‹ Histoire de la poesie des Hébreux;Chapitre 110 sur 120 · LA GUERRE · texte numérisé non relu

LA GUERRE

Chant sacré.

« Celui qui est, qui était et qui sera, le Dieu fort et puissant des chrétiens, c'est lui que je veux chanter. Cieux ! mêlez votre voix de triomphe à mon chant ! peuples, écoutez !

a Je veux remercier, je veux glorifier le Seigneur qui a secouru mon prince; et vous, héros, remerciez-le, glori(iez-le avec moi. Je veux prier pour la vie du roi , je veux prier pour son glaive; ennemis, tremblez et fuyez!

« Inspire-moi toi-même, ô Jéhovah! inspire-moi du haut de Sion où ton esprit fit rendre à la pieuse harpe de David les sons glorieux de la louange. Dieu fort, écoute ma prière.

« Toi seul tu es grand, ton trône est plus élevé que les cieux; car les cieux se prosternent à tes pieds! La puissance est à toi; qui ne te craindrait point, toi, la plus majestueuse des majestés !

« Tu es roi , le roi de tous les princes de la terre ! Tu resteras éternellement ce que tu es , le Dieu des dieux ! Les fondements de ton trône s'appuient sur l'infini !

« Lorsqu'aucun diadème ne brillait encore sur la poussière des trônes, ton sceptre à toi resplendissait déjà dans l'espace; l'antique nuit refiétait ses rayons, et s'en allait roulant avec les soleils !

« Lorsqu'aucun diadème ne brillera plus sur la poussière des trônes, ton sceptre à toi resplendira toujours dans l'espace, l'antique nuit reflétera ses rayons , et s'en ira roulant avec les soleils !

« Ton règne est sans opposition et sans limites! Il s'étend audelà des myriades d'étoiles qui éclairent et animent l'espace ! L'empire du ciel et de la terre est à toi ; il est à toi l'empire des enfers !

« Les cieux chantent la louange et enfantent des cieux nouveaux pour proclamer riioimcur île ton nom ! Lo plus grand des

PSAUMES KOYAIX. 541

séraphins l'annonce le premier, et rélernclle harmonie des sphères le répète après lui.

« Du fond des ténébreuses profondeurs , les enfers font entendre leurs gémissements à travers les flammes où ton pied les a comprimés ; ils traînent les chaînes de ton courroux d'abîmes en abîmes!

« La terre te célèbre, la terre que j'habite, mais qu'est-elle? De la poussière! presque rien ! Il te célèbre, lui qui est plus que tout! Ton plus grand miracle, ô Dieu! l'homme, le chrétien te célèbre !

« Gloire à moi, puisqu'il m'est permis de te nommer, puisqu'il m'est permis de chanter ton empire; car il est merveilleux cet empire, merveilleux en tout pays, et toujours plein de justice.

« Quand les hommes se lèvent contre toi et contre le Sauveur que tu leur as donné, tu jettes au milieu d'eux la nuit et le chaos! Et quand ils se révoltent ouvertement, tu es encore armé en héros, comme tu le fus aux temps antiques.

« Peuples aveuglés, réunissez-vous, mugissez comme mugissent les océans, révoltez-vous, montez à l'assaut contre celui qui demeure dans les cieux !

« Celui qui demeure dans^les cieux rit quand les peuples mugissent! Il prépare un déluge qui, au jour de sa colère, tombera sur eux en torrents de flammes!

« Ses éclairs jouent devant lui et enveloppent la terre effrayée dans des langes de flammes! Les rochers rougissent, et le feu dévorant coule de leurs cimes, comme l'avalanche se précipite dans la vallée !

« Son tonnerre parle haut, il annonce l'effroi d'une vengeance prochaine, d'une vengeance prochaine sur les pécheurs qui fuient son regard. Ils fuient, mais au milieu de leur course ils tombent dans la poussière , la face prosternée devant Lui!

« Il touche la terre , et ses colonnes tremblent comme les ■vieux chênes que fouette le vent du nord. Le Mont-Hécla hurle et verse le trop plein de ses souffrances sur les rives lonlaines du Tage.

Î)i2 CHAPITRE XI.

« Sa route est Iracùe à travers les orages; ses sentiers sillonnent les profondeurs des alàines! Mais on ne voit point sa marche sur la route à travers les orages, on ne voit point ses pas sur les sentiers des abîmes!

« C'est par la nuit, c'est par les ténèbres qu'il poursuit ses ennemis! Puis il les inonde de rayons, et les frappe avec les feux de la terre, de la terre d'où il les fait disparaître!

« Le roi, ô mon Dieu ! se rejouit dans la force, il ne craint point tout un monde rempli d'ennemis, car depuis les temps antiques, ta droite l'a soutenu.

