TABLEAU DU TONNERRE
Traduction du psaume 18.
«Les vagues de la mort m'entouraient, et je tremblais déjà sur les bords du fleuve Bélial! Les lacs de la tombe m'enlaçaient, et je voyais devant moi les réseaux de la mort !
« Au milieu de ma détresse, je me suis dit : Je veux implorer le Seigneur, je veux que mes cris s'élèvent jusqu'à mon Dieu ; il m'entendra du haut de sa forteresse ; mes cris d'angoisse arriveront jusqu'à son oreille.
« Tout-à-coup la terre s'est émue, elle a tremblé ! les montagnes ont vacillé sur leurs fondements, elles ont frémi, car il était en colère !
« De sombres vapeurs se sont échappées de ses narines ', le feu
' Ce trait me semble également emprunté à Timage du cliérubin avec son glaive flamboyant, n entre dans la manière d'Ezéehiel de finir un tableau dans tous ses détails. Le feu qui rend d'abord le chérubin si redoutable finit par le dévorer luimême.
* Je place ce morceau ici à cause de la mythologie du tonnerre et du chérubin. La marche de ce psaume est fort belle. David , en danger de mort , ne veut en appeler qu'à Dieu; Dieu l'écoute et le sauve par un orage, sans doute au moment où , dans une bataille , il allait succomber sous les coups de ses ennemis. Mes lecteurs savent déjà que les Hébreux représentaient presque toujours la mort comme un " chasseur muni de filets et de lacs. Quant aux autres images, telles que le fleuve de Bélial et l'empire des morts, elles seront développées dans le dialogue suivant.
' L'orage, qui peut-être était accompagné de tremblements de terre, est décrit ici avec tous ses phénomènes. La terre s'agite, une épaisse vapeur sort de la narine de Jéhovah ; c'est la tempête qui précède Torage : les éclairs commencent, les cieux s'assombrissent et s'abaissent. Dieu semble descendre vers la terre; la tempête souffle , elle bouleverse; la nuit devient plus épaisse, les éclairs la sillonnent, le tonnerre gronde, les éclairs redoublent , Dieu leur donne des ailes, etc., etc. Tout ceci n'est qu'un vêtement mythologique et gradué. Tantôt Dieu en colère fait naître la tempête par le souffle de sa narine; tantôt sa bouche jette un feu si dévorant que les glaives des cieux se convertissent en charbonî ardents , que la voûte céleste s'al)aisse et semble vouloir s'unir à la terre; tantôt il s'entoure d'une nuit épaisse, a tiavers laquelle il lance des flèches et des éclairs auxquels il a donné des ailes.
lii SIXIÈME DIALOGUE.
qui sortait de sa bouche dévorait tout autour de lui , et devant lui les charbons s'embrasaient !
« Il abaissa les cieux et descendit avec eux ; les ténèbres étaient sous ses pieds! Assis sur le chérubin, il arriva d'un vol rapide; il arriva d'un vol rapide sur les ailes de la tempête !
« Le voilà qui s'entoure de la nuit ! L'obscurité des nuages entassée sm' l'obscurité des nuages, l'enferme de toutes parts! Chassée par son éclat, la nuée obscure s'enfuit! et elle tombe, la grêle ; la grêle mêlée de charbons ardents !
«Il tonne dans les cieux, le Seigneur! Le Tout-Puissanl fait entendre sa voix, et elle tom])e, la grêle; la grêle mêlée de charbons ardents!
« Il lance des flèches au loin, il double les éclairs, il leur donne des ailes ! Les gouffres des eaux s'enlr'ouvrent, les abîmes de la terre rejettent leur enveloppe devant la voix menaçante du Seigneur, devant la tempête du souffle de sa narine !
« Et de sa hauteur terrible, il tondit la main vers moi ; il me saisit et me retira des eaux profondes ; il me sauva de mes puissants ennemis et de ceux qui me haïssaient et qui étaient trop forts pour moi... » etc., etc.