‹ Histoire de la poesie des Hébreux;Chapitre 9 sur 120 · XVI NOTICE · texte numérisé non relu

XVI NOTICE

tels, n'étaient que des étoiles filantes. Quant aux espérances que j'avais fondées sur moi-même, il les affaiblit au point que je commençai à douter de ma capacité. Ce fut alors qu'il m'entraîna sur la magnifique et large route qu'il suivait lui-même, et, m'iniliant à ses auteurs favoris, parmi lesquels Hamann occupait le premier rang, il me releva aussi énergiqucment qu'il m'avait abattu

« . . .11 me révéla toutes les beautés de la poésie liébraïque dont il s'occupait déjà avec science et amour , et il m'excita à recueillir en Alsace toutes les traditions des anciennes poésies des peuples sur lesquelles il composait le beau travail qu'il a publié depuis. Par là, il me lit voir enfin que la poésie n'est pas la propriété individuelle de quelques bommes distingués, mais un don inné dans tous les peuples de la terre. Je dévorai ces instructions si nouvelles pour moi; et plus j'avais de plaisir à les recevoir, plus il mettait d'empressement à me les prodiguer

«... Pendant toute la durée de ces rapports quotidiens, Herder déjjloya devant moi le germe des grandes choses qu'il a faites depuis, et me força, pour ainsi dire , à repasser tout ce que j'avais appris et pensé jusque-là. Ces rapports m'eussent encore été plus utiles, s'il avait mis plus de métbode dans la direction qu'il me donnait , mais alors il était plus disposé à examiner qu'à guider. C'est ainsi qu'en me communi(iuanl les écrits de Hamann , il s'amusait des elTorts bizarres que je faisais pour saisir le sens des Feuilles sibijlliques, au lieu de me le faire comprendre par une démonstration graduée. Aussi ne pouvais-je apprécier que fort vaguement le mérite de cet esprit extraordinaire; ce qu'il y avait de bon en lui m'attirait, et je me laissais aller à cette attraction", sans savoir d'où elle partait et où elle devait me conduire. 11 n'en était pas de même de llerder : ce qui émanait de lui était, parfois, peu agréable, mais toujours instructif, clair et puissant. C'est ainsi que son écriture même exerçait sur moi un pouvoir magique; et je ne me souviens pas d'avoir jamais, dans tout le cours de ma vie, déchiré ou égaré une feuille dé papier qui portait cette écriture, pas même l'enveloppe d'une lettre. Au reste, ce n'est pas sur moi seul, mais sur tous ceux qui l'ont connu, qu'il a constamment exercé cet empire presque surnaturel

« . . .La cure s'était prolongée au-delà du terme hxé, et Lobstein linit par désespérer de la guérison complète dont il avait llatté son malade.

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