‹ Histoire de la poesie des Hébreux;Chapitre 108 sur 120 · DERNIER CHANT DE DAVID · texte numérisé non relu

DERNIER CHANT DE DAVID

« Ainsi parla DaviJ, lils d'Isai, ainsi parla l'homme que Dieu avait élevé si haut, que le Dieu de Jacob avait oint son roi, parce qu'il avait su se faire aimer de lui par les psaumes d'Israël :

« L'esprit de Dieu parle en moi, sa parole est ma langue; car voilà ce qu'il a dit, le Dieu d'Israël, voilà comment il m'a parlé, le rocher d'Israël :

« Un gouvernant d'hommes, un prince juste, un roi dans la crainte de Dieu, se lèvera comme l'aube matinale , il se lèvera comme le soleil du matin ; les nuées brumeuses disparaîtront devant son éclat, et de tendres plantes sortiront de la terre humectée par une riche rosée.

« C'est ainsi que ma maison est consolidée en Dieu * ; il a formé avec moi une alliance pour l'avenir , assurée en tout point et bien gardée, car il est mon bonheur et l'affection de mon cœur.

« Aussi les Bélial ne prendront-ils point racine * ; ils sont tous comme des chardons arrachés qu'on ne peut prendre avec la main. L'homme qui veut les prendre doit armer son poignet du glaive et de la lance : le feu les dévorera avec leurs demeures! »

C'est ainsi que le vieux roi appliquait les prédictions divines aux rebelles et aux mécontents, que Salomon acheva de faire disparaître de ses États. Le règne de sa race , cependant , ne devait pas toujours être celui de la vengeance; il était, au contraire, prédestiné à jeter des rayons nouveaux pour échauffer et faire fructifier le pays , comme l'annonce le psaume 72 , et

' ^^ 137 ^^ '''''' P''* ^^ prendre comme particule, mais comme verbe : Rcctc ergo disposita, pacto confirmata, stal domns mea. Être avec Dieu estime expression favorite de David.

' Les B<;lial sont les perfides, les méchants, les traîtres, l'opposé des fidèles dont parlent la plupart dss psaumes. Le roi mourant ne voit plus en eux que des f.i(jots d'épines contre lesquels il no veut pas davantage se déchirer les mains, car toute sa bonté a échoué près d'eux. Ils n'existent que pour être brûlés; c'est la fin qui les attend, et on ne verra pas même la place où ils étaient. Cette ima(je, si caractéristique dans la bouche du vieux roi, est tirée de Samuel, liv. ii.chap. 7, vois. 10. Danscette prédiction de Uieu, Israël est représenté comme une viyne dont la race de David^est Id gardienne i les rebelle? sont les épines nuisibles aux ceps.

comme nous venons de le voir par la dernière image du psaume précédent , où celte pensée est représentée par la rosée et par le soleil du matin , tableau entièrement dans le genre de Tidylle '.

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