‹ Histoire de la poesie des Hébreux;Chapitre 68 sur 120 · I.VSim IIONS DK MOÏSE. ÔGÔ · texte numérisé non relu

I.VSim IIONS DK MOÏSE. ÔGÔ

lypse, les anges elles prêtres ne sont qu'un seul et même être ; et lorsque, dans ce livre, ainsi que dans l'épîire de saint Jean aux Hébreux, le Christ apparaît dans toute sa dignité royale , il est représenté comme le grand-prètre du ciel.

IV. Personne ne pouvait paraître devant un prince d'Orient, sans lui apporter des présents. Moïse profita de cet usage pour faire revivre les anciens sacritices des patriarches, pour détourner son peuple de toutes les habitudes égyptiennes, et pour obtenir plusieurs autres résultats importants dont je ne tarderai pas à parler.

Les Égyptiens n'immolaient des animaux vivants qu'à Typhon , le Dieu du mal , et ils choisissaient toujours , pour cet effet, des animaux malfaisants ou laids ; les dieux bons recevaient pour offi'ande des objets inanimés et surtout des parfums. Moïse, qui était l'adversaire implacable de l'esclavage, et qui faisait d'une liberté indestructive, la base fonilamentale de la constitution de son peuple, consacra, pour obtenir ce résultat, la nation tout entière à Jéhovah , et surtout les premiers-nés ; car, dans la dernière plaie d'Egypte, les premiers-nés avaient été épargnés à ce titre. Ce fut Dieu lui-même (jui adoucit son droit de propriétaire; il laissa aux pères leurs fils, et accepta en échange le premier-né de quelque animal pui', car rien d'impur ne pouvait approcher de Dieu, et encore moins lui être offert en présent.

Il en était de même des fruits de la terre; tous appartenaient à Dieu, il n'en réclama que les primeurs, comme un témoignage de reconnaissance, et une preuve de vasselage. Les primeurs composaient donc les premiers sacrifices que les Hébreux offraient, en quahté de vassaux, à Jéhovah, ainsi que le prouve ce passage d'un psaume :

« Fais du bien à Sion comme tu aimes à le faire , et ils te seront agréables les sacritices d'hommages de tes serviteurs, les sacrifices qui remontent vers toi en épaisse fumée, et les jeunes taureaux immolés sur tes autels. »

Les sacrifices expiatoires avaient un but tout aussi sage et tout aussi utile; par eux, les crimes cachés, et que, par conséquent, la loi ne pouvait punir, arrivaient devant Jéhovah, leur juge su-

préme. Ces sacriiices étaient donc infiniment préférables aux francs-juges, à la police secrète, ou à toute autre institution de ce geiu'e. On comparaissait devant son Dieu en homme libre, et, le gage de l'absolution à la main, on olfriiil soi-même famende du péché fixée par la loi. Ces sacriiices, qui ne se élisaient jamais que devant le sanctuaire , demandaient beaucoup de précautions et de mystère; la poésie ne pouvait donc les uti: User plus noblement qu'en leur donnant un but tout intellectuel.

a 1 Aie pitié de moi. Dieu de miséricorde! 0 toi si richement miséricordieux , anéantis mon crime ! Je ne suis qu'un homme né dans le péché; la mère qui m'a enfanté était née aussi dans le péché. Mais toi , tu aimes , tu vois la vérité au fond de nos cœurs ^, et tu m'as appris a deviner le sens caché de la loi. Absous-moi sacerdotalemcnt*, et je redeviendrai pur; si tu daignes me laver, je serai blanc comme la 'neige. N'arrête point tes regards sur mes méfaits, détruis toutes mes iniquités; fais renaître en moi un cœur pur, ô Dieu, et renouvelle en moi l'intégrité et la droiture ! J'enseignerai ta loi à tous les pécheurs , et les égarés se tourneront de nouveau vers toi. Si tu me sauves de mon péché sanglant, je chanterai haut les devoirs que tu nous imposes. Tu n'acceptes point de sacriiices; si tu en acceptais, je t'en offrirais ! Tu ne veux point d'holocaustes * : les sacrifices agréables à Dieu sont un cœur pur, un esprit humble et contrit; ceux-là, lu ne les dédaignes point. »

Dans un autre psaume, le pécheur remercie Dieu des bienfaits qu'il en a reçus; il s'exprime ainsi :

« ■' Que n'as-tu pas fait pour nous , Jéhovah ! tes merveilleuses pensées sur nous sont innombral)les; mais je veux les proclamer, je veux les énoncer tout haut, (juoiqu'il soit impossible de les compter.

' Ps;uime 5i.

* C'est-à-dire : La prali(|uu cxlcrieure des sacrifices n'est pas la véritable expialion que lu nous demandes ; ils ont un sens spii iiuel que le peuple i|;nore , mais que tu m'as appris à connaître.

