‹ Histoire de la poesie des Hébreux;Chapitre 96 sur 120 · UNE APPARITION · texte numérisé non relu

UNE APPARITION

Imilation de la poésie liùliraïque.

« Assis dans le bosquet des bardes de l'antique Germanie, j'écoutais et j'espérais entendre les chants des temps passés. Mais hélas! les chœurs des bardes se sont perdus dans un vague lointain ; ils étaient muets autour de moi, les vieux chênes !

« Et je demandais à l'écho : N'as-lu point de chants? Et l'écho murmura : Ils sont muets, les ravins et les hauts lieux, ils ne redisent plus la voix sacrée qui ne voulait pas être écrite -; car elle est muette cette voix, muette sur les montagnes, muette dans les vallées!

« 0 destin ! tu fus donc toujours hostile au génie de l'Allemagne ! Le pied du Mont-Hécla résonne ; ils résonnent les sommets des sauvages Hébrides, et nos bosquets sont muets !

a Ossians, Orphées germaniques, venez, si jamais vous avez existé ! Esprits puissants du passé , comparaissez devant moi ! laites vibrer les harpes voilées par vos vêtements de nuages; je veux entendre leurs tintements énergiques , simples et beaux !

« Et les esprits puissants du passé nageaient dans l'air autour de moi; ils m'ont fait entendre les sons harmonieux de leurs harpes, et des chants guerriers soutenus par le bruit des cors et des trompettes.

« La bruyante harmonie s'est affaiblie autour de moi , elle s'est fondue en sons plaintifs et doux, et l'ange de l'Orient m'est apparu ! Il était vêtu des plus belles nuées de l'aurore.

' A Tcpoque où Herder composait cet ouvrajje, Klopstoek venait de publier, à Alloua, une nouvelle cdilion île sa Masiaih.

' Les bardites (jiierriers et religieux des anciens (Germains, dont Cliarlemagne a fait recueillir les débris pour former unjecueil, ne s'étaient conservés jusque-là que par la tradition, car il était défendu de les écrire. {Notes du Traducteur.)

« Et sur sa harpe d'Orient , il me dit : « Laisscrles mourir, ces sons antiques, laisse-les se perdre dans l'oubli ! C'est pour des chants plus sublimes, plus sacrés, que la langue a été donnée à l'homme! »

« Et il disparut au milieu des teintes incertaines du crépuscule du soir, et des voix nouvelles s'éveillèrent autour de moi. Je les reconnus toutes, depuis les sons rudes d'Otlfried jusqu'aux mâles accents de l'énergique Luther ^

« Et toi Kleist, et toi Klopstock, toi qui, sur la harpe de David , entonnas des chants divins, toi qui redis les hymnes des patriarches avec la voix de ton cœur ;

« Et toi Gleim, toi qui dépeins notre Dieu, quand, au milieu du chant de chœur des étoiles , il pèse les victoires des armées , et qu'un bassin de la balance tombe et que l'autre s'élève ;

« Je vous ai tous entendus, et bien d'autres chants encore pleins de l'esprit d'Asaph et de la magnificence de Goré ; j'ai vu couler avec le cantique chrétien de douces larmes , rafraîchissantes comme la rosée, belles comme l'innocence !

«0 toi ! ange de l'Orient! ne peux-tu donc nous rendre une patrie et sa loi sacrée? le temple de la liberté, ritnmorlellc gloire des pères , et notre Dieu des temps antiques?

« Peut-il prendre l'essor de l'aigle, le ver qui rampe dans la poussière? le poisson qui se détjat dans le fdet chante-t-il comme chante l'alouette dans les airs, comme chante le rossignol dans les bois?

« Le cygne seul trouve encore, dans ses rêves d'or, un chant séculaire, pour célébrer les forces de sa jeunesse évanouie ; mais alors ils l'ont déjà rappelé, les esprits des cygnes qui ne sont plus, et il expire au milieu du chant le i)lus doux! »

'Luilipr n'fst cili; ici dans aucune inlcnlioii reliyicuso, ainsi qucia suite le prouve. Ilcrjer ne le nomme (|u'en qualité de poète, et par rapport aux services inconteslal)les qu'il a rendus à la langue et à la littérature allemande, en prouvant le premier qu'on pouvait compose r des ouvrages en celle langue; car tous les auteurs qui l'ont précédé écrivaient en latin. {^Note du Traducteur.)

CARACTÈRE DES PSALMISTESi 497

CARACTÈRE DES PSALMISTES.

1. Caractère de David. — Excessive sensibilité de son ame, dans la joie comme dans la douleur. — Sa confiance en Dieu. — Origine de cette confiance. — Pourquoi ses psaumes sont-ils particulièrement précieux? — Langaije sincère el affectueux des psaumes. —Eloge d'Abner par David — Vif ressentiment que lui causaient les persécutions de ses ennemis. — Passages des psaumes sur la vengeance. — Pourquoi David promet-il des chants à Dieu, comme la chose la plus précieuse qu'on puisse lui offrir? — Passages dans lesquels il parle de la loi de Dieu comme d'une constitution locale. — Quels profits pouvons-nous tirer des traits caractéristiques des psaumes?

II. Caractère d'Asapli. — Théodicée sur le bonheur des méchants. — Chan universel sur le même sujet, par David et les enfants de (^oré.

III. Chants des enfants de Coré. — Soupirs après Jérusalem, élégie.

IV. Chants sans noms d'auteurs. — Quels étaieut les psaumes appelés psaumes ascendants ? — Exemples tirés de ces psaumes. — Vue sur l'ensemble du livre des psaumes.

V. Sur la musique des Hébreux. — Leurs instruments de musique. — lulluence de ces instruments sur le chant. — Signification du mot selah.

Supplément : Sur la musique.

Nous avons borné jusqu'ici notre examen au contour des psaumes ; abordons maintenant le caractère de leurs auteurs.

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