‹ Histoire de la poesie des Hébreux;Chapitre 65 sur 120 · PASSAGES DE DIEL DA.>S LE DÉSEKT · texte numérisé non relu

PASSAGES DE DIEL DA.>S LE DÉSEKT

déchirent le sol; les montagnes l'ont vu et tremblent; les eaux coulent et envahissent tout sur leur passage; les vagues résonnent , les hauteurs gémissent !

« Et le soleil et la lune ? ils s'arrêtent dans leur cours * devant l'éclat de tes flèches qui volent , devant les éclairs de tes javelots !

« Et toi , plein de colère , tu as continué à marcher sur le pays 2! Dans ton courroux, tu as écrasé des nations entières! car tu es sorti pour secourir ton peuple , pour secourir tes oints.

« Tu as abattu le sommet de la maison des méchants '; tu as découvert leur forteresse jusqu'au rocher qui lui servait de fondement. Tu as transpercé la tête des chefs de leurs phalanges de guerre *. Ces phalanges de guerre ont monté à l'assaut pour

quement. L'ensemble du tableau est la description do l'arrivée d'au liéros et de la bataille. L'image de la terreur des eaux qui sentent l'approche de Dieu, est tirée du psaume 77, dont Habacuc développe les images dans plusieurs endroits de sou livre.

' Cette image est empruntée à l'hymne de Débora. Là, le soleil et la lune se sont arrêtés, saisis de surprise, lorsque Dieu combattait; ici on leur attribue f^^ScD- Est-ce qu'il n'y aurait pas eu d'abord dans ce passage le même mot dont Débora s'est servie , mais au singulier seulement ( n'?DÎD2 ) • '^^ï" cette manière ordinaire de lire h'JIST l'hisse à désirer de tous côtés. Dans les versions grecques on semble l'avoir compris ainsi , surtout dans celle où l'on a traduit : èv Tt, Taîjê; aVT«? c'est-à-dire de la même manière que celte même version rend le verset 10, chap. 5 du livre des Juges; ce qui donne à l'image du mouvement, de l'ampleur, et uue beauté imposante. Le soleil et la lune s'arrêtent , saisis de surprise , dans leur cours et sur la route pavée qu'ils suivent éternellemenl ; ils voient l'éclat des éclairs , et cet éclat les humilie et obscurcit leur lumière.

' Le tableau continue sa marche. Ici Dieu ne commence pas à marcher sur le pays , car son premier pas est décrit dans le sixième vers ; mais il continue à marcher sur le pays , et chaque pas écrase des peuples entiers. Le poète continue à exploiter l'histoire ancienne , et arrive à Tépoque des rois, et surtout à celle de David , ainsi que le treizième vers le prouve clairement; voilà pourquoi les images des vers suivants sont empruntées aux hymnes de David. Les treizième et quatorzième vers sont une imitation très-fidèle des psaumes 68, vers. 22 , et 1 10 , vers. 6 , et de plusieurs autres passages dans lesquels David emploie cet idiotisme qu'il affectionne : écraser, fendre , transpercer la tête.

^ Cette image est empruntée à une maison ou à un palais dont les fondements , posés sur un rocher , ont été mis à nu et bouleversés. Il est inutile de répéter que le mot Î^'XT 65t fort souvent employé en ce sens dans les psaumes, et que la ruine d'une maison signifie, dans le style oriental, la destruction de toute une famille. Il ne faut pas se demander de quels ennemis de David il est question ici ; toutes ces images doivent être prises dans un sens général , car il n'entrait pas dans les vues du poète de s'occuper des événements privés ou particuliers du passé.

