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Newton, Traité d’Optique, liv. II, part

MOUVEMENT

xeiuple plus hardi de la hauteur d’abstraction où la discussion des expériences peut conduire. Car, bien que, dans le système newtonien, les accès, en tant qu’ils sont une propriété physique, ne puisent s’appliquer qu’à des particules matérielles, et supposent ainsi itacitement que la lumière est de la matière, ce dont on peut doutei, mais ce que Newton n’a jamais mis en doute, néanmoins leurs caractères sont si rigidement définis et moulés sur les lois expérimentales ivtvec tant d’exactitude, qu’ils subsisteraient encore sans aucun changement si l’on venait à découvrir que la lumière fût constituée ri’une autre manière, par exemple qu’elle consistât dans des ondulations propagées. » — Biot, évidemment favorable à la théorie nex\oonienne, rappelle ici que Fresnel attribuait auk ondulations de chaque ayon lumineux simple une longueur exactement quadruple de colle [que Newton avait donnée, d’après l’expérience, aux intervalles des icccès de ce même rayon lumineux. C’est ce que ne fit pas Young, mui attribuait aux longueurs d’ondulations des valeurs toutes dilïé- ■entes, établies d'après une hypothèse préconçue. Aussi ses nomares ne satisfont-ils point au détail des phénomènes, tandis que ceux de Fresnel, moulés sur les longueurs des accès newtoniens, y satisfont admirablement i.

Voici comment sont appréciés le travail et le système de Newton I par un physicien qui a fait lui-même d’importantes découvertes' en optique. « Le travail sur les lames minces (dans le 2e livre du Traité d' Optique de Newton) est, dit Arago, généralement considéré ccomme un modèle dans l’art de faire des expériences et dans celui dde les interpréter. Celte appréciation est bien méritée. Cependant le chapitre en question peut donner lieu à des critiques fondées. COn est fâché, par exemple, au point de vue historique, de voir que \Newlon ne cite pas Ilooke comme ayant le premier fait naître des anneaux entre deux lentilles superposées. Il eût été également désirable que l’illustre auteur remarquât que la théorie donnée par Ilooke de la formation des anneaux colorés conduisait nécessairement aux lois expérimentales obtenues par lui sur la succession des épaisseurs de la lame d’air qui engendre les mêmes couleurs... Quant à la fameuse théorie des accès de facile réflexion et de facile transmission, elle ne m’a jamais paru que la traduction de phénomènes en langue vulgaire'; elle n’explique rien dans le vrai sens de

I. Biol, Mélanges scientifiques et littéraires, l. I, p. loi (Paris, 185S, in-8°).

ce mot. Mais voici, en point de fait, ce qui est plus grave. Newton prétend que les couleurs d’une lame mince ne dépendent pas de la nature des milieux entre lesquels elle est renfermée. Des expériences ultérieures ont prouvé que les couleurs de celte lame dépendent si manifestement des réfringences particulières des milieux entre lesquels elle se trouve contenue, que, noire dans un certain cas, la lame devient blanche dans un autre, sans avoir nullement changé d’épaisseur; que le rouge y remplace le vert dans les mêmes circonstances, et ainsi de suite. Quant à l’application que Newton a faite de ses belles expériences ci l’explication des couleurs naturelles des corps, on a démontré depuis longtemps qu’elle est de lou^ points inadmissible. »

Newton a consacré le troisième et dernier livre de son Optique aux phénomènes que présente la lumière quand elle rase les bords d’obstacles interposés dans son trajet. Ces phénomènes avaient été, comme nous l’avons montré, décrits pour la première fois par Grimaldi, sous le nom de diffraction , qui leur est resté. Newton nie qu’il se forme des franges colorées dans l’intérieur de l’ombre des corps. Cependant celle formation a été observée non-seulement par Grimaldi, Maraldi et Delisle, mais par des physiciens plus récents, par Fresnel, Thomas loung et Arago. Quant aux franges extérieures, elles sont décrites et, mesurées par lui avec le plus grand soin. Mais lorsque, pour expliquer leur formation, Newton va jusqu’à supposer que les rayons qui passent près des corps éprouvent un mouvement d’anguille, il ne remarque pas, comme l’a fait observer Arago, que cette supposition elle-même ne rendrait nullement compte de la position des franges à diverses distances du corps opaque, telles qu’elles résultent de ses propres expériences.

Les Newtoniens ont attribué les effets de diffraction à deux actions, l’une attractive, l’autre répulsive, que les bords exerceraient sur les particules lumineuses : l’attraction serait exercée depuis le contact jusqu’à une certaine distance, où commencerait la répulsion, qui s’étendrait jusqu’à une autre distance. Biot et Pouillet essayèrent d’expliquer la diffraction par l’action répulsive seule. Un fait remarquable, qui fut observé, en \ 803, par Th. Young, c’est que si l’on approche un écran opaque de l’un des bords du corps rasé par la lumière, on fait aussitôt disparaître la totalité des franges qui se forment dans l’intérieur de l’ombre b Arago, en

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