‹ Histoire de la poesie des Hébreux;Chapitre 60 sur 120 · CHANT · texte numérisé non relu

CHANT

Tiré de Tliisloire liéroïque d'Israël '.

« Lorsque Israël sortit de l'Egypte , lorsque la race de Jacob se sépara d'un peuple étranger, Juda devint le sanctuaire de Dieu, Israël devint son empire. La mer le vit et s'enfuit!

« A son aspect le Jourdain remonta vers sa source , les montagnes s'élancèrent comme s'élancent les boucs, les collines bondirent comme bondissent les agneaux.

« Qu'avais-tu donc, ô mer! pour l'enfuir ainsi? Et loi Jour-

1 Psaume 1 14-

l'ASSVdKS 1»K DIKU DANS LK DÉSKKT. 5:21

dain, pourquoi es-tu remonté vers la source? Qu'aviez-vous toutes, vous montagnes qui vous êtes élancées comme s'élancent les boucs, et vous collines qui avez bondi comme bondissent les agneaux ?

« C'est devant le regard\lu Seigneur qu'elle a tremblé la terre ! elle a tremblé devant le regard du Dieu d'Israël , du Dieu qui change le rocher en lac, et la pierre en source d'eau vive »

Ce psaume est une des plus belles odes qu'il soit possible de trouver en'aucune langue. La concision brusque des peintures , l'étonnement, la surprise attribués à la mer et au Jourdain , et qui semblent augmenter encore par les questions que le poète leur adresse ; la conclusion sublime qui fait de ces phénomènes le résultat naturel d'un regard de Dieu , d'un regard qui perce à travers les nuages, et convertit les rochers et les pierres en lac et en source vive, achèvent de donner à cette petite ode le cachet important et majestueux d'un résumé fondamental de toute l'histoire du voyage à travers le désert.

Le passage de la mer Rouge a donné lieu au plus ancien et au plus sonore chant de victoire de la langue hébraïque qui soit arrivé jusqu'à nous. Selon toutes les probabilités, nous ne possédons que les passages chantés en chœur ; une seule voix célébrait sans doute l'action par elle-même , et le chœur s'en emparait et la répétait en refrain avec des modifications plus ou moins considérables.

La construction de ce chant est d'une grande simplicité; il abonde en rimes et en assonnances que l'on ne saurait faire passer dans un autre idiome sans forcer les expressions , car la langue hébraïque est, à cause de la simplicité de sa construction, pleine d'assonnances sonores. Les mots légers, longs, mais peu nombreux, s'évanouissent, pour ainsi dire, dans les airs. La plupart de ces mots se terminent par un son sourd et composé d'une seule syllabe ; ces terminaisons formaient sans doute le cachet guerrier du chant en chœur. Voici une faible imitation de ce chant intraduisible, qui est peut-être aussi le plus ancien chant de victoire du monde.

ùTi CHArnui. 111.

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