* On a fait beaucoup de suppositions sur le mot ^^"12 > CîTD i selon moi , son premier sens, ainsi que le prouve le mot radical , signifie rtnKj , rangées, des maisons ou des phalanges dishéea par rangs. Dans l'Iivnine de Débora, ces rangs sont

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m'anéantir ; déjà elles se sonl réjouies cl se sont apprêtées à dévorer l'opprimé comme un monstre de l'cnlér dévore sa proie! Alors les chevaux ont trépigné sur la mer ; ils sonl arrivés avec les vagues grossissantes K

«Voici ce que j'ai entendu, et mon cœur a tressailli devant celle voix ^ ! mes lèvres ont tremblé ^ ! J'ai senli l'elfroi pénétrer mes os, j'ai senti mes pieds chanceler; moi qui dois attendre tranquillement le jour de calamités "^ où fondra sur nous le peuple destructeur !

« Alors le figuier ne fleurira point, et le cep ne donnera plus de fruits; l'olivier trompera les espérances, les champs ne produiront plus rien pour faire du pain ! La brebis est arrachée du clayon ; il n'y a plus de bétail dans les élables !

« Et cependant je me réjouirai en loi, Jéhovah^; je pousse-

des bourgs , ou îles rëunions d'iiommes venus de ces bourgs, c'est-à-dire !c$ dtats , les reprdscnlanis delii nation. Ici ces rangs ne sauraient signifier que des ennemis rangés pour coniballre, el qui, dans le vers suivant , nioiuenl à rassaut pour anéantir un peuple sans défense , et se le partager comme un butin. Les versions grecques font de ce mot un mot collectif qui signifie \e^ chefs de ces rangs ^ de ces phalanges (hi^hxÔlç (Ti/Vita-T&'v) ; au reste , les titres d'honneur sont toujours employés colleclivemeut dans toutes les langues. J'ai transposé ce mot , car, par ce moyen, Je vers suivant devient plus clair et n'a plus besoin d'autres commentaires , surtout lorsqu'on le compare au neuvième verset du premier chapitre.

' C est à-dire en apportant du secours, ainsi que le prouvent les huitième et douzième vers. Le tableau finit comme il a commencé , ce qui est une très-grande beauté , parce qu'elle donne de l'unité à l'ensemble. Dans cette partie comme dans toute la disposition de l'ode , tout est d'un fini admirable.

' Maintenant commence une autre partie de l'ode qui ramène également au premier vers. Le poète a entendu parler des antiques miracles de Dieu en faveur de son peuple, et voit dans un avenir très-piochnin des calamités affreuses et incompatibles avec ces miracles. L'inconcevable, le contradictoire, font le nœud de l'ode et des sensations du poète,dont les cliapitres précédents de ce poète sont un touchant commentaire, surtout les vers, i, ï, 12, i3 el 14 du chap. l'r, etles vers. i,2,3et4ducliap.a.

^ Les langues modernes n'ont pas une seule expression assez noble pour rendre ce mot ^'])'^^J, qui signifie le trenililrnicnt des lèvres. Dans ce qui suit je lis J^^ au lien de 3p1, ainsi que l'ont fait beaucoup de traducteurs, el que cela se trouve eu effet dans plusieurs manuscrits.

* Le mot ri*2N s'explique par l'histoire du i)ropliète , chap 2, vers. 1 à 4. Dieu

lui ordonne d'attendre tranquillement l'accomplissement des temps, voilà ce qu'il appelle être obligé d'allcnrhv tranguillement le jour des calamUés , le jour où viendra le peuple qu'il a décrit dans son premier cliapilre ; il ne saurait donc être question ici d'une marche vers la Ghaldée, mais de l'arrivée des Chaldéens, ainsi que le prouve le vers suivant. Le 7 devant Di?'^ n'est donc <|u'un ^ respectif, a moins qu'il ne soit dérivé de fl- Le vers suivant décrit la destruction complète du pays par les Chaldéens , une destruction que le ~i")J peint d'un seul Irait.

* Ici l'ode se tourne brusquement vers le dénouement. Quoique tout soit sombre

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rai des cris d'allégresse pour mon Dieu sauveur. Le Dieu Jéhovali est ma force ; il me fera bondir comme un chevreuil , et je marcherai de nouveau lièremcnt sur mes hauteurs. »

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