' Il faut ([uc Dieu absolve le pécheur, et l'absolution du prêtre n'est que l'imaye de celle de Dieu. Tel est, selon David , le sens caclié des s.icrifices expiatoires.

* Aucun sacrifice ne pouvait expier le meurtre et l'iduluVc. 5 Psaume /jo, vers. 6 h lo.

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« Tu dédaignes les offrandes du sacrifice, tu me l'as dit secrètement à l'oreille', tu ne veux point les holocaustes expiatoires du péché.

(( Et alors j'ai répondu : Regarde, ô mon Dieu! je viens avec plaisir verstoi^, ainsi que cela est écrit dans ta loi. Ce que tu veux, ô mon Dieu, je le veux aussi; ce que tu me demandes, mon cœur l'a déjà fait.

« Je veux enseigner ta volonté à haute voix devant le peuple assemblé. Je n'imposerai aucune contrainte à mes lèvres , ô Jéhovah , tu le sais. »

David met ici , deux fois de suite, le repentir les aveux et les chants de remerciements publics, au-dessus des sacrifices; et deux fois aussi il se glorifie d'avoir, par là, deviné et exécuté le sens véritable et caché de la loi. Les livres des prophètes abondent en principes de ce genre, et nos saintes Écritures n'ont point d'hymnes semblables à ceux dont lospaïens accompagnaient leurs sacrifices ; tous nos chants où il est question d'offrandes à la divinité, ont un sens moral et spirituel.

Ceci s'applique surtout aux sacrifices des temps primitifs, qui étaient les plus beaux , car rien ne les ensanglantait : ils ne consistaient qu'en encens et en hymnes de reconnaissance. Nous possédons sur ce sujet un chant dont les époques les plus civilisées pourraient se glorifier,

PSAUME D'aSAPH'.

« Jéhovah , le Dieu des dieux , parle ! A son appel , la terre arrive depuis le lever jusqu'au coucher du soleil. « L'éclat de Dieu se lève sur Sion , la couronne du pays*!

' Cette lecution de la poésie hébraïque : Tu m'as ouvert l'oreille, signifie , ainsi que le prouve la suite de ce morceau : ■ Lorsque je l'offrais des sacrifices, tu m'as fait deviner inléiieurement quelle était la véritable volont<; , tes secrètes intentions; ou bien : Tu m'as dit h l'oreille ce que le peuple ignore, c'csi-à-dire le sens caclié de ton antique loi écrite et des devoirs qu'elle impose. »

• C'est-à-dire : J'obéis volontiers à ta voix secrète dont je suis le serviteur. Le sens secret et véritable de la loi demeure dans ma |)oitrine, et c'est lui que mon coeur demande et exécute comme son premier devoir. Comparez Moïse, liv. v, cliap. 3o, vers. Il et 12.

^ l'saume 5o.

* Les montagnes ont toujours élé la demeure de Dieu. Maintenant il n'habite

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Notre Dieu arrive, el il n'est point silencieux : le l'eu dévorant le précède , la lempète puissante rentoure.

« 11 appelle les cieux là-liaut el la terre là-lias * pour juger son peuple. Il leur dit: «Réunissez mes fidèles, ceux qui ont juré alliance avec moi au-dessus de la flamme du sacrifice ! » El tous les cieux le proclament juge souverain; ils proclament Jéhovah le plus équitable des juges.

« El il dit encore : « Écoute, mon peuple, je témoigne contre toi, moi ton Dieu ! Je ne t'accuse point à cause des sacrifices, à cause de leur fumée qui, sans cesse, remonte vers moi -. Mais ce ne sont point les taureaux ni les boucs de tes troupeaux que Ui m'oirres, que je te demande; car tous les animaux des champs sont à moi, tous les animaux qui vivent sur vos milliers de montagnes sont à moi. Chaque oiseau qui voltige sous le ciel m'est connu; les altières bêtes fauves sont mon bien.

« Si j'avais faim , aurais-je besoin de te le dire? car il est à moi , ce monde si vaste et si plein.

« Crois-tu donc que je mange de la chair de taureau? que je bois le sang des boucs ? Donne à Dieu ta reconnaissance en holocauste, apporte au Très-Haulce que tu lui as consacré. Appelle-moi dans les temps d'oppression et de calamités , et, si je te sauve, vénère-moi.

« Celui qui m'offre sa reconnaissance en holocauste me vénère ; il marche sur la voie où je puis lui faire connaître toutes les félicités du gouvernement de Dieu ^ »

Il serait aussi inutile que fatigant de multiplier les citations sur la législation de Moïse , atui de prouver qu'elle seule a fait naitre la poésie des prophètes el des psaumes. Je me bornerai à

plus sur 11' Moul-Sinaï, mais sui- la monla(;iic do Sion , qui, par là , est devenue le principal ornement , la brillanle couronne du pays lout entier.

