‹ Histoire de la poesie des Hébreux;Chapitre 114 sur 120 · CHA.NT DE DOULEUR · texte numérisé non relu

CHA.NT DE DOULEUR

Psiutne de David donné au maître-chantre, pour être chanté au point du jour.

« ^ Mon Dieu ! Mon Dieu ! pourquoi m'as-lu abandonné ? Pourquoi te tiens-lu si loin de mes cris d'angoisse?

« Mon Dieu ! je t'appelle pendant le jour, el tu gardes le silence; pendant la nuit je cherche en vain le repos, je ne puis le trouver nulle part. Tu es pourtant le seul objet digne de notre vénération , toi qui trônes au milieu des hymnes qu'Israël chante à ta louange *. C'est sur toi que nos pères ont fondé leur confiance ; ils se sont confiés à toi, et tu es devenu leur sauveur! En élevant leurs cris vers toi, ils ont trouvé secours et protection : ils se sont confiés à toi , et ils n'ont pas été déçus dans leurs espérances ! .

« Mais moi , je ne suis qu'un vermisseau , je ne suis pas un homme ; je suis un objet de raillerie pour les hommes;- un objet de mépris pour le peuple. Tous ceux qui me regardent me raillent, ils me sourient en grimaçant et en hochant la tête. Qu'il s'en plaigne à Jéhovah, disent-ils; puisque Jéhovah fait tant de cas de lui, il viendra à son aide, il le sauvera !

a C'est toi, cependant, qui m'as tiré du sein de ma mère , et qui m'as jelé avec confiance sur ses mamelles. A peine étais-je né qu'on m'a déposé sur ton giron. Depuis ma sortie du sein de ma mère , tu es mon Dieu ! Ne t'éloigne donc pas maintenant, maintenant que la souffrance s'approche de moi , et que personne ne vient à mon aide !

« Bien des taureaux m'ont environné ; les plus forts taureaux

' On a voulu reconnaître dans cet aftliyé tantôt Ézéchias , tantôt le peuple dlsratil tout entier, et tantôt un roi, un héros inconnu qui, dans un combat inallieureux contre les Barbares, est resté longtemps blessé ^sur le champ de bataille. D'autres ont cru reconnaître le Messie des Juifs, et d'autres encore ont cru y trouver la description exacte des derniers moments de J.-C. Ce n'est point ici le moment d'examiner la justesse de ces diverses suppositions; j'y reviendrai peut-être plus tard.

» Psaume 22, vers. 2 à 23.

3 C'est-à-dire, dans le sanctuaire où retentissaieut sans cesse des hymnes à la g'oirc de Jéhovah.

du Bazan m'ont entouré», et ils ont ouvert leurs gueules contre moi, semblables au lion qui déchire et mugit.

« Me voilà écoulé comme l'eau que Ton a versée; mes ossements se sonl dissous, mon cœur coule dans ma poitrine comme de la cire tondue* ; mes forces se dessèchent comme les débris d'un vase de terre brisé ; ma langue s'attache à mon palais; tu m'as jeté sur la poussière de la mort!

« Los chiens m'ont entouré ^ ; de nombreux malfaiteurs m'ont cerné de toutes parts, ils ont blessé mes mains et mes pieds, je pourrais compter tous mes os ; ils le voient, et ils le voient avec plaisir ! Déjà ils se partagent mes vêlements et tirent ma robe au sort*.

« Ne sois pas ainsi loin de moi , Jéhovah ! ma force et mon appui ! Hàte-toi de me secourir, sauve ma vie du glaive * ! sauve ce que j'ai de plus cher '^ de la patte des chiens ! Arrache-moi de la gueule du lion ; protège-moi contre les cornes du taureau sauvage M et je proclamerai ta gloire parmi mes frères, et je te célébrerai dans l'assemblée publique. »

' Les taureaux du Bazan se distinguaient do tous les autres par leur nature sauvage et leur vigueur. Plusieurs comnientaleurs voient dans ce passa{;e une allusion à la contr(-e d'où les ennemis qui opprimaient l'auteur royal de ce chant de deuil , liraient leur ori(;iiie.

» Toutes ces images annoncent le relâchement des forces physiques.

3 On employait souvent cette imagepourdésigner des ennemis errants et pillards, car les cliiens sauvages étaient très-communs, et presque aussi dangereux que les loups. Les Arabes nomades de nos jours gardent encore leurs troupeaux avec beaucoup de soin contre les chiens sauvages, qui égalent les lions en force et en courage.

* C'est-à-dire: Ils étaient si sûrs de ma mort, qu'ils partageaient déjà ma dépouille de la pensée.

5 Cet affligé royal réclame l'intervention de .léhovali pour détourner la mort que doit lui donner le glaive dont il est menacé. Ceci est en opposition ouverte avec la sublime résignation de Jésus-Christ.

•^ C'est-à-dire ma vie. D'autres ont traduit : nia solitaire, monunit/ue, c'est-à-dire taon anic.

7 C'est-à-dire : Protège-moi contre le courroux de mes puissants ennemis.

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