distancée qu’elle pourra coïncider avec la conde, la troisième, la quatrième, la cinquième, etc., à mesure îe la lame devient plus épaisse; c’est ainsi que se produiront le uune, le rouge, le pourpre, le bleu, le vert. » i Cette ingénieuse théorie contient en germe la doctrine desinterfénnces. En 1675, Newton étudia, à son tour, le phénomène de colotion des lames, mais sans citer d’abord le travail de son rival, ce qui mena, entre ces deux hommes de génie, une vive polémique qui ■vait finir par la reconnaissance de leurs droits réciproques, ’ïwlon commença ses expériences par .des plaques ou lames épaisses, want réuni étroitement deux prismes, dont l’un avait par hasard face un peu convexe, et se plaçant très-obliquement à la surce de contact pour mieux observer la lumière réfléchie, il aperçut e l’endroit où les prismes se touchaient formait une tache noire, rce qu’il n’y avait que peu ou point de lumière réfléchie : le lint de contact formait une espèce de trou par où il était facile de tetinguer les objets placés au-delà; en pressant les prismes l’un outre l’autre, cette tache augmentait considérablement. En tournât les prismes autour de leur axe commun, quelques rayons lumière commençaient à être réfléchis et à passer à travers le rre; il voyait en même temps se produire des arcs déliés de' difates couleurs, qui paraissaient d'abord en forme conchoïde. En ntinuant la rotation des prismes pour diminuer l’inclinaison des tyons, il voyait ces arcs grandir et se courber autour de la tache point de former des cercles ou anneaux. Les couleurs qui paraissaient les premières étaient violettes et bleues; puis veient le rouge et le jaune. Les cercles colorés étaient alors ran- 3, depuis la tache noire centrale, dans l’ordre suivant : le

blanc, le bleu, le violet, le noir, le rouge, l’orangé, le jaune. Le jaune et le rouge étaient beaucoup moins intenses cpie le bleu et le violet. Le mouvement des prismes étant continué, les anneaux colorés se rétrécissaient en approchant du blanc, jusqu’à ce qu’il n y eût plus que des anneaux noirs et blancs. Quand, arrivé à ce point, le mouvement des prismes était continué, les couleurs ressortaient de nouveau et se manifestaient dans un ordre inverse.

Newton mesurait le diamètre des anneaux successifs, en même temps qu’il variait l’épaisseur des lames. Il trouva que dans les lames dont l’épaisseur augmente suivant la progression des nombres naturels 1, 2, 3, à, 5, 6, 7, etc., si les premières ou les plus minces réfléchissent un rayon de lumière homogène, la seconde le transmettra, la troisième le réfléchira de nouveau, et ainsi de suite: en sorte que les lames des rangs impairs, 1, 3, 5, 7, etc., réfléchiront les mêmes rayons que ceux de leurs correspondantes en nombres pairs, 2, Zi, 6, 8, etc., laisseront passer. Une couleur homogène donnée par une lame est dite du premier ordre, si la lam. réfléchit tous'les rayons de celte couleur; dans une lame 3 lois plu: épaisse, la couleur est de 2' ordre; dans une autre 5 fois plu épaisse la couleur est de 3* ordre, etc. La vivacité des couleur diminue avec leur ordre à partir de la couleur du premier ordre

qui est la plus vive de toutes.

Ces observations portèrent Newton à imaginer une théorie parti culière, différente de celle de Hooke. Suivant cette théorie, cliaqu particule de lumière, depuis l’instant où elle émane d’un corp rayonnant, éprouve périodiquement, et à des intervalles égaux, un continuelle alternative de disposition à se réfléchir ou à se trans mettre à travers les surfaces des milieux transparents qu elle îei contre: de façon que si, par exemple, une telle surface se presenl à la particule lumineuse pendant une des alternatives où la tei dance à la réflexion a lieu, cette tendance, que Newton appelle acc i de facile réflexion , la fera céder plus aisément au pouvoir reflectei de la surface, tandis qu’elle cède plus difficilement à ce pouvo lorsqu’elle se trouve dans la phase contraire, que Newton nomn

accès de facile transmission K

Les théories de Ilooke et de Newton, le système des ondes et système de l’émission, divisèrent depuis lors les physiciens. « On î trouvera pas, dit Biot, dans l'histoire des sciences physiques, i

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