' Puisque Israël a juré alliance avec l>ieu, devant le ciel el la lerre ( Moïse, liv. 5, chap. 3i , vers. ï8), il est naturel de les appeler à témoin, quand Dieu intcrroye Israël sur la manière dont il a compris et exécuté celle alliance. En faisant prendre la parole ;i l'Eternel lui-même , à la place du ciel et de la terre, le jn[;e devient pour ainsi dire témoin , ce qui donne à la marclie de cet hymne quelque chose de yrand cl de sublime.

' Cesl-à-dire: Les reproches que je l'adresse ne concernent point les sacrifices; lu m'en offres bien assez.

' Dans tout ce psaume, DiiMi parle en juge ihéocratiquc , en conservateur et en exéculeur de la consiiliitjon qu'il a donni'-e ."1 son peuple.

INSTITUIONS 1)K MOiSK. 5()7

jeter çh et là quelques grains de semence ; une abondante moisson de remarques détaillées demanderait trop d'espace et de temps.

Dans rÉIat hébraïque, tout était, dès son origine, étroitement lié au sanctuaire, tout, jusqu'aux maladies, jusqu'aux vices ; aussi les images par lesquelles on représentait ces inlirmités du corps et de l'ame, étaient-elles empruntées à ce sanctuaire ; et les prophètes et les poètes les traçaient dans un langage convenable à ce point de départ, c'est-à-dire avec franchise, avec liberté même, et sans ornements ou périphrases. Ne pouvant se régler sur nos lois de bienséances , qu'ils ne connaissaient pas, ils parlaient commie parlait la loi de Moïse, comme pensait le père du peuple. 11 est encore permis aujourd'hui aux médecins de se servir d'expressions que le plus grand libertin n'oserait employer, non par pudeur, mais par habitude. Mais quand ce médecin juge en prêtre , c'est là surtout qu'il serait absurde de lui demander un langage conforme à la mod;e d'une époque qui n'existait même pas encore. En un mot , il n'y a rien de plus insensé que de juger le langage et les images des anciens Hébreux d'après les exigences de nos mœurs, et de frémir d'horreur et de dégoiit devant un psaume qui compare à la lèpre les péchés honteux, ou devant le chapitre d'un prophète qui peint énergiquement la corruption de son temps.

Au reste , la poésie hébraïque a des modilications qui marquent l'esprit de l'époque et le caractère du poète. On ne disait plus, à la cour de Salomon , ce qu'avait osé dire l'intrépide Ézéchiel, ce tils d'un prêtre qui , nourri d'études sur les mœurs antiques , les lois et le temple de Moïse , aimait à donner toujours et surtout une exposition détaillée. Si on nommait crûment, en Orient, des choses que nous passons sous silence , c'était pour inspirer le dégoût et l'horreur de ces choses , et, tout le monde le sait, sous ce rapport les Orientaux sont plus chastes et plus délicats que nous. La loi de Moïse interdit des impuretés que nous nous permettons sans scrupules, et un Arabe rougit souvent là où un Européen ne voit rien de choquant.

5'JS cir.u'iîKi; iv.

Chaque petit vase, cliaque pan du mur ou de la tente du sanctuaire avait un nom spécial; et, puisque la description de ce sanctuaire, considérée comme un plan lait par Dieu lui-même sur le Mont-Sinaï, est arrivée à la postérité avec les livres de la loi où elle a été consignée, on devait nécessairement se livrer à des commentaires et à des rêveries sur les objets désignés dans cette desciiption. Mais il est incontestable que la poésie bébraïque des prenîiers temps ne contient aucune des tables que l'amour des allégories des époques antérieures croit y avoir trouvées. Quand David chante sur le sens cacbé de la loi, il ne dit rien qui ne soil dans les écrits de Moïse ; et les divers développement des prophètes sont toujours fidèles à l'ensemble de l'inslilution , sans toutefois analyser chaque clou de l'échafaudage.

Lorsque, après la captivité, il fut question de construire un second temple, il y eut quelques descriptions particulières, mais toujours sagement ménagées , ainsi que le prouvent les écrits d'Aggée et de Zucharie. L'isnrit d'interprétation, originaire de rÉgyple, ne s'étendit que beaucoup plus tard.

