LA CONCORDE FRATERNELLE
« Regarde! comme il est agréable et doux de voir des frères habiter paisiblement ensemble ! C'est ainsi que se répand le riche parfum de l'huile précieuse versée sur la tète du grand-prètre. Elle coule sur sa barbe, elle coule jusqu'au bord de sa robe. C'est ainsi que descend la rosée d'Hermon sur les montagnes de Sion qu'elle fertilise* ; car c'est là, Jéhovah l'a ordonné ainsi, qu'habitera le bonheur d'éternité en éternité! »
La concorde des frères, des tribus et des familles, est comparée ici à la chose la plus agréable, la plus sacrée, et qui exhalait partout un parfum vivifiant. La renommée d'une famille unie se répandait ainsi autour d'elle en la couvrant de gloire et de di-
' On s'est demandésouvcnt, d'aprèsles versions ordinaires, comment la roséed'Hermon peut couler sur la montagne de Sion qui en est si éloignée? C'est que le texte ne parle pas de couler, mais de descendre. Les monts si boisés du Liban et d'Hermon exhalent sans cesse d'épaisses vapeurs; c'est donc de ces deux monts que la pluie vient sur les arides montagnes d'Israël. Ce fut ainsi que la rosée d'Hermon, qui fertilise ces montagnes, descenditsur Sion. Tous les chants nationaux semblent avoir pris pour programme Téloge de Jérusalem et de Sion. C'est encore vers elles que se dirige ce chant, qui unit ainsi fraternellement les deux extrémités du pays, dont l'une, la montagne d'Hermon, appartient aux sommités les plus élevées. On peut voir par là qu'il n'est nullement besoin d'altérer le texte pour le rendre clair.
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gnilés, semblable à la rosée d'Herilion qui humecte Taridc montagne de Sien, afin que l'abondance el la joie puissent lleurir partout.
Cet hymne national , destiné à être chanté pendant les réjouissances publiques, ainsi que le prouvent les deux derniers vers, s'arrondit avec une grâce parfaite. De l'image de l'huile précieuse qui coule de la tète du grand-prêtre sur toute sa personne, le poète passe à celle de la rosée qui descend de la plus haute des montagnes, puis il s'arrête sur le tableau de la prospérité de Sion. N'est-ce pas là la véritable marche de l'ode? Le grand-prêtre Aaron lui-même n'esl-il pas l'image d'un frère gracieux et paisible, que son frère oint de tout l'éclat d'Israël avec la bienveillance de Dieu ?