« Lorsque les ennemis virent pour la première fois ta magnificence briller sur son armure d'or, une terreur insurmonlalile les saisit; ils tremblèrent et s'enfuirent, comme ils eussent tremblé et fui devant lui.

«Devant leur course sauvage, la paix et le bonheur s'enfuient, comme ils s'enfuient eux-mêmes devant mon prince. La destruction et le désespoir suivent leurs pas !

« Ils voudraient que partout oi^i ils ont passé, le printemps ne relleurît plus jamais! Que l'ange de la mort au regard glacé se tint seul debout sur les plages où naguère de jeunes hommes, le cœur plein de sentiments humains, bénissaient de riches moissons.

« Il gémit en vain, celui qui arrosa de sa sueur l'épi si lent à germer et qu'ils ont brisé! Ses soupirs meurent étoulTés par le bruit d'airain de leur marche.

« Ils tonnent, ils veulent que la terre craigne leur tonnerre , qu'elle se révolte comme eux, et qu'elle s'abîme si elle ne veut pas mettre toutes ses couronnes à leurs pieds !

« Laisse-les tonner , Seigneur, jamais leurs éclairs ne s'élèveront des ruines de la terre jusque dans ton ciel; car dans les ténèbres qui les entourent, ils ne voient point ton ciel, ils ne voient point ton roi !

« Il vient, ce roi, il s'avance, comme dans l'orage silencieux tu t'avances vers les villes chargées de malédictions, vers les cohortes que le destructeur rassemble contre lui dans les champs de la guerre.

« Il arrive, il regarde, et brûlant des IVux du courage, il se

rSAlMES ROYAIX. WÔ

précipite au-devant de la Ibnnidaljlo aimée ! 11 se iraye un passage; il frappe, il renverse, il écrase les rangs les plus serrés !

« Ici , à sa droite, tombent des milliers d'ennemis, et là, des milliers encore tombent à sa gaucbe; paitout où son glaive fait siftler l'air, les cbamps se couvrent de corps mutilés el sans nom.

« C'est ainsi que tombe la moisson en monceaux épars el fiétris, quand le fer- du moissonneur bruit à travers les épis mûrs, et qu'après lui l'automne étend sur la contrée son froid tapis de chaume découronné,

« Abandonné par les héros qui ont échappé à la mort en passant par-dessus les armes brisées el les corps des guerriers qu'ils conduisaient au combat, le champ de bataille est silencieux et désert, le roi seul est debout encore.

« Il est debout encore quand ils ont assez combattu tes étoiles et tes vagues chargées de débris ; semblable au roc que rien ne peut ébranler, il les suit du regard ces vagues, jusqu'à ce qu'elles coulent unies et silencieuses dans la vallée.

« Il marche sur les hauteurs où fume encore le sang des ennemis égorgés, el autour desquelles s'allonge sans cesse l'image de la mort! Il marche, il regarde, il pleure, et son regard passe sur la victoire!

« Il passe sur les trophées sanglants de la victoire des héros, des héros qui font la terreur de tous les âges de la terre. Il s'élève vers loi , vers loi qui , dans les cieux , lui montres des couronnes plus nobles et plus belles.

« Qu'il retombe sur ces héros, le sang des fils que les mères pleureront longtemps encore, qui longtemps encore seront pleures par les pères en cheveux blancs, au miheu des bénédictions qu'ils appelleront sur la tète du roi qui a délivré la patrie ! »

« Ils roulent fièrement sur leurs innombrables charriots, ils prennent leur nombre pour de la force, et se vantent que tout tombera devant leurs glaives.

«Mais nous, nous en appelons contre leur puissance fanfaronne qui se vante de tout abattre au nom de notre Dieu, qui met les forts en défaut, et nous nous tenons debout la tète levée.

« Ce n'est pas à nous, ô Seigneur ! non, c'est à toi seul qu'appartient la gloire. Que ton nom soit glorifié pour toujours, car loi seul tu accomplis de grandes actions.

« Ta main droite brise les ennemis devant nous, comme la tempête brise les vagues de la mer, puis leur sang teint le sable du rivage, comme la poussière des crânes lavés blancbit les rives lointaines de la mer !

« Héros que sa force anime , vous qui vous prosternez devant son trône , proclamez sa gloire , réjouissez-vous en lui , et apprenez à tous les pays combien il est magnifique !

« Et vous peuples qui portez son nom, et au milieu desquels il daigne habiter, proclamez sa gloire, louez-le, et apprenez à tous les pays combien il est bon et miséricordieux !

« Seigneur Zébaoth ! mon ame est remplie de ta gloire immense; elle se fond devant toi en chants de remerciements, en chants de gloire et de joie ! »

VUES SLR L AVENIR.

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