IV NOTICE
n'est coppndant qnn sous cotlc l'orme antique qu'il nous importe de la connaître ; riiébreu des rabbins modernes n'a de Tinlérèt que pour eux ; ils Font, au reste , tellement déliguré, que, s'ils avaient créé quelques voyelles de plus , et quitté la direction de droite à gauche , il ne lui serait jilus rien resté du cachet des langues sémitiques. Mais où retrouver les principes de l'antique hébreu , qui ne s'est d'abord transmis que par tradition , et dont nous ne possédons d'autres documents que la Bible? Sous le rapport religieux et sous le rapport philologique et littéraire, ce livre est un monument précieux ; mais ou y chercherait en vain les éléments d'une grammaire de l'antique langue hébraïque , qui , après la dernière captivité d'Israël, était devenue presque une langue morte ; car, pendant leur exil, les Juifs avaient mêlé à leur idiome une l'oule de mots étrangers.
La traduction des Septante acheva de faire oublier l'ancien hébreu en laveur du grec ; les premiers pères de l'Église euxmêmes étudiaient la Bible d'après cette version, au lieu de lire le texte, dont, à quelques rares exceptions près, ils ignoraient la langue. Ce ne fut que vers le dixième siècle que les Juifs commencèrent enfui à s'occuper de leur idiome dans le sens littéraire ; les succès furent lents et douteux, car ils prenaient pour base de leurs études le Talmud , dont la langue s'est formée sur celle des Hébreux après le retour de l'exil. Ces premiers essais cependant eurent pour résultat la grammaire de Saadia et celle de Juda Ching. Deux siècles plus tard , on vil surgir plusieurs lexicographes et grammairiens hébreux , parmi lesquels Kimchi et Abuhvalid méritent surtout d'être signalés.
La réformation, qui avait mis en question toutes les anciennes traductions de la Bible, développa en Allemagne l'amour de l'étude de la langue hébraïque. La première grammaire et le premier dictionnaire de cette langue, faits par un chrétien , sont l'œuvre d'un Allemand, nommé Rcuchliu ; ils furent publiés en 1506. Ce savant hébraïsant eut de nombreux successeurs, et leurs consciencieuses recherches servirent de hase à l'école hollandaise, qui se fonda au commencement du dix-huitième siècle, sous hi direction de Schultens. La création de cette école stimula le zèle des hébraïsants allemands, parmi lesquels, à l'époque où Ilerder faisait ses études, Danlz était le plus célèbre.
Le jeune éUidianl apprit d'abord l'hébreu d'après les principes de ce grammairien ; mais il ne tarda pas à le surpasser, car il joignait à la patiente exactitude d'un philologue, l'imagination