Je ne prétends cependant pas dire par là que la construction du tabernacle de Moïse et son organisation du service divin, n'étiient pas signilicalifs jusque dans leurs plus petits détails : ils l'étaient en effet, mais seulement par rapport à l'ensemble de sa législation, et autant que cela était nécessaire pour l'hai'monie des parties avec le tout. Moïse avait été élevé en Egypte, et nous savons que les Égyptiens aimaient les hiéroglyphes, même dans les édifices consacrés au service des dieux. Pour rendre plus claire la signification de quelques uns de ces sortes d'objets qui décoraient son tabernacle et ses prêtres, le prophète les explique lui-même ', et nous montre ainsi la route que nous devons suivre pour interpréter ses intentions ; nous en écarter serait tout bouleverser, tout détruire. Je parlerai de quelques unes de ces significations lorsque je traiterai des prophètes ; les plus impoitantes se trouvent ex[iliquéos dans le poème qui fait le supplément de

' C'est ainsi que .Moïse piirle de la circoncision du cœur , et qu'il dit que le prêtre jorle, lorsqu'il cuire dans le smcUiaire, tous les iiéchés du peuple. C'est sans doute I elle dernière ullt'(;oriu qui a inspiié a Isaïe le cliap. 53 de iou livre, ainsi que le piou\e le ver&ct 1 1 de ce ina(;nilique cliapiire.

ESSTITLTIONS DE MOÏSE. 569

ce chapitre, car il n'entre pas dans mon plan de donner le contour de l'ensemble.

Moïse ne s'est pas proposé, pour but de sa législation , les sacrilices et la rémission des péchés, mais le bonheur de l'État qu'il avait créé, et la prospérité politique du peuple de Jéhovah, Les prophètes les plus éclairés, tels que Samuel et Isaïe , sont ceux qui ont le plus fidèlement suivi cette route; mais pas un ne s'en est écarté, du moins en ce qui concerne les points principaux de ses dires et de ses vues. Si l'on a fait, plus tard , des extraits de leurs écrits; si l'on a attaché à certaines paroles, à certains usages , plus d'importance que Moïse et ses successeurs n'avaient voulu leur en donner; si, à l'occasion d'un bouc envoyé au désert , dont parle un des psaumes, dit de la Pénitence, on a bâti des systèmes qui ne sont jamais entrés dans la pensée de David ni dans celle de Moïse, ces erreurs sont une conséquence inévitable de la marche du temps , qui ne s'opère qu'en roulant, c'est-à-dire en nous montrant alternativement en bas ce qui était en haut, et en haut ce qui était en bas.

Il ne faut pas oublier non plus que les époques antérieures possédaient un grand nombre d'écrits divers dont on devait nécessairement confondre les idées, et que souvent même on se servait des idiomes dans lesquels elles étaient exprimées, pour en faire l'enveloppe et le passeport de ses idées à soi. Tout dépendait alors du caractère des hommes qui exploitaient ces idiomes et ces idées, delà nature de ces idées, des succès qu'elles trouvaient dans le public , de l'autorilé que ces hommes avaient sur l'esprit de leur époque , et des formes que celte époque adoptait de préférence pour revêtir ces idées. Ces formes étaient tantôt poétiques et tantôt philosophiques; mais laissonsles à leur époque et à leur inventeur , et remontons à la forme qu'adopta l'antique Égyptien-Israélite Moïse.

L'institution la plus favorable à la conservation des chants et des lois de Moïse était , sans contredit , celle du sabbat , car ce n'est que par elle que cet immense trésor de poésie est arrivé jusqu'à nous. Grâce au sabbat, l'idée la plus fertile qu'on ait pu donner à l'espèce humaine , c'est-à-dire celle du Créateur du monde, s'est confondue et perpétuée par des chants et par des

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prières, avec le souvenir des bient'ails que Dieu avait accordés à la nation. Grâce au s.ibbal, on lisait et Ton commentait périodiquement en commun , et plus ou moins bien , les livres de la loi ancienne; et cet exercice, que Ton pratiquait surtout dans les temps de calme, s'est prolongé jusqu'aux époques où la civilisation était déjà très-avancée.

L'institution du sabbat servit de point d'appui à la chronologie, à la lecture, à l'écriture, à l'histoire, à l'organisation politique, aux idées anciennes et aux espérances nouvelles, en un mot à tout ce qui constitue la civilisation d'un peuple ; et quand les calamités publiques renversaient et dispersaient cette civilisation, ses débris épars se réunissaient et se relevaient à l'aide du sabbat. C'est au sabbat que se rattachaient toutes les institutions d'ordre public, toutes les fêtes, ainsi que les années jubilaires et les années de franchise, tous les règlements de l'État et tous les calculs du temps. 11 est donc bien naturel que les prophètes se soient servis de l'image du sabbat pour embellir leurs rêves dorés sur les félicités de l'avenir et sur la liberté éternelle, et qu'ils aient chanté le triomphe et le jubilé éternel d'après des idées de sabbat. L'espérance n'est-elle pas l'unique principe d'action, et n'est-ce pas toujours l'ame la plus grande, la plus belle et la plus énergique qui, au milieu de la corruption du présent et des ruines du bonheur des temps passés, se crée, par de nobles fictions, un bonheur nouveau et grand comme elle?

SUPPLÉMENT

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